Les trois corps de la psychiatrie

Les trois corps de la psychiatrie

L’avenir dure Lacan

par Pierre Sidon

lacan

Lacan est mort il y a trente ans. Il était psychiatre et a porté la discipline à un niveau d’avancement inouï. Pourtant elle dépérit. Que faire ?  

Il y a d’abord ce corps de doctrine, un savoir : la clinique. Et ce savoir est un dépôt, le reste d’une praxis : l’entretien au lit du malade. Osons un parallèle avec l’a-lchimie d’une psychanalyse – où s’épuise et se distille la source impétueuse de l’existence : le savoir psychiatrique n’eut pu se déposer sans l’opération de l’enfermement, sans que des malades fussent retenus, empêchés, entravés, sans que quelque chose de la palpitation de la vie se dissipe pour qu’advienne, à la place, un savoir. Ajoutons l’hypothèse d’un catalyseur : le postulat de maladie comme opérateur de séparation. Se produit un isolement, une extraction contribuant au raffinement et la pertinence de ce savoir. Complétons : ce savoir ne serait pas sérieux, s’il n’était corrélatif du serrage d’un Réel : le « hors discours » de ladite psychose. Or à l’ère de l’émergence du discours de la science, le Discours du Maître s’imprègne de la doctrine utilitariste. Le hors discours suscite alors, dans le corps social, une ségrégation[1] qui l’y réintègre : le Grand enfermement et ses édifications. Dans cette opération, que Lacan qualifie de « virage historique » [2], ce n’est pas tant que le corps du malade qui se dégage – puisque, sur son corps, rien ne se lit – que celui des psychiatres, né à son chevet.

Corps de savoir, corps des bâtiments, corps des psychiatres : que reste-t-il de cette demeure ?

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Aux limites de la psychiatrie humaniste


Colloque de Libourne « Juger et punir les malades mentaux ? », 13 Mai 2011

Pierre Sidon

« Apprends-nous, Seigneur, à chercher la vérité sans anticiper le Jugement », prière de Saint Jules (Pape au IVe siècle)

Un assassin innocent

Je rencontre depuis 13 ans un sujet, 60 ans aujourd’hui, sorti à l’époque de l’hôpital où il avait été traité pour une forte dépression. Tous les traitements antidépresseurs (il les avait quasiment tous reçus), s’étaient montrés inefficaces, certains déclenchant même des secousses dans son cerveau ainsi qu’une agitation psychique. A sa sortie de l’hôpital, toujours suicidaire, il me déclara : « Personne n’est parfait, donc moi, finalement, j’ai assez peu de choses à me reprocher. » Je sus d’emblée à quoi m’en tenir. Il raconta l’incompétence et la violence des êtres qui avaient eu à s’occuper de lui : son père méprisant, sa mère indifférente, sa nourrice maltraitante, ses instituteurs incompétents, ses camarades puis collègues abuseurs – sans qu’il n’esquisse la moindre résistance. Bref : il était innocent, les autres étaient mauvais.

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Veiller sur et unir, plutôt que surveiller et punir : quelques principes et conséquences de la découverte freudienne


Colloque de Libourne « Juger et punir les malades mentaux ? », 13 Mai 2011

Catherine Lacaze-Paule

Surveiller et punir est aussi le titre d’un ouvrage majeur du philosophe Michel Foucault : en référence à son œuvre, je vous propose comme sous-titre à cette intervention : « veiller sur et unir, plutôt que surveiller et punir ».  

Dans le peu de temps imparti je choisis de me limiter à 6 points.

Je l’annonce sous la forme d’un slogan de mai 68, mois de la révolution qui en latin se dit revolvere, retour en arrière, tour complet sur soi même : « l’avenir de la psychiatrie n’est plus ce qu’il était ». Pour tout dire, elle est moribonde, on lui a préféré le concept de santé mentale édicté dès 1945 par l’OMS. Plus de fous, de malades, mots réduits à une insulte mais des usagers, des clients, plus de folie, de maladies mais des troubles, plus de psy chiatre ou chologues, mais tous thérapeutes. Mais est ce que cela existe la santé mentale ? (cf colloque PIPOL V à Bruxelles en juillet qui porte ce titre et développera exemples à l’appui cette question). Naguère la psychiatrie marchait sur ses deux jambes, et ce depuis le XIX siècle. D’un pied l’organicité, de l’autre la causalité psychique. A présent que la santé mentale s’impose comme l’approche dominante, il semble que l’on marche …sur la tête. Je vous en donne quelques exemples. Ecoutez bien le retournement qui s’est opéré.

