J’ai reçu ce matin le message suivant, auquel j’ai répondu. JAM, 14h 23
Cher Jacques-Alain Miller,
Quel bonheur de savoir Rafah Nached libre ce matin!
C'est une immense joie et un soulagement très fort pour tous ceux qui comme vous se sont mobilisés avec force pour sa libération. Vos efforts n'ont pas été vains!
Cela montre que les pressions qui s'exercent sur ce régime portent leurs fruits, et qu'elles doivent continuer et s'intensifier pour dénoncer sans relâche la barbarie d'un régime qui fait aujourd'hui de son peuple un ennemi.
Croyez, cher Jacques-Alain Miller, en mes sentiments les plus cordiaux.
Martine Aubry"
Chère Martine Aubry,
La pensée que vous avez eue de m'écrire me touche profondément.
Je ferai connaître votre message à tous ceux qui se sont mobilisés pour Rafah,
et qui vous éprouvent, je le sais, de la gratitude pour votre action à leurs côtés.
Nous nous associons aux vœux que vous formez pour l'émancipation du peuple syrien.
Veuillez recevoir, chère Martine Aubry, les assurances de ma très haute considération,
et l'expression de mes sentiments chaleureux.
Jacques-Alain Miller
par Stella Harrisson pour l'Association Psychologues freudiens

STOP DSM ! À la maison des cultures du monde, le 5 novembre. (*)
François Leguil, psychiatre, psychanalyste, a eu l’amabilité de répondre à plusieurs des questions que nous avions en tête sur la journée du 5 novembre, STOP DSM :
Pouvez-vous nous dire comment s’est mis en place ce travail, cette journée ?
Il s’agit d’un groupe qui se réunit sous l’égide de Patrick Landman et vise à rassembler tous ceux qui sont prêts à contrer ce DSM. Ce groupe se rencontre régulièrement depuis 2010, pour voir quelles alternatives à cette hégémonie du DSM , danger pour la clinique, sont possibles. Il y a eu un manifeste STOP DSM, signé par 2500 personnes, qui critique cette hégémonie et la conteste . Il propose d’autres modalités de classifications. On ne veut plus du tout de cela. P. Landmann, de l’Espace analytique, a contacté TOUTES les tendances et obédiences psychanalytiques et cliniques. Ce groupe rassemble donc le plus de tendances possibles pour la lutte contre le DSM, tous azimuts. Il est CONTRE l’esprit du DSM, sa philosophie, contre le projet que mène le DSM (...)
C'est à lire sur le site de l'Association Psychologues freudiens
Communiqué de J.-A. Miller
Paris, le 13 septembre 2011, 15h 37
Le pouvoir syrien aux abois s’est lancé dans une politique de répression sans pitié.
Certains de nos amis, ayant des contacts anciens avec le gouvernement syrien, agissent en sous-main pour obtenir la libération de RAFAH, qui serait dans les pattes des plus durs des services.
D’autre part, il s’agit de faire autant de bruit que possible pour intimider, s’il est possible, des tueurs revêtus de l’autorité de l’Etat syrien, ou de ce qu’il en reste.

