Le monde de Guy Rouquet

Animateur du site psyvig, pourfendeur de charlatans et expert autoproclamé en psychothérapies, Guy Rouquet a participé à un colloque à Brest le 16 novembre. Dans son exposé, qu’on peut lire sur son site, il y fait état d’une situation paradigmatique : une femme a été manipulée par un informaticien qui avait monté un site sur les border line pour récupérer sa concubine manipulée par sa mère, mais en fait c’est le mari qui manipulait la patiente qui en fait n’est pas une patiente puisqu’elle a été manipulée… Au fait, c’est quoi la formation de M. Rouquet ?

Les associations de patients et l’Inserm

Dialogue avec des méconnus

par Gérard Miller

(texte lu par son auteur lors du Forum des psys du 09 avril 2005)

Après le retrait du rapport de l’INSERM sur les psychothérapies du site du Ministère de la Santé, on n’a pas cessé d’entendre, chez les comportementalistes et leurs amis, la même antienne, chantée pour impressionner et faire taire leurs détracteurs : ce rapport aurait été diligenté par deux associations, l’une regroupant des patients, l’autre leurs familles.

Désireux de vérifier la véracité de cette information, j’ai demandé un rendez-vous aux responsables de ces deux associations, que je ne connaissais pas, et qui ont tout de suite accepté, avec une grande cordialité, que nous nous rencontrions. Ils m’ont autorisé à faire état publiquement de notre échange, même si, bien évidemment, ce que j’ai retenu de leurs propos, que je mettrai entre guillemets, n’engage que moi.

C’est ainsi que je me suis entretenu avec Mme Claude Finkelstein, présidente de la FNAP Psy (Fédération Nationale des Patients et ex-Patients en Psychiatrie), et de M. Bertrand Escaig, vice-président de l’UNAFAM (Union Nationale des Amis et Familles de Malades Mentaux).

Je le dis d’emblée : ce qu’ils m’on appris m’a sidéré, révélant à mes yeux ce que j’appellerai un véritable détournement de demande.

Pour donner quelques repères, tels qu’ils m’ont été communiqués, sachez d’abord que l’UNAFAM a plus de 40 ans d’existence et déclare regrouper 12.000 familles, les patients concernés ayant quasiment tous « une pathologie psychotique très lourde ». LA FNAP Psy, elle, existe depuis 12 ans et déclare regrouper 4500 patients et ex-patients en psychiatrie, « toutes pathologies confondues ». D’après M. Escaig, moins de 10% des patients concernés par son association seraient (ou auraient été) en psychothérapie (c’est, bien sûr, m’a-t-il précisé, « un ordre de grandeur »), et très peu en psychanalyse. D’après Mme Finkelstein, 30% des patients et ex-patients concernés par son association, seraient (ou auraient été) en psychothérapie, et 10% en analyse.

Nul doute, au départ, que ces deux associations, étaient bien « demandeuses ». Mais demandeuses de quoi ? toute la question est là.

Ces deux associations souhaitaient d’abord que les pouvoirs publics les écoutent et prennent en compte la souffrance de leurs adhérents, auxquels elles-mêmes apportent de l’aide quotidiennement. Elles souhaitaient ensuite pouvoir s’orienter dans le « maquis thérapeutique », pour reprendre l’expression de M. Escaig et, concernant notamment les psychothérapies qui nous intéressent ici, elles attendaient du Ministère de la Santé qu’il leur en facilite « et la compréhension et l’accès ».

Allons, du coup, à l’essentiel.

Ont-elles, ces deux associations de patients et de familles de patients, demandé un rapport à l’Inserm ? Absolument pas. Ont-elles été consultées sur le choix des experts ? Non, bien évidemment, les « spécialistes » nommant les « spécialistes ». Ont-elles pu au moins discuter, voire contester — pourquoi pas ? — la méthode d’évaluation choisie pour « répondre à leur demande » ? Pas davantage. Soyons encore plus précis. Un seul des patients que ces associations défendent et pour le bien desquels on était supposé agir, un seul de ces patients a-t-il été… ne serait-ce qu’écouté une heure par les experts ? Jamais, même pas cinq minutes. Un seul patient a-t-il pu infléchir quoi que ce soit, avoir la moindre influence, même lointaine, même indirecte, sur le travail des experts, à un moment quelconque de leur évaluation ? Au début, au milieu, à la fin ? Ecoutez, ça ne s’invente pas : les responsables de l’UNAFAM et de la FNAP Psy m’ont raconté avoir appris les conclusions du rapport qu’ils étaient supposé avoir commandité… en lisant Le Monde, comme si, s’étant emparé de leur demande pour produire leur objet scientifique mal identifié, les experts les avaient laissés tomber au final comme des kleenex.