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Juger et punir les malades mentaux

Juger et punir les malades mentaux


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La perplexité des soignants en psychiatrie est à l’origine du thème de cette journée.

Ils ont participé à la chute du mur des asiles, à la réduction des lits d’hospitalisation et à la réintégration des patients dans la cité sous l’impulsion d’un mouvement humaniste.

Puis, ils ont assisté à l’apparition dans la rue de malades mentaux sans domicile fixe et ont constaté, par les médias, que les murs carcéraux en recevaient une proportion considérable, avec ou sans expertise psychiatrique.

L’actualité sous différentes formes (obligation ou injonction de soins, construction d’Unités Hospitalières Spécialement Aménagées, levées et sorties d’essai d’hospitalisation d’office judiciaire, castration chimique…) déborde désormais largement le cadre soignant.

Différents corps de métier impliqués dans cette journée souhaitent, par des éclairages saisissants, à partir de points de vue multiples, nourrir un débat dans la cité.

Pour qu’un horizon se dessine et que chacun, intéressé et mieux informé, puisse y trouver sa position, sa position de citoyen.

 

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Roland Gori dans Le Monde

Roland Gori dans Le Monde

Roland Gori, psychanalyste et professeur de psychopathologie
Norme psychiatrique en vue
LE MONDE | 03.05.08 | 14h42  •  Mis à jour le 03.05.08 | 14h42

 

On parle de plus en plus de « santé mentale », de moins en moins de « psychiatrie ». Où nous mènera, demain, cette tendance ?Nous sommes entrés dans l’ère d’une psychiatrie postmoderne, qui veut allouer, sous le terme de « santé mentale », une dimension médicale et scientifique à la psychiatrie. Jusqu’à présent, cette discipline s’intéressait à la souffrance psychique des individus, avec le souci d’une description fine de leurs symptômes, au cas par cas. Depuis l’avènement du concept de santé mentale, émerge une conception épidémiologique de la psychiatrie, centrée sur le dépistage le plus étendu possible des anomalies de comportement. Dès lors, il n’est plus besoin de s’interroger sur les conditions tragiques de l’existence, sur l’angoisse, la culpabilité, la honte ou la faute ; il suffit de prendre les choses au ras du comportement des individus et de tenter de les réadapter si besoin.

 

 

Quel a été l’opérateur de ce changement ?

Le DSM (Diagnostic and Statistical Manual), sorte de catalogue et de recensement des troubles du comportement créé par la psychiatrie américaine. En multipliant les catégories psychiatriques (entre le DSM I et le DSM IV, soit entre les années 1950 et les années 1990, on est passé de 100 à 400 troubles du comportement), il a multiplié d’autant les possibilités de porter ces diagnostics. Aujourd’hui, on est tombé dans l’empire des « dys » : dysthymique, dysphorique, dysérectile, dysorthographique, dyslexique… Chaque individu est potentiellement porteur d’un trouble ou d’une dysfonction. Ce qui étend à l’infini le champ de la médicalisation de l’existence et la possibilité de surveillance sanitaire des comportements.

Comment cette conception de la psychiatrie a-t-elle pu s’imposer ?

Par sa prétention à la scientificité. La santé mentale ne s’est pas imposée à des sujets victimes, passifs, mais à des individus consentants. Depuis l’effacement des grandes idéologies, l’individu se concocte son propre guide normatif des conduites, qu’il va souvent chercher dans les sciences du vivant. Résultat, ce sont les « prophètes de laboratoires » qui nous disent comment se comporter pour bien se porter.

Quel sera le soin de demain, compte tenu de cette évolution ?

