Un commentaire sur le rapport de l’IGAS

Lu sur un blog d’orientation plutôt cognitivo-comportementaliste, mais de bonne tenue par rapport à la psychanalyse, nous semble-t-il, quoique anonyme :

Le rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) sur les accidents en psychiatrie fait déjà couler beaucoup d’encre et de pixels. Certains brandissent les drames et dysfonctionnements pour les généraliser à l’ensemble de la psychiatrie, notamment l’église de scientologie et son CCDH, tandis que d’autres s’insurgent, notamment le Collectif des 39, contre ce qu’ils considèrent comme un appui gouvernemental prônant l’évolution vers une psychiatrie sécuritaire et stigmatisante. Si viser le risque zéro peut effectivement s’avérer préjudiciable à la majorité des patients, proclamer que ces évènements parfois gravissimes, et qualifiés d’exceptionnels, sont un mal nécessaire à l’humanisme et à la liberté de ces mêmes patients relève de la contrevérité la plus abjecte. Entre caricature, stigmatisation, démagogie, manipulation et lâcheté, rares sont les réactions sages et pertinentes.

Lire la suite sur le blog des auteurs… où l’on pourra aussi apprécier le combat de ces praticiens contre la scientologie. Nous ne l’avons parcouru que superficiellement pour l’instant et il ne nous est pas apparu qu’ils s’y livraient à l’assimilation de la psychanalyse à une secte. Nous apprécions cette retenue de leur part, malgré leur style de secte anti-secte, et nous partageons pleinement leur engagement en faveur de la thérapeutique psychiatrique.  

Rapport de l’IGAS : la psychiatrie accidentée

par Pierre Sidon

Coïncidence : quelques jours à peine avant la publication du rapport de l’IGAS[1] sur les « accidents en psychiatrie », nous avons rencontré cette situation dans notre travail :

M. K., est amené au CAC (Centre d’Accueil et de Crise) de l’hôpital psychiatrique par son éducateur car il soliloque, excité, semble anormal et harcèle son entourage, notamment au téléphone. L’infirmière qui le reçoit ne parvient pas à le montrer au psychiatre qui récuse la consultation au motif que le patient est alcoolisé. On les envoie aux urgences de l’hôpital général. Il y est reçu à 14 heures par le chef de service à qui il explique entendre des voix. Il avoue qu’il a bu deux bières avant 10 heures. Son état somatique ne présentant aucune contre-indication, il est réadressé au CAC pour avis psychiatrique. En fin d’après-midi, l’infirmière des urgences, qui a rappelé l’éducateur pour lui signaler un oubli de quelques effets, apprend que le patient n’a pas été hospitalisé. Le soir même, retour de M. K. aux urgences pour examen chirurgical suite à un passage à tabac ; patient accompagné cette fois-ci non plus de son éducateur mais des forces de police car il est en garde à vue. Il est accusé d’avoir, sur la voie publique, tiré une petite fille par le bras, geste qui a alerté les riverains qui se sont acharnés sur lui jusqu’à ce que les forces de police n’interviennent.

(suite…)

Le non-lieu du meurtre de l’hôpital psychiatrique de Pau

Le non-lieu du meurtre de l’hôpital psychiatrique de Pau

 
Le non-lieu dans l’affaire du double meurtre de Pau souligne les carences de la psychiatrie
LE MONDE | 15.12.07 | 14h52  •  Mis à jour le 15.12.07 | 14h52
Cécile Prieur

Article paru dans l’édition du 16.12.07

 

omain Dupuy relève de l’hôpital psychiatrique et non de la prison. En confirmant, vendredi 14 décembre, le non-lieu dans l’affaire du double meurtre d’une infirmière et d’une aide-soignante, la cour d’appel de Pau a réintégré l’accusé dans un statut qu’il n’aurait pas dû quitter : celui de malade, qui nécessite des soins.