Bref, pour le dire sans ambages, ce que je retiens de ce que m’ont rapporté Mme Finkelstein et M. Escaig, c’est que ces experts ont plus que mal traité leurs supposés commanditaires, sans prêter attention un seul instant à la réalité de leur souffrance, à leur expérience réelle, en prenant simplement prétexte de leur demande pour arriver à leurs fins.

Tenez-vous bien : « en un an et demi ou deux ans » qu’aurait duré l’enquête scientifique des experts, les responsables de l’UNAFAM et de la FNAP Psy m’ont dit ne les avoir rencontrés, « en tout et pour tout que cinq fois deux heures », et attendez : ils ne les ont rencontrés… que pour les écouter faire le récit à sens unique des avancées de leur recherche « scientifique ». Enfin, je dis « cinq fois » : il y a eu cinq rendez-vous, mais très rapidement, la FNAP- Psy a, selon l’expression de sa présidente, «  lâché le fil » et l’UNAFAM, elle, a purement et simplement décroché, envoyant pour la représenter auprès des experts Mme Delbecq, personne apparemment très sympathique, mais qui n’était autre que… la représentante que l’INSERM avait détachée à mi-temps auprès de l’UNAFAM pour l’aider, notamment, « à mieux appréhender ce qu’était la recherche » !

Je ne trahis pas le point de vue de Mme Finkelstein qui, par ailleurs, m’a dit ne pas en vouloir à l’INSERM ou à ses experts et détester les « querelles de chapelles » (pour être franc, j’ai trouvé, du côté de l’UNAFAM, la même miséricorde à l’égard de l’INSERM, et la même volonté de ne prendre parti ni pour ni contre les TCC, ni pour ni contre la psychanalyse), je ne trahis pas le point de vue de Mme Finkelstein en la citant : « J’ai très vite compris que ce que nous avions demandé, nous ne l’aurions pas. »

« Mais qu’avez-vous tout de même retenu de ces rencontres avec les experts, aussi épisodiques qu’elles aient été ? », lui ai-je demandé. « La seule chose que j’ai retenue, m’a-t-elle répondu, c’est que les experts étaient très fatigués de lire toute la littérature anglo-saxonne qu’ils devaient analysée, vraiment très fatigués. »

J’ai cru bon d’insister : « Et vous n’avez pas réagi quand ils vous dit qu’ils allaient faire l’impasse, et sur la parole des patients dont votre association se veut respectueuse, et sur la psychanalyse en tant que telle, ou même simplement sur toute la littérature clinique française, qu’ils ont délibérément ignorée ? » « Mais si, ça m’a fait sauter en l’air, m’a-t-elle encore répondu. Mais ils m’ont expliqué qu’ils ne s’occupaient, premièrement, que de ce qui était publié, deuxièmement, que de ce qui était considéré par eux comme scientifique, et qu’on ne trouvait ces deux conditions réunis que dans les publications anglo-saxonnes dont ils avaient fait la liste. » CQFD. Et c’est alors qu’elle m’a dit : « A partir de ce moment-là, je vous avoue que j’ai quelque peu lâché le fil parce que ça me dépassait. »

Concluons. Même si leur ton est resté amène (« Cette expertise était une opportunité à saisir… Même incomplète, elle a le mérite d’exister… C’est mieux que rien… »), de la chape de plomb qui s’est abattue sur leur « demande », les responsables des associations que j’ai rencontrés, m’ont parlé avec beaucoup de justesse : « Notre demande a été sans aucun doute canalisée sur l’outil « expertise collective », outil que nous n’avions nullement choisi. Or en quoi cet outil consiste-t-il ? A lire la littérature scientifique publiée. Une fois qu’on a admis ça, on a admis le reste. » Ou encore : « En fait, on savait d’avance que c’était ce rapport et pas un autre qui serait produit. Vu les ingrédients qu’on avait mis dans la casserole, le plat ne pouvait pas être différent. » Mme Finkelstein et M. Escaig sont tout sauf des naïfs…

C’est d’ailleurs en m’appuyant sur l’entretien que j’ai eu avec eux, que, sous forme de fable, j’explique désormais ce qui s’est passé à ceux qui ne le savent pas.

