Syrie v.s. Psychanalyse !

Syrie v.s. Psychanalyse !

Communiqué de J.-A. Miller

Paris, le 13 septembre 2011, 15h 37

Le pouvoir syrien aux abois s’est lancé dans une politique de répression sans pitié.

Certains de nos amis, ayant des contacts anciens avec le gouvernement syrien, agissent en sous-main pour obtenir la libération de RAFAH, qui serait dans les pattes des plus durs des services.

D’autre part, il s’agit de faire autant de bruit que possible pour intimider, s’il est possible, des tueurs revêtus de l’autorité de l’Etat syrien, ou de ce qu’il en reste.


Je fais appel aux sept sœurs, aux 7 Ecoles du Champ freudien dans le monde, et à leurs membres un par un, pour :

1) signer l’appel « Libérez RAFAH ! Du raffut pour RAFAH ! » : c’est le minimum ;
2) contacter dans leur pays journalistes, intellectuels, artistes, écrivains, personnalités,  afin de maximiser la fonction « Bruit » ;
3) temps suivant, si RAFAH reste au secret : des rassemblements – pacifiques bien entendu.

L’enjeu est majeur. 

a) Les « révolutions » du début de l’année ont convaincu l’opinion mondiale que la démocratie libérale est une aspiration des peuples arabes, courbés depuis trop longtemps sous le joug des dictateurs, avec la complicité des « Occidentés », acoquinés avec la classe de ces compradors qui trahissent sans vergogne l’intérêt vrai des classes populaires comme celui de la bourgeoisie nationale.
b) Désir de consommer, liberté de parole et d’association, droit à la jouissance, oui, partout les peuples veulent, eux aussi, goûter aux plaisirs vénéneux de l’Un comptable et de l’Un-tout-seul, dont se goberge Uncle Sam. Peu importe qu’un certain oiseau de mauvais augure (Lacan Jacques, pour ne pas le nommer, le kojévo-heideggerien bien connu) puisse penser que ce ne sera pas la panacée, et que le « Paradis » (Sollers) n’est certainement pas au bout de ces fantasmes. Les peuples veulent ça, et la boussole du temps logique indique qu’ils doivent en passer aujourd’hui par le moment libéral-consommateur de l’histoire du monde, c’est-à-dire par la production intensive du « manque-à-jouir » – pour aller, un jour, au-delà : vers la sainteté, proposait Lacan.
c) La psychanalyse, la pratique de l’association libre, est partie intégrante de ce moment, au même titre que Ipad, i-phone, Facebook, Google, Go Go Girls, Lady Gaga, The Huffington Post, The Daily Show with Jon Stewart, and the whole megillah. 
d) RAFAH en prison, RAFAH rafflée, RAFAH effacée, c’est la tentative de minus, de Lilliputiens, pour ligoter le Gulliver du discours universel. Une figure de l’Esprit achève de vieillir. Aidons le serpent de la sagesse à se dépouille de sa vieille peau !

La psychanalyse au XXIe siècle est devenue une question sociale. 

Elle mobilise partout l’attention des législateurs, rêvant de « combler les vides juridiques ». C’est en effet leur job. Mais le nôtre n’est pas celui-là. C’est de nous faire les auxiliaires du temps logique, en activant partout la puissance des lacunes, en donner du jeu aux semblants, en y insinuant la liberté d’association, l’association libre.

La psychanalyse est devenue une question sociale ? Les « sociomanes » (Sollers) désormais nous traquent ? Très bien ! Etre attaqué par l’ennemi est une bonne et non une mauvaise chose, disait un sage chinois. Il est temps, il est logique, que, partout, elle devienne maintenant une force matérielle, une force politique.

Tel est l’enjeu vrai de l’affaire RAFAH.

Du raffut pour RAFAH ! 