 

Son cas, comme celui de Luminita Solcan, meurtrière en 2005 de Frère Roger, prieur de la communauté de Taizé, qui a elle aussi bénéficié d’un non-lieu vendredi 14, met en lumière les carences de la psychiatrie. Ce n’est qu’après avoir commis son crime effroyable que Romain Dupuy a été réellement pris en charge dans l’unité pour malades difficiles (UMD) de Cadillac (Gironde), où il est actuellement hospitalisé. Le secteur psychiatrique, aujourd’hui, multiplie les défauts de soin et n’est plus en mesure d’assurer sa fonction asilaire d’autrefois.

Le passage à l’acte de Romain Dupuy a eu lieu dans les murs de l’institution qui était censée le soigner. Hospitalisé à trois reprises à Pau, en 2003 et 2004, le jeune homme était livré à lui-même depuis plusieurs mois, sans aucun suivi ambulatoire. Il ne prenait plus ses médicaments et se repliait chez lui avec des sabres et des couteaux. Sa mère a expliqué avoir appelé au secours plusieurs fois les psychiatres, en vain. Invariablement, on lui opposait la même réponse sur le manque de place à l’hôpital et l’impossibilité de prendre son fils tant qu’il n’était pas en crise.

Sous l’effet d’une politique de désinstitutionnalisation, le nombre de lits à l’hôpital public a presque été divisé par deux en vingt ans, passant de 75 951 en 1989 à 40 179 en 2005, sans que cette baisse ait été véritablement compensée par la création de structures alternatives.

BÂTIMENTS INSALUBRES

Depuis 2004, on estime que 800 postes de psychiatres sont vacants dans le secteur public, sur un effectif de 4 500 praticiens hospitaliers, créant, par endroits, de véritables déserts médicaux. Résultat, l’hôpital se concentre dorénavant sur le traitement de la crise : à peine stabilisés, les malades sont renvoyés à leurs familles, pour pouvoir accueillir tous ceux qui se pressent à ses portes. Les autres, ceux que l’institution gardait autrefois en son sein, sont condamnés à l’errance. Et, souvent, voués à la délinquance.

C’est ainsi que, lentement, la prison s’est substituée à l’hôpital psychiatrique, notamment par le flux constant des jugements en comparution immédiate. Selon une étude de 2004, 24 % des détenus souffrent de troubles psychotiques dont 8 % de schizophrénie. Impensable il y a encore une dizaine d’années, cette transformation du champ de la santé mentale ne semble plus faire débat. Au contraire, les rares places que les pouvoirs publics envisagent de créer en psychiatrie viennent conforter cette évolution.

Le programme de création d’unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA), petites unités pénitentiaires bâties au sein des hôpitaux psychiatriques, devrait ainsi, d’ici à 2012, permettre l’hospitalisation de plus 700 détenus atteints de troubles psychiques.

La psychiatrie publique, elle, continue de panser ses plaies. Un plan santé mentale 2005-2008 a été décidé suite au drame de Pau. Il a certes permis la création de 1 433 postes d’infirmiers et de psychologues, et de 173 postes de médecins. Mais les crédits se sont surtout portés sur la rénovation des bâtiments hospitaliers, dont certains étaient devenus quasiment insalubres. Surtout, rien n’a été spécifiquement prévu pour augmenter la capacité d’accueil des malades les plus violents, et notamment les places en UMD, pourtant notoirement insuffisantes. D’autres drames du type de Pau sont à craindre si la psychiatrie reste dans l’incapacité de prendre en charge en toute sécurité ses malades les plus difficiles.


 

Monde diplo : les hôpitaux prison

Monde diplo : les hôpitaux prison

Le Monde diplo n’est pas trop pour les hôpitaux prison mais en fait une présentation équilibrée :

 

http://www.monde-diplomatique.fr/2006/07/JOURDAN/13612
juillet 2006 –  Pages 18 et 19
Moins cher que l’hôpital, la prison
Par Virginie Jourdan
Journaliste.