Imaginez que des personnes qui s’interrogent sincèrement sur les libertés fondamentales, par exemple, vous demandent avec insistance, parce que vous avez l’air sérieux et bien disposés, d’« évaluer » celles-ci. Vous acceptez et vous vous mettez au travail. Vous n’interrogez personne, vous n’allez enquêter sur aucun terrain, mais, par contre, vous vous entourez de huit experts, dont six appartiennent au Comité d’évaluation Joseph Staline et deux à l’Association pour l’Etude et la Modification des Comportement Dissidents. Puis, en toute « objectivité scientifique », vous décidez de ne lire ensemble que la littérature officielle soviétique de 1917 à 1989, corpus impressionnant et qui force le respect (vous êtes d’ailleurs très fatigués de lire tout ça !), et au terme de deux années d’efforts, vous concluez que vous avez répondu à la demande de ceux qui vous ont fait confiance. Vous êtes d’ailleurs heureux de leur apprendre, sur la base du bon millier de textes que vous avez étudiés, que les bénéfices de la liberté sont très limités dans la quasi totalité des cas (93%), et que, par contre (ô surprise !), l’autoritarisme d’Etat se révèle globalement très positif, surtout pour ceux qui l’exercent ou en profitent.

A l’intention des adhérents de l’UNAFAM et de la FNAP Psy, que j’espère avoir l’occasion de rencontrer un jour prochain, je me permettrai d’ajouter cette modeste et ultime recommandation : « La prochaine fois que vous aurez une demande, méfiez-vous des autorités académiques si elles vous disent : « Nous allons bien évidemment y répondre ». Avec elles, c’est toujours comme ça que les ennuis commencent. »

Les neurosciences appellent à la prudence quant aux TCC

Les neurosciences appellent à la prudence quant aux TCC

La thérapie cognitive serait contre-indiquée dans certaines dépressions

Selon un article paru en Août 2007 dans "The journal of neurosciences", certains sujet déprimés ne pourraient "contrôler" leurs émotions par la pensée, au contraire de sujets-tests. On peut ne pas partager l'opinion des chercheurs selon laquelle ce qu'ils observent serait la cause, et non pas un effet, de ladite dépression. Néanmoins la conclusion qu'ils tirent : "il existe un groupe de patients dépressifs pour qui la thérapie cognitive traditionnelle peut être contre-indiquée", n'est pas sans rappeler le jugement émis par Eric Laurent sur le Guide Inpes (LNA7) quant à "l'incohérence d'appeler le sujet déprimé à des efforts supplémentaires alors qu'il n'en peut mais". On se souviendra aussi du jugement douloureux d'un Philippe Labro au fond de sa déprime quant à sa thérapie cognitive : "Quand je l’écoute parler de thérapie cognitive, quand elle me confie des petits livres rouges qui expliquent tout cela, et je dois lire ces livres après l’avoir quittée, quand elle me demande, pour les prochaines séances, de dresser une liste de ce que je n’aime pas chez moi, ce que je pourrais corriger, ce que je me crois capable de faire ou de ne pas faire – je ne prends pas l’exercice au sérieux. Elle s’en est vite aperçue et m’en a parlé. Je lui ai menti : « Non, non, tout va bien, je vous suis, je vous fais confiance. » Elle a continué, luttant contre le courant. Logiquement j’aurais dû arrêter, mais j’avais peur de la vexer et de lui dire la vérité : « ça ne va pas, je ne suis pas plus fait pour vous que pour moi. Je ne comprends pas bien ce pouvoir de pensée positive que vous m’expliquez. Ou plutôt je le refuse, vous me récitez une leçon que je ne peux pas suivre."

La dépression clinique serait liée à une anomalie du cerveau

Par Jean Etienne, Futura-Sciences

Pour la première fois, un lien semble être établi entre la dépression clinique et une anomalie du cerveau. Cette découverte pourrait ouvrir la voie vers de nouvelles possibilités de traitement et de guérison de cette maladie particulièrement invalidante.

Une équipe de chercheurs formée de psychologues et de psychiatres de l'UW-Madison School of Medicine and Public Health (université du Wisconsin) et du Waisman Center, conduite par Tom Johnstone, spécialiste de l'étude des interactions entre émotion et cognition, a mené une série d'expériences inédites sur deux groupes de patients, l'un en parfaite santé, l'autre souffrant de dépression.


Tom Johnstone (université du Wisconsin)

"Il est normal que certaines personnes montrent des réactions négatives dans certaines circonstances", déclare Tom Johnstone. "Mais le processus qui conduit à un état dépressif grave n'est pas simplement enclenché par une réaction négative à une situation négative, mais par l'incapacité de certains individus à s'extraire de cette situation émotive où ils s'enlisent. Ces personnes semblent souffrir d'un déficit dans leur capacité à contrôler leurs émotions", poursuit-il.

Afin de déterminer si une région précise du cerveau pouvait être à l'origine de l'état dépressif, et tenter d'en élucider le processus, les chercheurs ont examiné les cerveaux des deux groupes de patients par IRMf (Résonance Magnétique Fonctionnelle), une technique qui permet d'en visualiser l'activité en trois dimensions. Ils leur ont ensuite présenté plusieurs séries de photos susceptibles d'enclencher de fortes réactions émotives, comme des représentations d'accidents ou d'animaux agressifs, et ont déterminé les zones d'activité cérébrales.