Je ne suis pas certain que les dispositifs de santé mentale aient le souci de soigner, et encore moins de guérir. Ils sont plutôt du côté d’un dépistage précoce et féroce des comportements anormaux, que l’on suit à la trace tout au long de la vie. Or, en s’éloignant du soin, la santé mentale utilise des indicateurs extrêmement hybrides. Ainsi de l’expertise collective de l’Inserm (2005) qui préconisait le dépistage systématique du « trouble des conduites » chez le très jeune enfant pour prévenir la délinquance : elle mélangeait des éléments médicaux, des signes de souffrance psychique, des indicateurs sociaux et économiques, voire politiques. On aboutit ni plus ni moins, sous couvert de science, à une véritable stigmatisation des populations les plus défavorisées. Ce qui en retour naturalise les inégalités sociales.

Le repérage fin des troubles ne permet-il pas au contraire de mieux soigner ?

Je crois qu’il permet en réalité d’étendre le filet de la surveillance des comportements, en liaison permanente avec l’industrie pharmacologique. La production de nouveaux diagnostics est devenue la grande affaire de la santé mentale. Voyez le concept de « troubles de l’adaptation » : il est suffisamment flou pour qu’on puisse l’attribuer à chaque personne en position de vulnérabilité. Quelqu’un qui est stressé au travail ou qui est angoissé par une maladie grave peut ainsi développer une « réponse émotionnelle perturbée », qui sera considérée comme trouble de l’adaptation. La réponse sera de lui administrer un traitement médicamenteux, accompagné d’une thérapie cognitivo-comportementale pour l’aider à retrouver une attitude adaptée. Ainsi, la « nouvelle » psychiatrie se moque éperdument de ce qu’est le sujet et de ce qu’il éprouve. Seul importe de savoir s’il est suffisamment capable de s’autogouverner, et d’intérioriser les normes sécuritaires qu’on exige de lui.

Quel sera, dans ce contexte, le rôle du psychiatre ou du psychologue ?

On peut craindre que l’on demande aux psys d’être davantage des coachs que des soignants. Depuis quelques années, on assiste à une multiplication hyperbolique de la figure du coach, devenu une sorte de super-entraîneur de l’intime, de manager de l’âme. Les dispositifs de rééducation et de sédation des conduites fabriquent un individu qui se conforme au modèle dominant de civilisation néolibérale : un homme neuro-économique, liquide, flexible, performant et futile.

Y aura-t-il encore une place pour la psychanalyse ?

Celle-ci est totalement à rebours de ces idéologies, en ce qu’elle fait l’éloge du tragique, de la perte, du conflit intérieur, d’un certain rapport à la mort et au désir. Elle peut donc disparaître en tant que pratique sociale. Mais je pense que ce qu’elle représente – une certaine philosophie du souci de soi, qui tend à construire un sujet éthique responsable – ne disparaîtra pas.

A cet égard, il est frappant de voir que la psychanalyse, désavouée par la santé mentale, est actuellement requise dans les services de médecine non psychiatrique. Tout se passe comme si les médecins, à l’inverse des nouveaux psychiatres, reconnaissaient qu’il y a une part hétérogène au médical, qui est que toute maladie est un drame dans l’existence, et qu’il faut aider le patient à traverser cette épreuve. De même, bien que la psychanalyse ne soit pas à la mode dans notre culture, la demande ne fait que croître dans les cabinets.

 

Propos recueillis par Cécile Prieur

Lettre ouverte à la Fédération Française de Psychiatrie

Par le Dr Sophie Bialek

Société pour l’Action et la Recherche en Psychiatrie
1 rue Duguay-Trouin 75006 Paris

16.02.08

Cher(e)s collègues de la Fédération Française de Psychiatrie,

En ce début d’année 2008,  nous souhaiterions  soumettre au bureau de la FFP, quelques demandes d’éclaircissement, concernant  l’état actuel des relations entre la FFP et la HAS. Cette démarche s’origine de la lecture, sur le site de la FFP, de l’exposé du Dr O. Lehembre, Président de la FFP, en date de janvier 2007.

