Médicament

L'Autre Rapport de la Commission parlementaire sur les questions de santé

Il est issu de la Chambre des Communes du Royaume Uni. Un Rapport trop ancien assurément - avril 2005 - pour avoir été pris en compte par nos parlementaires de l'OPEPS. Sans compter son titre « De l'influence de l'industrie pharmaceutique »... Les parlementaires du Health Committee se sont donnés les moyens d’une enquête approfondie sur le sujet (audition de nombreux acteurs du champ concerné, voyages d’étude…) tandis que la mission d’information du Sénat français « médicaments : restaurer la confiance » l’avait sur bien des points survolé. Il est donc évidemment question dans le rapport britannique du marketing des antidépresseurs et de la « médicalisation de la société ». Le rapport du Sénat, quant à lui, n’évoque nul part le sujet des antidépresseurs. On aura donc préféré déléguer à l’Inserm, via l’OPEPS, le soin de se prononcer, avec tout l’art qu’on lui connaît, sur la délicate question du « bon usage des psychotropes ». La raison de cette occultation est simple : on a tout simplement considéré, en France, qu’avec la décision de confier au spécialiste la prescription des psychotropes aux enfants et aux adolescents, la question des effets indésirables des antidépresseurs était définitivement close. Et avec elle, celle des essais thérapeutiques dissimulés, du ghost wrighting dans les revues scientifiques, des liens des associations de patients avec l’industrie, du disease mongering (la fabrique de maladie), du rôle délétère des campagnes d’information grand public, etc.  L’OPEPS s’était pourtant  donné pour objectif : « une étude comparée européenne dans ce domaine » (OPEPS , 21 juin 2005). Mais le Royaume Uni fait-il réellement partie de l’Europe ?  Nous vous proposons donc une traduction du résumé du rapport britannique, et ce conseil : si vous souhaitez connaître la situation française en matière de psychotropes, lisez plutôt le rapport britannique…

 

House of Commons
Health Committee
The Influence of the
Pharmaceutical
Industry
Fourth Report of Session 2004–05
Volume I (source : document pdf )

[Traduction Pierre Sidon]

Les médicaments contribuent pour une grande part à la santé de la nation. La découverte, le développement et l’usage des médicaments ont amélioré la qualité de vie de nombreuses personnes, diminué le recours à la chirurgie, les durées d’hospitalisation et sauvé de nombreuses vies. Nous consommons beaucoup et de plus en plus de médicaments. A eux seuls, les médecins généralistes établissent environ 650 millions de prescriptions. En Angleterre, les médicaments coûtent environ 7 milliards de Livres à l’Assurance Maladie, dont 80% concernent des spécialités pharmaceutiques. L’industrie qui a lancé ces produits a été qualifiée, et on le comprend, « de niveau mondial et de joyau de la Couronne de l’économie du Royaume Uni ». Il s’agit de la troisième activité économique la plus rentable après le tourisme et la finance. Alors que les Etats-Unis représentent le marché le plus large et hébergent la plupart de la recherche et du développement pharmaceutique, l’industrie du Royaume Uni détient néanmoins un record en tant que pôle mondial de la recherche scientifique, revendiquant 10% des investissements mondiaux de recherche et développement pharmaceutiques ; On estime que ce montant représente 65% des investissements de recherche et développement en santé au Royaume Uni.

Toutefois, l’usage et la confiance croissants dans les médicaments, ne comportent pas que des avantages. Leur usage inapproprié voire excessif est générateur de désagréments, de maladies, d’hospitalisations parfois mortels. Les effets indésirables des médicaments sont responsables de 5% des hospitalisations  au Royaume Uni.

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Rapport de l'Office Parlementaire d'Evaluation des Politiques de Santé : Du bon usage des psychotropes

Télécharger le rapport

A bien lire le Rapport, qui est d'un nouveau type puisqu'il héberge un rapport de l'INSERM en son sein même, nous ne partageons pas l'avis de la presse qui y a lu ce qu'elle aimerait y lire : une description des liens dangereux de l'industrie avec le corps médical. De fait, il n'en n'est rien. On y promeut le respect des recommandations de bonne pratique dont nous avons montré la malhonnêteté : on conclut encore  ici en effet de sacrifier les anxiolytiques "trop et trop longtemps prescrits" au profit des antidépresseurs "pas assez et pas assez longtemps prescrits". Nouveau aussi, on notera une attaque subreptice mais omniprésente des nouveaux antipsychotiques. Une bagarre s'est jouée au nez et à la barbe de nos parlementaires, qui n'ont vu que du feu à la pièce qu'on leur fait jouer. Encore eût-il fallu qu'ils travaillent un peu, au-lieu de mandater l'INSERM, encore, pour faire leur travail. Mais nous réservons notre analyse exhaustive à une prochaine publication...

 

Un rapport dénonce l'opacité de la formation médicale continue

LE MONDE | 27.02.06

 

Dans un rapport transmis, mardi 21 février, à Xavier Bertrand, ministre de la santé, l'inspection générale des affaires sociale (IGAS) dresse un réquisitoire sévère contre l'organisation de la formation médicale continue (FMC). Selon le document, ce secteur, censé améliorer les pratiques médicales des professions de santé, brasse des millions d'euros dans une opacité totale, multiplie les conflits d'intérêts et n'a jamais, depuis dix ans, appliqué les textes réglementaires.

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 Tentative de lecture d’un ouvrage... 

par Sophie Bialek

Tentative de lecture d’un ouvrage publié en juin 2006 aux éditions du Cherche Midi, intitulé :   “La société du médicament ?”. En première de couverture des noms : Pierre Le Sourd (cardiologue. Ancien président de BMS France. Président du Leem de janvier 2004 à juin 2006). Robert Dahan (Président d’AstraZeneca France). Marc de Garidel (Vice Président Europe du Sud-Ouest Amgen International). Dominique Mangeot (Président de Boehringer Ingelheim France) et Christian Lajoux (PDG de Sanofi-Aventis France et Président du Leem). Et puis un autre, qu’on ne présente pas : Bernard Kouchner, préfacier de l’ouvrage, (profession : homme politique préféré des français). Prix indicatif de l’ouvrage : 18 euros. Prix FNAC : 17,10 euros.

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Dossier antidépresseurs et suicide :
Juste une étude de plus

Après les révélations parues en 2004 sur les dangers des antidépresseurs, une chape de plomb s’est abattue sur l’information médicale en psychiatrie. Resserrant les rangs, l’université, les laboratoires et l’administration ont fait le gros dos, avant de repartir en campagne… marketing. A la rentrée 2005, l’Assurance maladie en Ile-de-France a lancé une campagne d’information grand public pour promouvoir la chimiothérapie antidépressive de la maladie dépressive. C’est le généraliste en première ligne qui se voit décerner, par l’Université et l’administration, le rôle du psychiatre prescripteur. Pourtant, une étude parue sur Bio Med Central confirme les risques suicidogènes de la Paroxétine et conseille la prudence, y-compris chez l’adulte. Lire