Ensuite, les participants ont été invités à travailler sur leur mental afin de réduire le niveau de leurs émotions, par exemple en imaginant des conséquences moins dramatiques aux situations présentées, ou en se convainquant que les scènes étaient en réalité interprétées par des acteurs.

"Nous leur demandions de rectifier mentalement la signification de ce qu'ils voyaient, plutôt que de combattre l'émotion engendrée en utilisant une quelconque distraction", déclare Johnstone, "afin de stimuler les zones cognitives du cerveau en réinterprétant le contenu émotif d'un stimulus".

Les volontaires des deux groupes ont présenté une forte augmentation de l'activité dans les zones corticales préfrontales de leur cerveau, connues pour abriter le centre de l'émotion, comme cela était d'ailleurs prévu. Mais une très nette différence a été observée à l'intérieur des centres émotifs eux-mêmes, et plus particulièrement au niveau d'une petite structure située profondément dans le cerveau, nommée l'amygdale, un groupe de neurones impliqué en particulier dans la peur et l'agression.

Une observation surprenante

Chez les personnes normales, on observait une forte corrélation entre la forte activité des centres de la réflexion engendrée par les pensées positives et une réduction significative de l'activité des centres émotifs. Autrement dit, elles arrivaient à contrôler leurs réactions émotives. Par contre, la forte activité des centres émotifs ainsi qu'au niveau de l'amygdale persistaient chez les personnes souffrant de dépression, en dépit de l'activité intense de ces mêmes centres de réflexion.

Ce résultat suggère que, si les personnes en bonne santé arrivent à réguler pertinemment leurs émotions par un effort conscient, les dépressifs souffrent d'un dysfonctionnement des circuits neuronaux nécessaires à ce processus.

Bien que les chercheurs n'aient encore pu localiser le siège exact de l'anomalie, l'hypothèse d'une rupture de la communication qui empêcherait au signal d'amortissement de parvenir au centre émotif semble la plus plausible. Selon Johnstone, le processus engagé pourrait conduire à un effet inverse de celui recherché, l'effort produit pour imaginer des images positives pouvant se heurter à une barrière mentale, et revenir amplifier les émotions négatives d'origine. On observerait alors un enfoncement progressif du patient dans sa propre maladie, toute tentative consciente ou suggérée pour l'en sortir étant susceptible d'encore aggraver son cas.

Des résultats prometteurs

"Ces résultats démontrent qu'il existe un groupe de patients dépressifs pour qui la thérapie cognitive traditionnelle peut être contre-indiquée", déclare Richard Davidson, membre de l'équipe.

Les résultats de cette étude, publiée dans Journal of Neuroscience du 15 août 2007, pourront aboutir à développer de nouvelles stratégies de traitement de la dépression et d'autres troubles d'ordre psychiatrique.

"La médecine dispose aujourd'hui de thérapies pouvant viser très précisément de nombreux circuits du cerveau. Dès que nous comprendrons quels centres sont précisément impliqués dans l'état de dépression clinique, nous pourrons agir avec efficacité", annonce en substance Tom Johnstone.

Source principale : Journal of Neuroscience (15 août 2007).

Amygdale (en rouge). Source: University of Washington Digital Anatomist Program.
Amygdale (en rouge). Source: University of Washington Digital Anatomist Program.

 

Inserm : l’anti Picasso

L'inserm : je cherche, je ne trouve pas 

Un colloque organisé par l'Inserm en toute discrétion

Nous apprenons fortuitement la tenue d'un nouveau colloque de l'Inserm, dont même certain responsable de haut niveau à l'Inserm ne semble pas avoir eu connaissance avant nous. Lors du dernier colloque au sujet des troubles des conduites avait pourtant été annoncée la tenue d'une nouvelle manifestation au sujet des psychothérapies. Au-lieu de ça, un colloque sur la méthodologie. On peut parler de discrétion, de retrait même si l'on compare la situation aux fanfares qui accompagnèrent la publication des quelques premières "expertises" de l'Inserm en santé mentale. Une recherche sur le site de l'Institut ne nous renseignera pas plus. Il faut préciser que l'on est habitué à devoir… chercher sur ce site, dont le moteur de… recherche ne semble jamais très productif. De là à en conclure sur l'efficacité de l'Institut en matière de… recherche… il y a peut-être un pas. Quoique.

Picasso, quant à lui, ne cherchait pas. Il trouvait.