Pour signer la pétition : adressez vos noms prénoms et fonction à l’adresse suivante : rafah.navarin@gmail.com

Addendum : lire la très remarquable conférence de Rafah Nached sur le site Oedipe.org

Revue Le diable probablement : spécial Lacan

Revue Le diable probablement : spécial Lacan

Le 9 septembre, cela fera 30 ans que Lacan est mort. La revue célèbre cet anniversaire, fidèle à sa méthode associant jeunes et moins jeunes intellectuels. 
En un mot : on la prend, on l’ouvre, on la dévore et l’on ne peut s’arrêter jusqu’au point d’orgue inouï d’un entretien à bâtons rompus avec Jacques-Alain Miller, légataire testamentaire de l’oeuvre de Lacan, rédacteur du Séminaire, praticien génial et théoricien adepte de clarté. On n’a jamais lu ça.
Le site de la revue, c’est ici

Nos corps surveillés

Nos corps surveillés


Où va la « quantification de soi » ?

Internet Actu |Le Monde 03.06.11 | 16h39  •  Mis à jour le 03.06.11 | 17h41

 

L'interface du logiciel Rescue Time.

L’interface du logiciel Rescue Time.Rescue Time

 

Le 28 et 29 mai, s’est tenue à Mountain View la première édition de la conférence Quantified Self (QS) (que l’on pourrait traduire littéralement par « la quantification de soi » pour parler « de la capture, de l’analyse et du partage de ses données personnelles », comme l’explique Emmanuel Gadenne). InternetActu propose un compte rendu des différents ateliers.

En observant certains ateliers, on pouvait se demander quel est l’objectif de « cette mesure de soi ». Matthew Trentacoste, est étudiant à l’université de la Colombie-Britannique et dirigeait une séance de discussion sur le « suivi de l’attention » aux rencontres du Quantified Self, rapporte Ethan Zuckerman. Assez logique qu’il s’intéresse aux stratégies de concentration, car Matthew a depuis longtemps été diagnostiqué comme hyperactif, c’est-à-dire atteint d’un trouble de déficit d’attention…

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L’Appel des appels

http://www.appeldesappels.org/

Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, attirons l’attention des Pouvoirs Publics et de l’opinion sur les conséquences sociales désastreuses des Réformes hâtivement mises en place ces derniers temps.

A l’Université, à l’École, dans les services de soins et de travail social, dans les milieux de la justice, de l’information et de la culture, la souffrance sociale ne cesse de s’accroître. Elle compromet nos métiers et nos missions.

Au nom d’une idéologie de « l’homme économique », le Pouvoir défait et recompose nos métiers et nos missions en exposant toujours plus les professionnels et les usagers aux lois « naturelles » du Marché. Cette idéologie s’est révélée catastrophique dans le milieu même des affaires dont elle est issue.

Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, refusons qu’une telle idéologie mette maintenant en « faillite » le soin, le travail social, l’éducation, la justice, l’information et la culture.

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Gorwood : un psychiatre pas sans gène ?

A propos du Dr Gorwood 

par Anne Marie Bérard

Un écho de la récente conférence du Dr Gorwwood, "Existe-t-il une génétique des comportements ?" par Philip Gorwood, Professeur en psychiatrie, Université Paris 7, Hôpital Louis Mourier.

Je m’attendais aujourd’hui dans l’amphithéâtre René Descartes à un exposé scientifique qui couronnerait avec brio la 2e partie du cycle de conférences « connaissance du génome ». En effet, Daniel Cohen et Jean-Louis Mandel avaient présenté brillamment leurs recherches et gommé en ce faisant une foule d’idées reçues ; par conséquent, le dernier orateur se devait d’être au moins à leur niveau, sinon encore meilleur. Je fus donc légèrement irritée par un prélude, l’irruption d’étudiants et d’un professeur dans la salle. Le petit groupe de contestataires fustigea d’emblée le discours qui n’avait pas encore débuté. A mon avis, c’était déplacé, car ne fallait-il pas d’abord écouter avant de prendre éventuellement la parole ? Ingénue et naïve, je ne compris que beaucoup plus tard que les critiques étaient amplement justifiées.

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Les Meetings à travers la France : à Strasbourg

Contre la mise aux normes et le formatage, pour la clinique du sujet et la création

Meeting de Strasbourg

La psychanalyse menacée à l’Université : Demain, qui seront nos psys ?