1) Notre première question concerne la Recommandation de la HAS “complications évolutives d’un épisode dépressif de l’adulte” don’t la mise en oeuvre et le déroulement ont, au vu du rapport du Dr Lehembre, effectivement donné lieu à certaines “complications”. A cet égard, nous souhaitons attirer l’attention des responsables de la FFP sur le fait que le Plan Ministériel Santé mentale 2005-2008 comporte, dans son axe 4, une mention explicite au sujet des recommandations sur la dépression.

« Saisine de l’HAS pour réactualiser les Recommandations de Bonnes Pratiques, en lien avec l’AFSSAPS sur les traitements de la dépression (choix des antidépresseurs et/ou des psychothérapies, posologies, durée du traitement, associations….) cf 3.1.2 ; et développer, sur la base de ces recommandations des référentiels de formation et des évaluations des pratiques professionnelles (EPP) permettant l’amélioration du repérage, du diagnostic et du traitement de la dépression par les professionnels de santé, en fonction des populations (périnatalité, enfants et adolescents, adulte, personnes âgées, personne en précarité….). e ministre veillera à ce que l’ensemble des sensibilités de la psychiatrie française, dont la psychanalyse, soient associés à la révision de ces recommandations. ».

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Numéro 36 de La Règle du jeu

Numéro 36 de La Règle du jeu

L’assassinat manqué de la psychanalyse

Le numéro trente-six de La Règle Du Jeu, la revue que dirige Bernard-Henri Lévy vient de paraître. Il fait une large place à deux excellents articles d’Agnès Aflalo regroupés sous le titre unique du livre à paraître : « L’assassinat manqué de la psychanalyse ». Il faut saluer l’évènement, qu’une revue qui porte haut l’opinion éclairée, publie aussi généreusement les travaux d’une psychanalyste de l’École de la Cause Freudienne, qui entreprend de déchiffrer ici pour le lecteur ce nouveau symptôme épidémique de notre civilisation qu’est l’évaluation.

Dans le premier des deux articles, qui s’intitule «Le calcul des TCC», Agnès Aflalo nous livre une analyse détaillée de la logique négationniste que les tenants des TCC ont développée à l’égard du sujet de l’inconscient, de la jouissance opaque du symptôme et de la clinique psychanalytique fondée sur le transfert. Elle montre comment, au cours de ces vingt dernières années, la psychiatrie essentiellement universitaire, qui a toujours porté en elle un solide courant organiciste, s’est laissée lentement mais sûrement séduire par la promesse que lui faisait les TCC de réaliser l’idéal scientifique : devenir enfin une discipline médicale. Agnès Aflalo réussit à démonter point par point la méthode et la rhétorique du discours TCC pour le faire apparaître pour ce qu’il est : une fausse science, alimentée par un discours universitaire et fondée sur le signifiant maître de l’évaluation.

Le deuxième article, intitulé : « Surveiller et prévenir », interroge l’idée de «santé mentale» et ses conséquences, et en particulier l’épidémie de l’évaluation qui aujourd’hui cherche a imposer son hégémonie un peu partout dans le monde. Agnès Aflalo y déchiffre avec sagacité le refoulé du discours de l’évaluation qui s’avance avec la puissance de l’intimidation du chiffre et cherche à faire passer l’évidence de la statistique pour le réel de l’affaire. Elle montre de façon sensationnelle que ce discours ne produit en réalité qu’une multiplication infinie des anormalités, en même temps qu’il organise, à l’aide de nombreux préjugés de classe et de races, des exclusions et des ségrégations qui hantent déjà l’histoire des deux derniers siècles. Agnès Aflalo nous fait ainsi la démonstration, preuves à l’appui, que l’envers de cette fausse objectivité transporte, en réalité, l’idéologie la plus rétrograde.

Ce discours de l’évaluation, ainsi démasqué, fait surgir avec force l’enjeu politique d’aujourd’hui pour les psychanalystes de l’École de Lacan. On pourrait l’épingler d’un Witz : “ou la Lacantification éclairée de notre civilisation ou la quantification sourde et aveugle”.