Je fais appel aux sept sœurs, aux 7 Ecoles du Champ freudien dans le monde, et à leurs membres un par un, pour :
1) signer l’appel « Libérez RAFAH ! Du raffut pour RAFAH ! » : c’est le minimum ;
2) contacter dans leur pays journalistes, intellectuels, artistes, écrivains, personnalités, afin de maximiser la fonction « Bruit » ;
3) temps suivant, si RAFAH reste au secret : des rassemblements - pacifiques bien entendu.
L’enjeu est majeur.
a) Les « révolutions » du début de l’année ont convaincu l’opinion mondiale que la démocratie libérale est une aspiration des peuples arabes, courbés depuis trop longtemps sous le joug des dictateurs, avec la complicité des « Occidentés », acoquinés avec la classe de ces compradors qui trahissent sans vergogne l’intérêt vrai des classes populaires comme celui de la bourgeoisie nationale.
b) Désir de consommer, liberté de parole et d’association, droit à la jouissance, oui, partout les peuples veulent, eux aussi, goûter aux plaisirs vénéneux de l’Un comptable et de l’Un-tout-seul, dont se goberge Uncle Sam. Peu importe qu’un certain oiseau de mauvais augure (Lacan Jacques, pour ne pas le nommer, le kojévo-heideggerien bien connu) puisse penser que ce ne sera pas la panacée, et que le « Paradis » (Sollers) n’est certainement pas au bout de ces fantasmes. Les peuples veulent ça, et la boussole du temps logique indique qu’ils doivent en passer aujourd’hui par le moment libéral-consommateur de l’histoire du monde, c’est-à-dire par la production intensive du « manque-à-jouir » - pour aller, un jour, au-delà : vers la sainteté, proposait Lacan.
c) La psychanalyse, la pratique de l’association libre, est partie intégrante de ce moment, au même titre que Ipad, i-phone, Facebook, Google, Go Go Girls, Lady Gaga, The Huffington Post, The Daily Show with Jon Stewart, and the whole megillah.
d) RAFAH en prison, RAFAH rafflée, RAFAH effacée, c’est la tentative de minus, de Lilliputiens, pour ligoter le Gulliver du discours universel. Une figure de l’Esprit achève de vieillir. Aidons le serpent de la sagesse à se dépouille de sa vieille peau !
La psychanalyse au XXIe siècle est devenue une question sociale.
Elle mobilise partout l’attention des législateurs, rêvant de « combler les vides juridiques ». C’est en effet leur job. Mais le nôtre n’est pas celui-là. C’est de nous faire les auxiliaires du temps logique, en activant partout la puissance des lacunes, en donner du jeu aux semblants, en y insinuant la liberté d’association, l’association libre.
La psychanalyse est devenue une question sociale ? Les « sociomanes » (Sollers) désormais nous traquent ? Très bien ! Etre attaqué par l’ennemi est une bonne et non une mauvaise chose, disait un sage chinois. Il est temps, il est logique, que, partout, elle devienne maintenant une force matérielle, une force politique.
Tel est l’enjeu vrai de l’affaire RAFAH.
Du raffut pour RAFAH !
Pour signer la pétition : adressez vos noms prénoms et fonction à l'adresse suivante : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Addendum : lire la très remarquable conférence de Rafah Nached sur le site Oedipe.org
L'avenir dure Lacan
par Pierre Sidon

Lacan est mort il y a trente ans. Il était psychiatre et a porté la discipline à un niveau d'avancement inouï. Pourtant elle dépérit. Que faire ?
Il y a d’abord ce corps de doctrine, un savoir : la clinique. Et ce savoir est un dépôt, le reste d’une praxis : l’entretien au lit du malade. Osons un parallèle avec l’a-lchimie d’une psychanalyse - où s’épuise et se distille la source impétueuse de l’existence : le savoir psychiatrique n’eut pu se déposer sans l’opération de l’enfermement, sans que des malades fussent retenus, empêchés, entravés, sans que quelque chose de la palpitation de la vie se dissipe pour qu’advienne, à la place, un savoir. Ajoutons l’hypothèse d’un catalyseur : le postulat de maladie comme opérateur de séparation. Se produit un isolement, une extraction contribuant au raffinement et la pertinence de ce savoir. Complétons : ce savoir ne serait pas sérieux, s’il n’était corrélatif du serrage d’un Réel : le « hors discours » de ladite psychose. Or à l’ère de l’émergence du discours de la science, le Discours du Maître s’imprègne de la doctrine utilitariste. Le hors discours suscite alors, dans le corps social, une ségrégation[1] qui l’y réintègre : le Grand enfermement et ses édifications. Dans cette opération, que Lacan qualifie de « virage historique » [2], ce n’est pas tant que le corps du malade qui se dégage - puisque, sur son corps, rien ne se lit - que celui des psychiatres, né à son chevet.
Corps de savoir, corps des bâtiments, corps des psychiatres : que reste-t-il de cette demeure ?
La newsletter Lacan Quotidien est consultable ici.
On peut suivre aussi très avantageusement l'actualité lacanienne la plus brûlante sur Twitter !