« J’ai suivi un jeune schizophrène condamné à quatre ans d’emprisonnement, après comparution immédiate, pour une tentative de braquage avec une arme ridicule. Il sortait d’un hôpital psychiatrique. L’expertise a conclu à sa responsabilité pénale. Nous avons demandé une contre-expertise, qui a donné un résultat contraire. Mais le magistrat s’en est tenu à sa première décision. » L’histoire que raconte M. Joseph Minervini, psychiatre à temps partiel dans l’unité de consultation et de soins ambulatoires (UCSA) de la maison d’arrêt de Besançon, n’a malheureusement rien d’une anecdote. Elle révèle les mutations concomitantes du milieu carcéral et du dispositif hospitalier de soins psychiatriques. Selon ce médecin, le jeune homme aurait dû, « compte tenu de sa faible dangerosité et de son état de santé », continuer à être suivi par l’hôpital dont il dépendait, non se retrouver en prison.

Dès 2000, l’ex-président de l’Association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire (ASPMP), M. Evry Archer, annonçait que 40 % des entrants présentaient des troubles ou des maladies psychiatriques avérées. En décembre 2004, une étude épidémiologique signalera à son tour que 8 hommes détenus sur 10, et 7 femmes sur 10, souffrent d’au moins un trouble psychiatrique (1). Selon cette étude, 24 % d’entre eux souffrent de troubles psychotiques, 56 % de pathologies anxiogènes et 47 % de problèmes dépressifs. En outre, 20 % ont déjà été suivis par le secteur de psychiatrie générale.

Parmi les raisons de cette recrudescence des malades mentaux dans les prisons, la réforme du code pénal de 1993 qui établit, par l’article 122-1, la responsabilité pénale des personnes dont le discernement « est altéré au moment des faits ». En clair, on considère que la conscience de leur acte a pu être modifiée par la maladie, mais qu’elle n’a pas été abolie. Une nuance délicate qui permet, certes, une reconnaissance du crime pour la victime, mais fait passer au second plan la nécessité du soin psychiatrique pour le condamné. De fait, des vagues de condamnés, qui auraient pu, avant 1993, être jugés irresponsables et suivis par la psychiatrie générale, ou dans une unité pour malades difficiles (UMD), se retrouvent à présent en prison. La proportion des accusés jugés irresponsables au moment des faits, qui s’élevait à 17 % en 1980, est ainsi tombée à 0,17 % en 2001.

La présence du personnel psychiatrique hospitalier en milieu carcéral rassure. Depuis 1986, les détenus malades mentaux ont accès aux soins pendant leur incarcération. Sur le papier, 463 lits d’hospitalisation sont ouverts et répartis à l’intérieur de 26 maisons d’arrêt et centres pénitentiaires. Ces services médico-psychologiques régionaux (SMPR), rattachés à des centres hospitaliers, sont dotés de psychiatres et de personnel infirmier. Si l’état du détenu devient incompatible avec l’emprisonnement et qu’il refuse les soins, les psychiatres des SMPR ne peuvent le contraindre, mais ils ont dorénavant la possibilité de le faire admettre d’office dans l’hôpital de rattachement ou dans l’une des quatre UMD que compte l’Hexagone.

Il est communément admis que les SMPR améliorent la situation des établissements pénitentiaires qui les hébergent. Dans les autres, les UCSA n’assurent, depuis 1994, que des prises en charge inférieures à 48 heures. Le revers de la médaille est le recours plus fréquent à la prison pour régler des situations qui ressortissent au trouble à l’ordre public (lire « Et même la folie a cessé d’être innocente »).

Loin du cliché du condamné en assises pour homicide ou viol, à l’occasion de faits divers sanglants, un nombre croissant de psychotiques arrivent à présent dans le milieu carcéral : 40 % des détenus concernés par ces troubles font l’objet d’une condamnation en correctionnelle.