Georges Haberberg

Intervention de la Ministre de la Santé au Colloque déprime-dépression

Intervention de Madame Roselyne BACHELOT-NARQUIN

Ministre de la santé, de la jeunesse et des sports

COLLOQUE DÉPRIME – DÉPRESSION

sous la Direction de Mr. Jacques-Alain MILLER

-Vendredi 1er Février 2008-
à 18h00
(MINISTÈRE DE LA SANTÉ, DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS)
 
 
Mesdames et messieurs,
Cher Jacques-Alain Miller,
 

Au risque de vous surprendre, risque que j’assume avec un plaisir non dissimulé, je voudrais ouvrir mon intervention par une citation du Président de la République : « la politique de la vie, c’est une politique qui part du principe que la qualité est plus importante que la quantité, que s’agissant de ce qui touche intimement à la vie, les critères qualitatifs sont plus importants que les critères quantitatifs ». Et d’ajouter : « c’est bien pour cela que la politique existe : parce que tout n’est pas quantitatif ».

La ministre de la qualité des soins que je veux être reprend volontiers à son compte de tels propos. Il convient, en effet, d’accorder ici aux mots toute leur valeur, d’en restituer la portée éthique, d’en déchiffrer, oserais-je dire, le sens.

En matière de santé, comme c’est aussi le cas pour la culture ou l’éducation, l’action publique ne saurait, sans trahir sa finalité, se réduire à la seule gestion des choses.

Cette maison qui vous accueille aujourd’hui, et dont vous saurez interpréter comme un signe, l’hospitalité, est une de ces maisons communes dont la vocation publique justifie l’ouverture au débat.

L’administration de la santé elle-même ne saurait être, par principe, par destination, une administration sans âme et sans épiderme, insensible aux exigences de la vie.

Et cela, d’autant moins, je tiens d’entrée de jeu à le souligner, que c’est bien la finalité qualitative de notre politique qui doit désormais structurer notre appréhension des problèmes. 

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Au Québec, la désinstitutionalisation et la prison

«Le système est en train de sauter»

Cyberpresse Québec – Le vendredi 25 janvier 2008 – Katia Gagnon et Hugo Meunier

Quarante ans après la publication du livre Les fous crient au secours, le système de soins psychiatriques, des urgences jusqu’à l’hôpital médico-légal Philippe-Pinel, aurait besoin d’être revu de fond en comble.

La politique de désinstitutionnalisation qui se poursuit depuis 30 ans au Québec est un échec, dénonce le directeur général de l’Institut Philippe-Pinel, Jocelyn Aubut. «Le système est en train de sauter. Il faut qu’on provoque quelque chose», lance-t-il, dans un entretien exclusif avec La Presse.

Jocelyn Aubut a été nommé il y a huit mois à la tête de l’Institut Pinel, le principal hôpital médico-légal au Québec. Il a fait le tour de son jardin et son jugement est sans appel: en voulant sortir les malades des hôpitaux, on a mené plusieurs d’entre eux dans des portes tournantes, qui mènent de la rue à la prison.

«La désinstitutionnalisation, c’est une belle philosophie. Mais les principes sans les moyens, ça fait que les gens se retrouvent en prison», résume-t-il en entrevue dans le cadre d’une série d’articles sur le sujet qui seront publiés tous les jours jusqu’à lundi.

 

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Deux communiqués du Nouvel Âne

Colloque « déprime-dépression » sous le haut patronnage du Ministère de la santé : les 1er et 2 février

Grand Meeting à la Mutualité pour la défense et la promotion de la psychanalyse partout où elle est mise en cause, en particulier à l’Université : les 9 et 10 février

Chers collègues, peu avant que ne commence le Forum Extraordinaire, il est temps de préciser la suite du processus en cours. Janvier : les 25 et 26 (vendredi et samedi), j’organise un Colloque pluridisciplinaire sur le thème “Déprime Dépression”. Ce Colloque bénéficiera du Haut Patronage du Ministère de la Santé, comme l’a confirmé hier la ministre en personne à Lilia Mahjoub ; il sera inauguré par Mme Roselyne Bachelot-Narquin ; les Actes en seront publiés dans la collection du Champ freudien aux éditions du Seuil, augmentés d’autres textes.  (suite…)

Chronique : « Ils ont suivi le Guide »