Illustration reprise du compte de Gabriel Vulpara de Twitter
Bientôt trente ans que le Dr Jacques Lacan a disparu. Pourtant il n'a jamais été aussi présent, par son enseignement qui s'avère chaque jour plus visionnaire et par les outils conceptuels qu'il a forgés pour lui survivre. Lacan était psychiatre et jamais son apport n'aura été, pour la discipline, aussi indispensable pour parer les menaces qui s'ammoncellent sur l'humaine condition
Mardi 6 septembre 2011
Table ronde et débats avec le public
à l’occasion de la parution des livres et revues :
Jacques Lacan texte établi par Jacques-Alain Miller
Le séminaire XIX …ou pire,
Je parle aux murs
Jacques-Alain Miller Vie de lacan (I-VIII)
Revue Le diable probablement Pourquoi Lacan
Revue La Cause freudienne Lacan au miroir des sorcières
Lacan quotidien en ligne
Trente ans après la mort de lacan
Quelle politique et quelle stratégie pour la planète psy ?
Table ronde de l’école de la cause freudienne
animée par Martin Quenehen, producteur à France Culture
avec la participation de
Jacques-Alain Miller
La librairie tschann assurera la vente de tous les livres de la rentrée lacanienne devant la salleparticipation aux frais : 10€ à l’entrée ; la moitié pour étudiants de -26 ans et demandeurs d’emploi.
Renseignements : http://www.causefreudienne.net/
Parution du Séminaire de Lacan

"« Y a de l’Un ». Au cœur du présent Séminaire, cet aphorisme, passé inaperçu, complète le « Il n’y a pas » du rapport sexuel, en énonçant ce qu’il y a. Entendez, l’Un-tout-seul. Seul dans sa jouissance (foncièrement auto-érotique) comme dans sa signifiance (hors sémantique). Ici commence le dernier enseignement de Lacan. Tout est là de ce qu’il vous a appris, et pourtant tout est neuf, renouvelé, sens dessus dessous." Jacques-Alain Miller
Un séminaire qui change la donne en matière de ladite "santé mentale" !
Evénement : Jacques-Alain Miller rend sa Vie à Lacan :

Une bouffée d'air pur dans cette rentrée de commémoration marquée par un nouveau méchant petit livre de sa biographe obstinée.
Disponible sur ecf-echoppe.
L'actualité éditoriale de Lacan c'est non seulement un nouveau Séminaire (Ou pire), mais aussi ces trois conférences à Sainte Anne aux internes en psychiatrie, qui lui sont contemporaines. Il y est question de la psychiatrie et du savoir. C'est un bijou de transmission :