« Face à la saturation des structures de psychiatrie, comme les hôpitaux ou les centres médico-psychologiques [CMP], nombre de patients restent sans soins et entrent dans une spirale de petits délits qui les mène en prison », explique, en 2004, M. Michel Laurent, alors psychiatre à la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy, avant d’ajouter qu’il lui est fréquemment arrivé de « recevoir des détenus qui, à leur arrivée, sont complètement délirants et déstructurés, et qui n’auraient jamais dû se retrouver en prison ». Même constat à Besançon : « Certains de nos patients ont un profil de malades avant d’être des délinquants, explique M. Minervini. Ils étaient en situation d’errance ou de grande précarité. Ils ont commis de petits larcins. Ou bien ils se sont battus et terminent en correctionnelle ou en comparution immédiate. Ils arrivent en prison sans avoir subi d’expertise. »

Autre réalité tout aussi alarmante : le soin en milieu carcéral peut devenir un argument pour prolonger la détention. « Pour des patients très difficiles, le juge d’application des peines invoque parfois la qualité du suivi thérapeutique et la crainte d’un manque de prise en charge à l’extérieur pour refuser un aménagement de peine », s’alarme M. Laurent. Entouré de 4 psychiatres et de 9 infirmiers, il a eu à suivre entre 200 et 350 détenus de manière permanente sur une année. Soit près d’un tiers des détenus. A côté des situations de toxicomanie, de délinquance sexuelle, d’alcoolisme et de troubles mentaux, il évalue à une quarantaine le nombre de détenus souffrant d’une psychose schizophrénique. Des malades qui passent d’un état « stabilisé » à des phases de paranoïa, de bouffées délirantes, d’agressivité, ou bien à des phases d’extrême angoisse pouvant mener au suicide.

S’il se considère comme bien loti « comparé aux autres SMPR [qu’il a] visités », son constat est sans appel : « Nous suivons des détenus-patients qui ont besoin d’une prise en charge soutenue. Nous ne pouvons pas tous les faire hospitaliser d’office à l’hôpital de rattachement, et certains n’ont pas non plus le profil de l’UMD. »

Indispensable puisqu’il offre des soins aux détenus malades, ce système est débordé. Selon la dernière enquête épidémiologique, la proportion de psychotiques à tendance schizophrénique atteint maintenant 10 % dans les établissements pénitentiaires (2). La population carcérale étant proche de 59 000 personnes, cela signifie que presque 6 000 détenus auraient besoin d’un suivi plus soutenu. Un raz de marée, compte tenu des 463 places officiellement décomptées dans les SMPR.

A cela s’ajoutent des obstacles matériels. Sur le papier, le service de Bois-d’Arcy compte 11 lits d’hospitalisation, « mais en réalité, nous n’en avons aucun », déplore M. Laurent. Question de budget, d’exiguïté des locaux, le SMPR n’assure même pas l’équivalent d’un hôpital de jour, qui garderait les détenus à la journée. La situation de Bois-d’Arcy n’est pas une exception. Le SMPR de Châteauroux n’est pas encore équipé de lits malgré les 13 places qui lui sont imparties, car, entre autres raisons, les postes de psychiatre ne sont pas pourvus. Plusieurs services doivent fermer faute de personnel ou de travaux, comme cela a été le cas à Caen. A Nantes, la situation pourrait paraître meilleure : le SMPR situé dans l’enceinte du centre pénitentiaire compte 16 lits d’hospitalisation à temps plein. Un des psychiatres constate pourtant : « Cela n’a rien à voir avec une hospitalisation normale. Les soins ne sont dispensés que dans la journée. Pendant la nuit, il y a un médecin d’astreinte mais pas de personnel soignant. »

Cette réalité inquiétante va à l’encontre de garanties octroyées par la législation, puisque, depuis 1994, la loi sur l’accès aux soins des détenus impose un principe d’égalité de soins entre le pénitentiaire et l’extérieur. Sur les 26 SMPR, seuls ceux de Fresnes et de Marseille disposent d’une surveillance médicale nocturne permettant d’atteindre l’objectif d’hospitalisation effective. Dans les autres cas, une bouffée délirante aiguë ou une tentative de suicide peut à tout moment devenir tragique.