Myriam Mitelman

Le meeting de Strasbourg, organisé conjointement par Intercopsychos, les Psychologues Freudiens, l’ECF, l’ACF-Est, la Section Clinique de Strasbourg, le Collège psychanalytique de l’Est, prit le tour d’une rencontre-débat qui se déroula, le samedi 7 juin, dans la prestigieuse salle Pasteur du Palais Universitaire de Strasbourg.
Le titre de la manifestation avait attiré un public nombreux, attentif, très concerné souvent professionnellement mais aussi personnellement par l’avenir de la psychanalyse, comme nous l’indiquèrent les questions qui émaillèrent le débat.
Dix-neuf intervenants de toute la région Est (Nancy, Metz, Strasbourg) se succédèrent à la tribune : étudiants en psychologie, professeurs à l’Université, enseignants de la Section Clinique, chargés de cours, enseignants responsables du DES de psychiatrie, formateurs, apportant autant d’éclairages sur ce que signifie dispenser et recevoir un  enseignement de psychanalyse. La diversité des champs d’intervention de nos dix-neuf orateurs contribua à mettre en évidence la présence et l’impact de la psychanalyse dans le tissu social,  ce qui fut confirmé par plusieurs interventions du public issu des milieux socio-éducatif et de la  justice.
Au fil de l’après-midi, notre rencontre se transforma en véritable débat de fond : comment  s’enseigne la psychanalyse, discipline relevant à la fois de la science et de l’art, du savoir et de l’innovation ? Quel savoir au juste met-on en circulation dans un tel enseignement ? Quelle est sa nature ? Si l’enseignement de la psychanalyse s’effectue principalement dans les facultés de psychologie, ne convient-il pas de recourir à des champs conceptuels plus complexes pour  rendre compte de cette transmission ?
La densité des échanges fut telle que personne ne songea même à proposer une pause. Notre conférence-débat, qui devait s’achever à 17h, était en plein cours lorsqu’à 18h le personnel du Palais Universitaire nous fit savoir que les portes fermaient.
Si bien que nous envisageons de reprendre et de poursuivre ultérieurement les perspectives ouvertes lors de cette après-midi.
 
Pour l’heure, toute personne intéressée peut prendre connaissance des interventions mises en ligne sur le site :
www.psychanalyse67.com <http://www.psychanalyse67.com/>

Les Meetings à travers la France : à Nantes

Contre la mise aux normes et le formatage, pour la clinique du sujet et la création

Meeting de Nantes

Guerre dans la civilisation

Remi Lestien

“Tout le monde ressent que la civilisation occidentale tend à devenir franchement invivable. Ça suscite des révoltes, une guerre civile, mais qui respecte les formes du débat démocratique…” C’est ainsi que Jacques Alain Miller définissait la situation dans une interview dans Libération. En invitant, pour un grand Meeting, tous ceux qui refusent de voir le corps réduit à de la biologie, la parole à de la communication, les actions humaines à des comportements et les désirs à des besoins, il créait autour du discours analytique, un grand mouvement qui nous a entraînés.
C’est donc dans l’élan de ce grand Meeting de la Mutualité à Paris, et dans la hâte, que nous avons rassemblé chercheurs, étudiants, psychologues des prisons et de l’hôpital, un enseignant de philosophie, des directeurs d’établissements médico-sociaux, un médecin responsable d’une commission médicale d’un grand établissement nantais et de nombreux psychanalystes. Un député et une des vice-présidentes du Conseil Général se sont également joints à nous.

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Les Meetings à travers la France : à Reims

Contre la mise aux normes et le formatage, pour la clinique du sujet et la création

Meeting de Reims

Que vaux-tu ?