Disponible dans toutes les bonnes librairies et sur ecf-echoppe.
SOCIÉTÉ 02/08/2011 Psychiatrie : une loi à rendre fou La législation sur l’hospitalisation sous contrainte est entrée en vigueur hier. Problème : les juges, amenés à prendre des milliers de décisions, n’ont pas reçu de moyens supplémentaires Par ERIC FAVEREAU Définition commune d’un état délirant : c’est un état incontrôlable. Eh bien, c’est tout à fait dans cette situation que se retrouve le monde de la psychiatrie en France depuis hier matin, lundi 1er août, date à laquelle est entrée en vigueur la législation sur les hospitalisations sous contrainte. Voilà une loi «confuse» aux yeux de tous les syndicats de psychiatres, et surtout extrêmement contraignante car, comme l’avait exigé le Conseil constitutionnel, tout malade hospitalisé contre sa volonté au-delà de deux semaines doit passer devant un juge des libertés et de la détention (JLD). D’un coup, ce sont plusieurs dizaines de milliers de décisions que la justice va devoir rendre en toute urgence.
A propos de la loi du 5 juillet 2011 organisant les soins psychiatriques sous contrainte
par Pierre Sidon
Au fond tout avait commencé par une prise d’otages dans une école maternelle à Neuilly et non pas à Antony. Et peut-être bien même avant, qui sait, dans l’enfance du sujet, à Neuilly aussi d’ailleurs : une mission, plusieurs fois menée à bien et parfois même avec un certain courage : sauver des êtres, en en recueillant à l’occasion les bénéfices politiques mais aussi parfois, plus tard on le verrait avec la Colombie, la Libye, le Mexique…, pour un bilan plus mitigé. Eh quoi ? Nous la connaissons bien cette mission : c’est à l’occasion au-moins une vocation, et la notre bien souvent. A ceci près qu’entre vocation et mission l’écart n’était peut-être rien moins que celui qui séparait identification au désir et « identification sans médiation », ici probablement identification rousseauiste à la victime témoignant du rejet de la culpabilité, d’un statut d’innocence. Et puis il y eut ce passage à l’acte meurtrier d’un patient en permission de l’hôpital psychiatrique de Saint-Egrève : une récidive après deux agressions graves. Et cette déclaration impudente du directeur de l’hôpital, démissionné à la suite parce qu’il avait anticipé l’enquête administrative et couvert ses médecins de son aile protectrice. Comment notre sujet eut-il pu ne pas s’investir dans sa mission salvatrice dès lors qu’il était désormais rien moins que… Président de la République ?
par Pierre Sidon
Coïncidence : quelques jours à peine avant la publication du rapport de l’IGAS[1] sur les « accidents en psychiatrie », nous avons rencontré cette situation dans notre travail :
M. K., est amené au CAC (Centre d’Accueil et de Crise) de l’hôpital psychiatrique par son éducateur car il soliloque, excité, semble anormal et harcèle son entourage, notamment au téléphone. L’infirmière qui le reçoit ne parvient pas à le montrer au psychiatre qui récuse la consultation au motif que le patient est alcoolisé. On les envoie aux urgences de l’hôpital général. Il y est reçu à 14 heures par le chef de service à qui il explique entendre des voix. Il avoue qu’il a bu deux bières avant 10 heures. Son état somatique ne présentant aucune contre-indication, il est réadressé au CAC pour avis psychiatrique. En fin d’après-midi, l’infirmière des urgences, qui a rappelé l’éducateur pour lui signaler un oubli de quelques effets, apprend que le patient n’a pas été hospitalisé. Le soir même, retour de M. K. aux urgences pour examen chirurgical suite à un passage à tabac ; patient accompagné cette fois-ci non plus de son éducateur mais des forces de police car il est en garde à vue. Il est accusé d’avoir, sur la voie publique, tiré une petite fille par le bras, geste qui a alerté les riverains qui se sont acharnés sur lui jusqu’à ce que les forces de police n’interviennent.
Lu sur un blog d'orientation plutôt cognitivo-comportementaliste, mais de bonne tenue par rapport à la psychanalyse, nous semble-t-il, quoique anonyme :
Le rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) sur les accidents en psychiatrie fait déjà couler beaucoup d’encre et de pixels. Certains brandissent les drames et dysfonctionnements pour les généraliser à l’ensemble de la psychiatrie, notamment l’église de scientologie et son CCDH, tandis que d’autres s’insurgent, notamment le Collectif des 39, contre ce qu’ils considèrent comme un appui gouvernemental prônant l’évolution vers une psychiatrie sécuritaire et stigmatisante. Si viser le risque zéro peut effectivement s’avérer préjudiciable à la majorité des patients, proclamer que ces évènements parfois gravissimes, et qualifiés d’exceptionnels, sont un mal nécessaire à l’humanisme et à la liberté de ces mêmes patients relève de la contrevérité la plus abjecte. Entre caricature, stigmatisation, démagogie, manipulation et lâcheté, rares sont les réactions sages et pertinentes.
Lire la suite sur le blog des auteurs... où l'on pourra aussi apprécier le combat de ces praticiens contre la scientologie. Nous ne l'avons parcouru que superficiellement pour l'instant et il ne nous est pas apparu qu'ils s'y livraient à l'assimilation de la psychanalyse à une secte. Nous apprécions cette retenue de leur part, malgré leur style de secte anti-secte, et nous partageons pleinement leur engagement en faveur de la thérapeutique psychiatrique.
Où va la "quantification de soi" ?
|Le Monde 03.06.11 | 16h39 • Mis à jour le 03.06.11 | 17h41