Pierre Sidon 

Méthodologie de l'évaluation en psychiatrie et en santé mentale

30 mai 2007
Ministère de la Santé et des Solidarités
Le colloque Trouble des conduites : de la pratique à la recherche organisé par l'Inserm le 14 novembre 2006 a fait surgir de nombreuses questions sur la méthodologie de l'évaluation en psychiatrie et en santé mentale.
L'Inserm organise sur ce thème majeur un nouveau colloque, principalement destiné aux chercheurs et aux cliniciens désireux de s'impliquer dans la recherche clinique. Les différentes méthodes d'évaluation en psychiatrie et en santé mentale seront présentées. Les innovations les plus récentes seront illustrées par des exemples concrets de recherches originales, portant notamment sur l'évaluation des troubles du comportement et de
l'efficacité des psychothérapies.    (suite…)

Accoyer Ministre ?

Accoyer enfin hors jeu ? 

Dans Le Monde ce soir :

« Avec la percée de François Bayrou, M. Raffarin ne peut plus vraiment plaider la carte centriste pour revendiquer la présidence de l'UMP. Il promet d'être "un super directeur des ressources humaines pour faire émerger une nouvelle génération au sein du parti". Et de consoler tous les exclus du gouvernement à 15 ministres promis par M. Sarkozy. Il a déjà commencé sa "câlinothérapie" lundi 16 avril, à Cluses et à Bonneville (Haute-Savoie), avec Bernard Accoyer. L'ancien président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, longtemps présenté comme "ministrable", semble hors circuit. »

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-898423@51-823374,0.html

Restent les législatives… 

Adieu M. Accoyer !

 Suicide d'un pistolero

Aujourd'hui, 31 janvier 2007, après le coup de force du Président du groupe parlementaire UMP, coup de force rejeté par le Sénat, la Commission Mixte Parlementaire a rendu son amendement. Elle met fin à l'action solitaire et vengeresse du député Accoyer en inscrivant dans la loi le rôle formateur des Ecoles et Instituts de formation privés avant même la publication des décrets du Ministre quant au premier amendement Accoyer ! 

Encore une fois, après Vasseur et Cottraux, la démesure et la haine ont produit – et hâté même – leurs effets destructeurs… sur leurs auteurs mêmes. Adieu M. Accoyer ! Force reste à la raison, à la transparence et à la concertation démocratique. 

Après trois années de combat de la coordination psy, c'est l'apaisement qui s'amorce. En guise d'épilogue, regrettons simplement le silence assourdissant de tant de nos proches collègues psychiatres dans cette dernière passe d'arme. A vouloir s'arroger la psychothérapie au prétexte qu'ils seraient "psychothérapeutes par nature" (sic), c'est la psychiatrie qu'ils ont délaissé dépérir. 

Pierre Sidon

(suite…)

Le Sénat a voté la supression des 2 amendements Accoyer

 Le Sénat a voté hier soir la suppression des 2 amendements Accoyer  

Instantanés de l’InterCoPsychos – N°208 -Jeudi 25 janvier 2007

Jean-François Cottes


Le Sénat a voté hier soir tard la suppression des Amendements Accoyer. Voir le compte-rendu provisoire du débat et des votes. Lire en particulier les déclarations de M. Xavier Bertrand. On y apprend que le CNESER (Instance universitaire) a donné son accord pour la dernière version du décret.

La prochaine échéance est la réunion d’une Commission Mixte Paritaire, dont nous allons nous inquiéter.

 

(suite…)

Communiqué de la SARP sur les nouveaux décrets Accoyer

 Un psychothérapeute à la tête du groupe UMP de l’Assemblée ! La SARP n’est pas d’accord !

par Jean-Daniel Matet, Président de la SARP

Trois ans après sa première campagne parlementaire visant à réglementer la pratique des psychothérapies, Monsieur Accoyer, manifestement insatisfait du dialogue qui s’est instauré sur ces questions entre les professionnels et le gouvernement, a décidé de passer en force. Cette fois, il ne proteste plus de sa bonne foi à l’égard des psychothérapeutes bien formés car les préjugés méprisants sont sur le devant de la scène, assortis d’insinuations diffamatoires à l’endroit de ceux qui ont négocié avec le gouvernement.