Meeting à Reims, le 31 mai 2008

Hélène Mention – Christophe Delcourt
 
Après-midi pluvieux à Reims et, pourtant, 200 personnes s’installent pour un meeting de quatre heures dans l’agréable salle de La Comédie de Reims où Emmanuel Demarcy-Motta et toute son équipe nous accueillent très chaleureusement.
En guise d’introduction, Bernard Lecœur a proposé de retourner la question à l’envoyeur.
« Que vaux-tu ? », cette question généralisée adressée à chacun par le maître moderne, on peut, on doit la lui retourner : que vaut-il donc, celui-là même qui cherche à m’évaluer, et que me veut-il ? Cette volonté de chiffrage, avec sa visée utilitariste d’inventaire via la mesure et l’évaluation, dissimule, en effet, quelque chose.
« Que vaux-tu ? », de cette question chauve-souris qui ne sort que dans l’ombre, il faut extraire une volonté forcenée de liquidation du sujet, c’est ce que l’expérience psychanalytique permet d’affirmer.
Il ne s’agit nullement, pour autant, d’aller contre la science, contre la mesure, il s’agit de défendre la notion du sujet et de l’inconscient.

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Les Meetings à travers la France : à Angers

Contre la mise aux normes et le formatage, pour la clinique du sujet et la création

Meeting d’Angers

Formatés, standardisés, évalués… Sommes-nous des numéros ?

Guilaine Guilaumé

Ce sont de drôles de numéros qui se sont réunis en meeting ce vendredi 30 mai 2008, à 20 heures, dans les salons Curnonsky de la cité angevine. Pas déprimés, ni nostalgiques, ni idéalistes, simplement mais résolument réalistes (Monique Amirault).
La trainée de poudre annoncée sur tout le territoire français continue donc de se répandre pour faire exploser la déshumanisation rampante qui s’avance sous les espèces diverses de l’évaluation qui, telle une toile d’araignée, s’étend pour faire du sujet un objet marchand.

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Les Meetings à travers la France : à Marseille

Contre la mise aux normes et le formatage, pour la clinique du sujet et la création

Meeting de Marseille

Quelle liberté pour le sujet à l’époque de la folie quantitative ?

Françoise Haccoun

Le 17 mai 2008

Ce titre frappe, il clame d’emblée l’esprit de combat que nous voulions donner, le ton de colère face à “la folie quantitative” de l’époque, de “l’immonde du monde”. Ce titre a résonné chez nos invités, juristes, médecins, psychiatres, philosophes, sociologues, écrivains, poètes, artistes, astro-physicien, professeurs et psychanalystes. C’est pour ce combat qu’ils nous ont rejoints et soutenus à notre meeting, samedi 17 mai, à la fac de droit sur la célèbre Canebière marseillaise.

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Les Meetings à travers la France : à Corte

Contre la mise aux normes et le formatage, pour la clinique du sujet et la création

Meeting de Corte

Un Printemps Lacanien

Jean-Pierre Denis, ACF Restonica

Un meeting suppose une importante réunion de personnes, une réunion publique où le ton des déclarations se doit d’être élevé, revendicatif, voire passionné ; à l’inverse, la psychanalyse suppose le un par un, l’échange feutré, le monologue sur fond de silence, l’association libre plutôt que le réquisitoire, à l’abri des regards et des vociférations du monde.
Il s’agissait de faire passer aux soixante personnes qui nous ont rejoints à Corte, ce samedi 24 mai, que nous tenions à joindre à la façon de cette figure de rhétorique, l’oxymore, ces termes apparemment contradictoires Meeting et Psychanalyse pour réfuter deux erreurs contemporaines, la première qui consiste à faire de l’inconscient un dedans, et à refuser ainsi de le penser en extériorité, dans son lien à la gestion politique, la seconde qui découle des progrès de la science au XXIème siècle, laissant croire à certains qu’une nouvelle définition de la subjectivité serait possible à partir de ce seul substrat observable, le cerveau.  

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Les Meetings à travers la France : à Toulouse

Contre la mise aux normes et le formatage, pour la clinique du sujet et la création

Meeting de Toulouse

 

Il faut défendre les libertés

André SOUEIX 
Nos meetings sont des colloques où il est de règle d’applaudir lorsque l’orateur a trouvé la formule juste, l’idée qui éclaire, le mot qui touche.
L’éclair, l’enthousiasme ponctuent ainsi nos propos savants et informés. C’est ce qui s’est passé à Toulouse le 17 mai. De 15 à 20 heures, 500 personnes ont voulu savoir ce que nous entendions par ce titre : “Il faut défendre les libertés. Compté, mesuré, codé, standardisé, contrôlé : comment vivre au XXIème siècle ?”
Il s’agissait d’éclairer en quoi l’évaluation, érigée en contrainte institutionnelle, limite les libertés civiles par des mesures selon la loi et surtout par des mesures administratives, par décret.

