Neurobiologie

Liberation
Comportements avec gène
Questions de science. Par Philippe Gorwood, psychiatre
QUOTIDIEN : mardi 24 juin 2008

Existe-t-il une génétique des comportements humains ? Comment considérer la recherche de gènes de l’homosexualité, de la violence, de la schizophrénie, de l’hyperactivité ou même de l’altruisme ? Peut-on définir, scientifiquement, le poids des gènes et de l’environnement dans ce domaine ? Philip Gorwood dirige l’unité Inserm 675, dédiée à l’étude de l’expression et des fondements biologiques des pathologies addictives. Dans une conférence donnée aujourd’hui dans le cadre du nouveau cycle de l’Université de tous les savoirs et dont nous publions le texte, il dessine les conditions et les horizons de la recherche, émergente, sur la génétique des comportements. C.Bn.

 

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Les experts 

Coïncidence ? Le jour même où paraît l'article du Quotidien du médecin (lire ci-dessous) sur les centres experts (on y apprend que "la recherche en neurosciences a le vent en poupe") , nous en recevons une illustration clinique frappante que nous publions ci-dessus sous le titre Gêne éthique

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LE RÉSEAU SANTÉ MENTALE

Une occasion formidable pour la psychiatrie française

Le ministre délégué à la Recherche, François Goulard, a rencontré les équipes du Réseau thématique de recherche et de soins (Rtrs) consacré à la santé mentale, à l'hôpital Albert-Chenevier de Créteil (94). Ce réseau, qui a le statut de fondation de coopération scientifique et dont l'acronyme est Fonda-mentale, rassemble équipes de soins et chercheurs. Il est constitué de centres experts pour trois pathologies : les troubles bipolaires, la schizophrénie et l'autisme de haut niveau, le syndrome d'Asperger. Explications avec la coordinatrice du réseau, le Pr Marion Leboyer.

LE QUOTIDIEN – Quel est l'objectif du réseau Fonda-mentale (une « belle trouvaille », selon le ministre) et qui en sont les participants ?

Pr MARION LEBOYER – Il a pour objectif de rassembler des chercheurs et des équipes de soins pour améliorer la prise en charge des maladies mentales, combler le retard de leur diagnostic et développer la recherche psychiatrique française. Parmi les équipes de recherche, on compte des méthodologistes, des biostatisticiens, des spécialistes de suivi de cohortes, d'imagerie cérébrale, de génétique, de pharmacologie, d'électrophysiologie, de cognition... Les cliniciens psychiatres qui y participent sont, quant à eux, les spécialistes des pathologies autour desquelles vont se développer les centres experts : les troubles bipolaires, la schizophrénie et le syndrome d'Asperger.

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Christian Bréchot : "Le rôle de l'Inserm est de contribuer à des débats de société" 

LE MONDE | 20.03.06 | 14h46  •  Mis à jour le 20.03.06 | 14h46

Comment réagissez-vous à la pétition "Pas de zéro de conduite pour l'enfant de trois ans", qui s'oppose aux conclusions d'une expertise collective de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) sur le trouble des conduites chez l'enfant et l'adolescent ?

Nous respectons profondément les personnes signataires de la pétition. Quand plus de 100 000 personnes signent une pétition, c'est qu'il y a une vraie question. Cependant, il y a un amalgame entre l'expertise collective et d'autres problèmes : il y a d'abord les craintes qui s'expriment d'un point de vue politique sur la base d'un rapport parlementaire réalisé bien avant l'expertise collective.

De ce point de vue, je suis choqué par les accusations de récupération politique, que je trouve déplacées ; il y a aussi les tensions très fortes qui existent, dans le domaine de la santé mentale, entre approche cognitivo-comportementale et approche psychanalytique, avec des désaccords de vue profonds sur le psychisme humain ; et il y a la peur que suscite la maladie mentale. Enfin, cette profession s'interroge sur son devenir. L'expertise collective n'a pas créé ces tensions, elle les a révélées.

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"Pas de 0 de conduite pour les enfants de 3 ans"
Le débat scientifique et de société a porté ses fruits

L'Inserm vient d'annoncer une refonte de ses méthodes d'expertises dans le domaine de la santé psychique. Le débat scientifique et de société impulsé par "Pas de 0 de conduite pour les enfants de 3 ans" a donc porté ses fruits.

Face à l'ampleur du mouvement, le ministre de la santé avait chargé l'INSERM d'organiser un colloque<. Celui-ci, intitulé « Trouble des conduites : de la clinique à la recherche », s'est tenu le 14 novembre dernier à Paris.
L'Inserm y a fait son "mea culpa".
Dans sa conclusion, le porte parole de l’Inserm a annoncé que les méthodes de travail des expertises Inserm dans le domaine psychique seront revues. Il y aura, notamment, prise en compte de la diversité des approches épistémologiques et pratiques, comme de l'expérience des acteurs de terrain et de l’apport des sciences humaines et sociales concernées par les problématiques considérées. "La multidisciplinarité est une condition d'une démarche éthique et scientifique", a considéré Jean-Claude Ameisen, président du comité d'éthique de l'Inserm. Jean Marie Danion, professeur de psychiatrie à Strasbourg, directeur de l'unité Inserm 666 et porte parole de l'Institut précise : "Désormais lorsqu'une expertise aura de fortes implications sociétales, comme celle-là, nous demanderons aux professionnels de terrain de nous faire des propositions sur les noms d'experts à consulter. Puis, à l'issue de ce travail, mais avant sa publication, nos interlocuteurs y auront à nouveau accès, afin de ne pas donner l'impression d'un texte détenteur d'une réalité intangible. Il nous faut également rejeter toute approche sécuritaire, en étant d'une vigilance sans faille vis-à-vis des risques de récupération politique".

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Trouble des conduites : mise au point autour d’une Expertise collective

L’expertise collective : une contribution majeure à la réflexion et au débat public

 

Institué il y a plus de 10 ans par l’Inserm, le processus d’expertise collective a apporté une contribution originale et majeure à la demande sociale d’information et de conseil sur les questions de santé. En répondant à des demandes formulées par des institutions impliquées dans le domaine de la santé, l’Institut prolonge ainsi sa mission de recherche par une activité de diffusion des connaissances sur les implications collectives de la recherche. L’Inserm intervient dans le choix des experts, de la méthodologie de travail, et dans le soutien à l’élaboration d’un rapport, mais pas dans l’orientation des conclusions de ce rapport. En tant que contribution au débat et aux choix de société, on peut mentionner l’une des premières expertises menée en 1997 sur l’amiante, qui a joué un rôle majeur dans la prise en compte des dangers, et dans l’interdiction d’utilisation de l’amiante dans notre pays, ou la récente expertise sur l’obésité, qui insiste sur la dimension sociale, culturelle et économique des réponses à apporter à ce problème majeur de santé. L'expertise collective n’est toutefois qu’un maillon de la chaîne reliant chercheurs, professionnels de terrain, citoyens, et décideurs politiques. Elle n'a pas pour objectif de faire l'économie d'un débat de professionnels ou de société lorsqu'elle aborde des questions aux résonances sociétales complexes et multiples.

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