Chronique : « Ils ont suivi le Guide »

“La corde au cou” : Premier épisode d’une chronique : les principes du Guide Inpes à l’épreuve de la pratique psychiatrique ? Entre éclat de rire et frissons d’horreur au quotidien…
par Pierre Sidon

15 novembre :

Dr A.I., psychiatre, au Dr P., médecin généraliste

Mon cher confrère,
Je vous remercie de m’avoir adressé votre patient, Monsieur C.C. 46 ans. Effectivement il s’agit d’une récidive dépressive. Pour le moment j’ai conseillé la hausse de l’ [antidépresseur] et de l’ [somnifère] car il se réveille très tôt le matin (sans doute augmenter à nouveau [antidépresseur] dans quelques jours et le maintenir ensuite). Effectivement le patient éprouve des difficultés à verbaliser ses relations avec ses ascendants. Il éprouve une grande lassitude qui lui semble venir de l’extérieur alors qu’il s’agit d’une forme larvée de la crise de la quarantaine je pense. Je lui conseille de se trouver des pôles d’intérêts et de continuer à développer ses relations avec ses proches. Je dois le revoir dans 10 jours pour reparler de tout cela.
Je ne manquerai pas de vous tenir informé de l’évolution. Bien confraternellement.

20 novembre :

Le cri de son épouse réveille Monsieur C.C.. Elle vient de le dépendre de la fenêtre de la chambre conjugale.

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Psychiatre sur mes deux jambes : psychanalyse et sécurité sociale

Contre les « protocoles » standardisés, pour une clinique sous transfert

Dr Marie-Hélène Doguet,
Le havre, au coloque de l'AFPEP, 4 octobre 2007

Je parlerai ici au titre de ma pratique de psychiatre, éclairée et formée par la psychanalyse d’orientation lacanienne. C’est peu de dire que cette pratique de psychiatre est plus que jamais dans l’urgence de dire ses raisons, de transmettre ses principes face à une entreprise de destruction sans précédents qui touche de plein fouet ses fondements comme ses moyens effectifs. Sans doute sommes-nous à la croisée des chemins et pour ma part, je dois vous dire, aussi curieux que cela puisse paraître après coup, que c’est une nouveauté d’intervenir dans un congrès comme celui-ci. Jusqu’à il y a peu, mon urgence était plutôt de transmettre quelque chose du cœur vivant de ma pratique sur les lieux même de ma formation, c’est-à-dire dans les nombreux lieux du champ freudien et de mon Ecole pour la psychanalyse, l’Ecole de la Cause freudienne. Pourtant il me paraît aujourd’hui essentiel de témoigner de ce destin noué entre la psychiatrie française et la psychanalyse depuis plus d’un demi siècle. Car c’est bien ce nœud que l’on voudrait aujourd’hui trancher, afin d’en finir avec ces maudits praticiens qui continuent contre vents et marée à accueillir le plus particulier de la souffrance d’un être parlant.

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Pétition adolescents

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20070625.OBS3649/les_adolescents_ne_sontpas_des_adultes.html

PETITION

Les adolescents ne sont pas des adultes

Professionnels de l’enfance, magistrats, avocats, pédopsychiatres, éducateurs, enseignants…, ils contestent le projet de loi qui conduit, en cas de récidive, à faire juger les adolescents âgés de 16 à 18 ans comme des majeurs. Et lancent un appel, "Les adolescents ne sont pas des adultes", que vous pouvez, vous aussi, signer en ligne.

Un des premiers projets de loi du gouvernement Fillon, présenté à l’Assemblée nationale dès le mois de juillet, conduit, en cas de récidive, à faire juger les adolescents âgés de 16 à 18 ans comme des majeurs. En clair, les adolescents concernés seront traités comme des adultes.

Des professionnels de l’enfance, magistrats, avocats, pédopsychiatres, éducateurs, enseignants, spécialistes de la jeunesse lancent un appel pour que soit conduite une évaluation des politiques publiques, en concertation avec tous les acteurs concernés, et que soient attribués des moyens sérieux aux politiques qui permettent l’éducation des adolescents.

 

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