Le Président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, médecin de formation, veut protéger la population contre les actions des sectes, évoquant sans cesse les dangers que celles-ci font courir à se déguiser en psychothérapeutes. Que des sectes aient utilisé les voies de la promesse thérapeutique pour attirer à elles des esprits faibles n’est pas contestable, mais pourquoi le député Accoyer veut-il à ce point en faire porter la responsabilité à l’ensemble des psychothérapeutes ? Certains médecins eux-mêmes ne font-ils pas valoir, de bonne ou de mauvaise foi les promesses thérapeutiques des techniques qu’ils veulent promouvoir ? Faut-il le reprocher à l’ensemble des médecins sous prétexte que bien des essais thérapeutiques, de mise au point de nouvelles techniques, ne se font pas sans risque pour la vie même de ceux que l’on veut soigner. Personne ne songe à interdire la pratique médicale et l’innovation thérapeutique qui en fait sa force et c’est pourtant une telle interdiction que Monsieur Accoyer est en train de faire passer avec son cavalier législatif, en glissant un article concernant la pratique des psychothérapeutes dans une loi sur les médicaments. En confiant aux seuls médecins et psychologues formés par l’Université la reconnaissance des psychothérapeutes, il détruit tous les efforts que les organisations professionnelles ont prodigués pour former, encadrer, garantir les pratiques psychothérapeutiques de leurs membres et il privilégie une approche des faits psychiques et de leur pathologie par la seule pharmacologie ou par le comportementalisme qui fait valoir aujourd’hui ses titres de noblesse scientistes dans les facultés de psychologie. Il dénie la dimension pratique de la formation que le praticien s’impose le plus souvent à lui même (psychanalyse personnelle en particulier) et cherche à gommer la part subjective, qui dans la relation, ne s’attrape ni par les molécules, ni par des injonctions comportementales. L’appui sur la relation intersubjective fait pourtant le fonds de 70 % des pratiques en psychiatrie.

C’est une destruction programmée de nombreux centres de formations cliniques et d’enseignement qui est à l’œuvre sous prétexte d’intérêts financiers, argument cocasse, quand on connaît les difficultés de la collectivité à financer les soins qu’elle a déjà en charge. D’où parle cet homme qui considère que cette dimension qui vise l’intime pourra disparaître des préoccupations de citoyens qui pourtant les prenaient en charge eux-mêmes ? Pourquoi privilégier la filière universitaire exclusive où le complexe médico-comportementaliste tente de s’imposer si ce n’est pour accréditer l’idée que seuls les médicaments et les TCC seraient susceptibles d’assurer l’arsenal thérapeutique des symptômes psychiques. Les psychiatres de la SARP ne peuvent pas laisser dire une telle contre-vérité et invitent leurs confrères à méditer ce qui se joue pour les psychothérapeutes. C’est le même mouvement qui cherche à faire entrer toutes les pratiques psychiatriques dans l’ensemble économico-épistémologique de la médecine, à l’hôpital comme en ville, sous prétexte du progrès scientifique. Déjà au début du XXème siècle, ces arguments étaient utilisés pour invalider les découvertes de la psychanalyse, et ce discours n’a pas beaucoup changé. La raison est combattue au nom de la vérité scientifique et la rigueur de ce qu’un Lacan a su lire dans le discours des sujets psychotiques est méprisée.

La SARP refuse que la psychiatrie, avec son histoire, ses acquis, comme ses erreurs, soit balayée au nom d’une science thérapeutique dont les résultats sont loin d’être à la hauteur des espoirs qu’ils font naître, où la clinique est réduite à la statistique sémiologique et l’acte du praticien à l’application des protocoles mis en place par les recherches qui ont partie liée à l’industrie du médicament, jusqu’au scandale, comme régulièrement la presse spécialisée en donne des exemples.

La SARP, considérant que la provocation législative de M. Accoyer est l’expression des forces les plus réactionnaires de notre société qui veulent aussi en finir avec la psychiatrie relationnelle, se félicite des actions entreprises par la coordination psy pour soutenir les psychothérapeutes injustement menacés et veut témoigner que les psychiatres ne seront pas complices de ces manoeuvres.

Sénat : rejet en Commission des Affaires sociales des deux amendements Accoyer

Le Snppsy communique

Mercredi 17 janvier 2007 — 14:00

La Commission des Affaires sociales a voté à l'unanimité la suppression des deux amendements nouveaux Accoyer, et proposera cette position au Sénat le 24 en séance publique (à partir de 15:00).

M. Barbier rapporteur UMP, a bien essayé de rédiger un amendement de compromis. Mais ça n'a pas été accepté : tous les sénateurs, y compris UMP ont considéré que tout cela devait être supprimé. Une telle prise position constitue une autorité forte.

La position M. Barbier refusée, il en découle qu'en séance publique aucun amendement médian de la Commission pour changer quoi que ce soit au système Accoyer ne sera proposé. La suppression seule est envisagée.

Devant le Sénat, soit le ministre Xavier Bertrand adoptera cette ligne, soit il tentera un compromis. Il pourrait alors faire une proposition médiane intégrant la fameuse phrase "ou par des organismes agréés par l'État". Ainsi se voit de toute façon ruinée la tentative Accoyer de mise à mort de la psychothérapie relationnelle par liquidation de ses écoles.

Que va-t-il se passer ensuite ? il serait ennuyeux qu'en CMP (Commission mixte parlementaire) Accoyer tienne sa chose si vigoureusement qu'il parvienne à faire changer d'avis les sénateurs. Peu probable, vu la position sénatoriale d'unanimité.