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Les Meetings à travers la France : à Nice

Contre la mise aux normes et le formatage, pour la clinique du sujet et la création

Meeting de Nice

Aux armes !, et cœtera !

Armelle Gaydon

« Contre la mise aux normes et le formatage, pour la clinique du sujet et la création », le Meeting organisé le 10 mai à Nice a réuni près de 250 personnes. En présence de la presse, se sont mobilisés ceux qui résistent, qui s’opposent aux « bien-pensants de la même chose », comme disait le peintre Jean-Pierre Pincemin, aux promoteurs de l’évaluation généralisée, devenue le maître-mot de notre quotidien. En effet, l’arbitraire de la norme et du chiffre s’étend désormais à tous les domaines, envahissant insidieusement les secteurs où la subjectivité s’exprime : éducation, recherche, justice, santé, art,…  (suite…)

«Se replier serait mortel pour la psychanalyse»

Interview de Jacques-Alain Miller dans Libération

Recueilli par ÉRIC FAVEREAU
QUOTIDIEN : samedi 19 janvier 2008
 

Gendre de Jacques Lacan. Personnalité très controversée, directeur du département de psychanalyse de l’université Paris-VIII, Jacques-Alain Miller, 63 ans, a créé en 1981 l’Ecole de la cause freudienne. En 1992, il a fondé l’Association mondiale de psychanalyse. C’est sous son autorité que les textes des séminaires de Jacques Lacan sont publiés, au compte- gouttes, regrettent certains. C’est aussi un polémiste. En pointe dans la lutte contre l’amendement Accoyer, qui entendait légiférer sur la psychothérapie, il repart au combat contre les cognitivistes, obsédés de l’évaluation. Il organise à la Mutualité, les 9 et 10 février, un «grand meeting pour que vive la psychanalyse», sur le thème : quelle politique de civilisation ?

On reparle de l’amendement Accoyer, qui cherche à encadrer l’usage du titre de psychothérapeute. Il avait provoqué la colère de tout le milieu analytique. Il revient, mais sous une forme atténuée. Et vous, vous repartez en guerre…

L’affaire de l’amendement est close. Il n’y a plus aucun contentieux depuis que Bernard Accoyer a renoncé à son premier texte, qui se risquait à définir les diverses psychothérapies. Son souci de réguler l’usage du titre de psychothérapeute a été entendu par le milieu psy, qui, depuis bientôt trois ans, est partie prenante de la concertation sur le décret d’application. En revanche, oui, pour moi le combat est devenu permanent.

Mais quel combat ?

Freud avait diagnostiqué jadis un «malaise dans la civilisation». Nous sommes bien au-delà : tout le monde ressent que la civilisation occidentale tend à devenir franchement invivable. Ça suscite des révoltes, une guerre civile, mais qui respecte les formes du débat démocratique.

Certes, mais quelle guerre ?

Il y a une guerre idéologique qui oppose, d’une part, les quantificateurs, les cognitivistes (1), avec leur prétention croissante à régenter l’existence humaine dans tous ses aspects et, d’autre part, tous ceux qui ne plient pas devant la quantification partout. Le fanatisme du chiffre, ce n’est pas la science, c’en est la grimace. Il n’y a pas si longtemps, l’administration, c’était encore des gratte-papier à la Courteline. Désormais, l’électronique met entre les mains des bureaucraties occidentales une puissance immense de stockage et de traitement de l’information. Elles en sont enivrées, elles en ont perdu le sens commun. Les plus atteintes sont celles de l’Union européenne, héritières des monarchies. Elles vont vers la surveillance généralisée, du berceau au tombeau. Elles aspirent au contrôle social total. Elles se promettent de remanier l’homme dans ce qu’il a de plus profond. Il ne s’agit plus seulement de «gouverner les esprits», comme le voulait Guizot, ni même de les suggestionner par des vagues de propagande massive.

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