L'interface du logiciel Rescue Time.Rescue Time
Le 28 et 29 mai, s'est tenue à Mountain View la première édition de la conférence Quantified Self (QS) (que l’on pourrait traduire littéralement par "la quantification de soi" pour parler "de la capture, de l’analyse et du partage de ses données personnelles", comme l’explique Emmanuel Gadenne). InternetActu propose un compte rendu des différents ateliers.
En observant certains ateliers, on pouvait se demander quel est l’objectif de "cette mesure de soi". Matthew Trentacoste, est étudiant à l’université de la Colombie-Britannique et dirigeait une séance de discussion sur le "suivi de l’attention" aux rencontres du Quantified Self, rapporte Ethan Zuckerman. Assez logique qu’il s’intéresse aux stratégies de concentration, car Matthew a depuis longtemps été diagnostiqué comme hyperactif, c’est-à-dire atteint d’un trouble de déficit d’attention…
Le rapport est paru, il défraie déjà la chronique. On en appréciera le timing déconcertant au moment où la réforme malhabile de la psychiatrie prend ses professionnels de front. Saurons-nous nous saisir de cette opportunité pour réajuster notre communication quant à nos responsabilités en matière d'ordre public ?
Colloque de Libourne "Juger et punir les malades mentaux ?", 13 Mai 2011
Catherine Lacaze-Paule
Surveiller et punir est aussi le titre d’un ouvrage majeur du philosophe Michel Foucault : en référence à son œuvre, je vous propose comme sous-titre à cette intervention : « veiller sur et unir, plutôt que surveiller et punir ».
Dans le peu de temps imparti je choisis de me limiter à 6 points.
Je l’annonce sous la forme d’un slogan de mai 68, mois de la révolution qui en latin se dit revolvere, retour en arrière, tour complet sur soi même : « l’avenir de la psychiatrie n’est plus ce qu’il était ». Pour tout dire, elle est moribonde, on lui a préféré le concept de santé mentale édicté dès 1945 par l’OMS. Plus de fous, de malades, mots réduits à une insulte mais des usagers, des clients, plus de folie, de maladies mais des troubles, plus de psy chiatre ou chologues, mais tous thérapeutes. Mais est ce que cela existe la santé mentale ? (cf colloque PIPOL V à Bruxelles en juillet qui porte ce titre et développera exemples à l’appui cette question). Naguère la psychiatrie marchait sur ses deux jambes, et ce depuis le XIX siècle. D’un pied l’organicité, de l’autre la causalité psychique. A présent que la santé mentale s’impose comme l’approche dominante, il semble que l’on marche …sur la tête. Je vous en donne quelques exemples. Ecoutez bien le retournement qui s’est opéré.
Colloque de Libourne "Juger et punir les malades mentaux ?", 13 Mai 2011
Pierre Sidon
« Apprends-nous, Seigneur, à chercher la vérité sans anticiper le Jugement », prière de Saint Jules (Pape au IVe siècle)
Un assassin innocent
Je rencontre depuis 13 ans un sujet, 60 ans aujourd’hui, sorti à l’époque de l’hôpital où il avait été traité pour une forte dépression. Tous les traitements antidépresseurs (il les avait quasiment tous reçus), s’étaient montrés inefficaces, certains déclenchant même des secousses dans son cerveau ainsi qu’une agitation psychique. A sa sortie de l’hôpital, toujours suicidaire, il me déclara : « Personne n’est parfait, donc moi, finalement, j’ai assez peu de choses à me reprocher. » Je sus d’emblée à quoi m’en tenir. Il raconta l’incompétence et la violence des êtres qui avaient eu à s’occuper de lui : son père méprisant, sa mère indifférente, sa nourrice maltraitante, ses instituteurs incompétents, ses camarades puis collègues abuseurs – sans qu’il n’esquisse la moindre résistance. Bref : il était innocent, les autres étaient mauvais.







| 21.02.11 | 13h50 • Mis à jour le 21.02.11 | 17h14