Il s'agit d'un très bon résultat. Cela prouve que M. Accoyer n'est déjà plus dans la position du plus fort. Il va falloir bien entendu continuer d'être vigilant. En clair c'est pas gagné mais voici un très bon point de marqué aujourd'hui. Tout le monde s'est mobilisé et a manifesté sa détermination : la psychothérapie relationnelle vivra !

Philippe Grauer

Jean-Luc PREEL, député UDF, dénonce les restrictions à l’exercice du métier de psychothérapeute

L’UDF dénonce la manœuvre qui restreint l’exercice du métier de psychothérapeute

PROJET DE LOI PORTANT DIVERSES DISPOSITIONS D'ADAPTATION AU DROIT COMMUNAUTAIRE DANS LE DOMAINE DU MEDICAMENT

source : UDF

Jean-Luc Preel – 12.01.07

Jean-Luc PREEL , député de Vendée et porte-parole du Groupe UDF sur les questions de santé, dénonce le cavalier législatif, consistant à poser par voie d’amendement sur le texte portant adaptation du droit communautaire dans le domaine du médicament, des restrictions à l’exercice du métier de psychothérapeute .

Un décret gouvernemental visant à encadrer l’exercice de la profession était attendu depuis plus de deux ans. La concertation engagée à cette fin par le gouvernement a été prise de court par un amendement de l’UMP, voté par elle seule, venant préciser que la profession sera désormais soumise à l’autorisation d’une commission régionale composée de médecins et de psychologues diplômés.
Jean-Luc PREEL avait déclaré lors de l’examen de l’amendement Accoyer sur la loi d’août 2004 relatif à la politique de santé publique qu’ « il aurait été judicieux que l’agrément relève de l’Office national de la psychothérapie ».

L’UDF regrette cette manœuvre et aurait souhaité comme à l’origine, un débat plus large, effectué en concertation avec tous les professionnels concernés sur l’exercice de la psychologie en général.

Jean-Luc PREEL
Député de Vendée
Porte-parole du Groupe UDF sur les questions de santé

Nouvel amendement Accoyer

 Pourquoi les nouveaux amendements Accoyer ne lèvent-ils pas les contradictions du premier ?

par Jean Pierre Sueur, Sénateur du Loiret

Source : www.oedipe.org 

S’employer à définir les conditions d’exercice de la profession de psychothérapeute n’est pas a priori contestable. On peut considérer, tout au contraire, que cette tâche est utile, nécessaire, et donc légitime.

Ce qui, en revanche, est hautement contestable, c’est l’acharnement à vouloir accomplir cette tâche sur la base d’un texte totalement contradictoire dans ses termes et c’est le consentement à ce que cette question légitime soit continuellement instrumentalisée par d’autres causes et tout particulièrement par la croisade que mènent un certain nombre d’adeptes du comportementalisme et des thérapies cognitivo-comportementales pour tenter de disqualifier à la fois la psychanalyse et les psychothérapies relationnelles.

Les deux nouveaux amendements que M. Accoyer vient de faire adopter à l’Assemblée Nationale relèvent de cette double dérive.

(suite…)

Rapport sur la secte parlementaire des scienteux supremacistes

Le prétexte sectaire

ou Le Retour d’Accoyer

par Jean-François Cottes

Instantanés de l’InterCoPsychos — Nº201 Vendredi 22 décembre 2006 http://www.intercopsychos.org/

 

La Commission d’Enquête de l’Assemblée Nationale relative à l’influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs — Président M. Georges Fenech, député UMP, Rapporteur M. Philippe Vuilque, député PS — vient de remettre son rap­port. Elle a été créée par l’Assemblée Nationale le 28 juin 2006. Ce rapport s’inscrit dans la série des rapports annuels des Missions Interministérielles de Lutte contre les Sectes — la MILS, puis la MIVILUDES, ainsi que ceux remis par les deux précédentes commissions d’enquêtes parlementaires.

On se souvient que le rapport 2000 de la MILS avait été cité dans les justifica­tions de l’amendement Accoyer: certains mouvements de psychothérapie au­raient servis de base à des pratiques sectaires. On sait qu’il y a peu, certaines organisations ont brandi le risque sectaire comme justifiant la mise en place d’une formation strictement universitaire à la psychopathologie, telle qu’elle est prévue par l’article 52 de la loi de Santé publique du 9 août 2004 sur le titre de psycho­thérapeute.

À cette adresse : http://www.assemblee-nationale.fr/12/dossiers/commission_enquete_sectes.asp

vous pourrez lire l’ensemble des travaux de la commission, sa composition, la résolution de création de cette commission, le rapport lui-même ainsi que ses annexes et les comptes-rendus d’audition.
[ Rapport intégral accès direct: http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-enq/r3507.asp ]

À de nombreuses reprises il y est question des psychothérapies et des psycho­thérapeutes. Notamment de la page 169 à la page 179 du rapport, dans le chapi­tre: «D’une absence de contrôle des activités des psychothérapeutes».

Il faut aussi lire les auditions de MM. Rouquet (Psychothérapie-Vigilance), Basset (DGS) et Brunelle (Conseiller du Ministre de la Santé), et Houssin (Directeur Gé­néral de la Santé). On pourra aussi lire l’audition haute en couleurs de M. le Pro­fesseur Marcel Rufo.

Il y a beaucoup à relever et à commenter.

Intéressons-nous d’abord au rapport lui-même.

Et en premier, il faut répondre à la question: qu’est-ce qui justifie l’examen de la question de la psychothérapie dans un tel rapport? Voici la réponse du rapport:

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Xavier Bertrand aux prises avec l’article 52 : un avis d’expert

 Souffrance psychique et coupe-gorge juridique 

par Jean-Pierre SUEUR, Sénateur du Loiret

Nous avons exposé, dans plusieurs articles[1], que ce qu’il est convenu d’appeler « l’amendement Accoyer », devenu l’article 52 de la loi du 9 août 2004, étant strictement contradictoire dans ses termes, toute tentative qui consisterait à écrire un texte d’application de cet article était inexorablement vouée à l’échec. Philippe DOUSTE-BLAZY en avait logiquement tiré la conclusion qu’il ne publierait pas de décret à partir de ce texte.

Son successeur au ministère de la Santé, Xavier BERTRAND, semble, lui, s’en tenir à cet axiome simple : une loi a été votée, elle prévoit un décret, il faut donc le faire, et nous le ferons.

Le parlementaire que je suis est habitué à attendre très longuement – beaucoup trop longuement ! – la publication des décrets. Il devrait donc logiquement se réjouir de cette volonté du ministre de publier un décret, tant est inacceptable le pouvoir exorbitant que s’arrogent trop de ministres de décider… de ne pas appliquer une loi pourtant votée par le Parlement en s’abstenant purement et simplement de publier les décrets : c’est, hélas, très fréquent.

Mais dans ce cas précis, le raisonnement ne tient pas, ne vaut pas, pour la simple raison que le texte de la loi est contradictoire.

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Rapport 2006 de la Miviludes : une bien mauvaise appréhension de la psychothérapie

 Descartes : pas philosophe, selon un conseiller du Ministre de la santé, en charge des questions de psychothérapie 

Est paru, le 12 décembre 2006, un nouveau rapport de la MIVILUDES (commission d’enquête relative à l’influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs). La psychothérapie (pp. 169 – 179) y fait partie intégrante du "domaine de la santé". Les auteurs y utilisent à plusieurs reprises le vocable de "déviant". Notamment : "psychothérapie déviante". On comprend qu'il s'agit de la déviance par rapport aux standards qu'a tenté d'imposer l'expertise collective de 2004 réalisée par l'Inserm. En tant que technique de soins, la psychothérapie doit donc être évaluée… Et cela doit se faire "plus scientifiquement". Soit : de façon "cartésienne"… et non pas "philosophique"… Descartes, pas philosophe : Pr. Brunelle dixit (Pr. Brunelle, radiologue pédiatrique), conseiller du ministre de la santé, en charge de la psychothérapie.

Un faux canular ébourrifant met en cause un projet de décret de l’article 52

Institut des hautes études en psychanalyse
IHEP.fr
« Intersection
Psychanalyse / Science politique, Droit »
21 avril 2006, ci-dessous DEUXIÈME Lettre ouverte 12+6 p.
au Ministre de la Santé
sur les mesures d’application de l’article 52
de la loi du 9 août 2004, relatif à l’usage
du « titre de psychothérapeute » :
Lettre relative au Projet de Décret en date du 7 avril 2006
Voir la PREMIÈRE Lettre ouverte, du 7 mars 2006
En raison de la teneur de raisonnement en particulier juridique de cette lettre ouverte, le nombre de signataires importe peu. Les personnes intéressées à s’associer à signature de la lettre ouverte ci-dessous peuvent cependant le faire à l’adresse : lettre-21-avril-2006@ihep.fr

Lettre ouverte du 21 avril 2006 – 12+6 p.
adressée par René Major
à
Monsieur Xavier Bertrand
Ministre de la Santé et des Solidarités

14, avenue Duquesne
75007 Paris
Monsieur le Ministre,
Je vous remercie de votre réponse à mon courrier précédent du 7 mars 2006, relatif au projet de décret, en date du 10 janvier 2006, d’application de l’article 52 de la loi du 9 août 2004, relatif à l’usage du titre de psychothérapeute. (suite…)