Alors, pourquoi garder en prison des détenus malades ? Pour l’équipe des psychiatres nantais, une piste de réponse apparaît clairement : « Les détenus-patients sont hébergés dans des cellules que l’on ne peut qualifier de chambres d’hospitalisation, même si curieusement le forfait hospitalier s’y applique, alors que l’administration pénitentiaire fournit chichement le gîte et le couvert. » Une journée en détention ne coûte que 150 euros, quand une journée en hôpital psychiatrique revient à 480 euros…

Du côté du ministère de la justice, on reconnaît la saturation. Dès le 15 décembre 2003, le ministre de la justice Dominique Perben concédait : « Le dispositif sanitaire [hospitalisation d’office, UMD et SMPR] se révèle insuffisant en matière de prise en charge des troubles mentaux compte tenu de l’ampleur des besoins (3). » La loi de programmation 2002 prévoit la création de véritables hôpitaux psychiatriques pour détenus — les unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA).

Le projet ressemble à une bouffée d’oxygène. Mais le rêve pourrait être de courte durée. « D’où viendra le personnel ? Car il faudra bien créer des postes de soignant », remarque Mme Françoise Huck, vice-présidente de l’ASPMP. La question n’a rien d’anodin : les hôpitaux psychiatriques dénoncent eux-mêmes leur manque de personnel. Quant aux places offertes par ces 17 futures UHSA, d’abord estimées à 144, elles devraient finalement atteindre, selon les annonces du ministère de la justice, un total de 700 d’ici à 2010, dont 450 dès 2008. Les SMPR, eux, risquent d’en faire les frais. Ils pourraient perdre leur 463 places d’hospitalisation pour un recentrage sur des soins ambulatoires ne dépassant pas quarante-huit heures. Si les négociations se poursuivent sur ce point, le nombre de lits dans ces services devrait être revu à la baisse.

Destinées en premier lieu à soulager les établissements pénitentiaires, ces UHSA n’infléchiront pas la tendance à emprisonner des malades mentaux. Elles pourraient même l’accentuer. Psychiatre intervenant aux Baumettes, à Marseille, M. Jean-Marc Chabanne se demande, comme nombre de ses collègues, si « la recréation des asiles, par l’instrumentalisation de la psychiatrie, n’est pas à l’œuvre en instituant ces nouveaux lieux de soins spécialisés pour malades mentaux détenus » et si les experts psychiatres n’auront pas tendance à recourir à l’incarcération car, « quelle que soit leur conclusion, ils auront la certitude que le patient sera soigné en milieu sécurisé ».

Ce dispositif risque même de « créer une psychiatrie pénitentiaire pour les malades agités que la psychiatrie générale n’est plus en mesure ou ne veut plus prendre en charge », dénonce un membre de l’ASPMP.

Lors d’une audition d’enquête parlementaire, en 2001, M. Archer, psychiatre au SMPR de Loos, dans le Nord, avertissait : « Il ne faudrait pas que la présence des dispositifs de soins psychiatriques dans les prisons en vienne à cautionner le retour à une fonction asilaire de la prison. » Cette crainte est en passe de devenir un fait accompli.



(1) Etude menée sous la direction de M. Bruno Falissard, biostatisticien et épidémiologiste, et de M. Frédéric Rouillon, psychiatre. Premiers résultats rendus publics le 7 décembre 2004.

(2) Bruno Falissard et Frédéric Rouillon, ibid.

(3) Réponse à la question écrite de Mme Bérengère Poletti sur la prise en charge des troubles mentaux, Journal officiel, Paris, 15 décembre 2003.

http://www.monde-diplomatique.fr/2006/07/JOURDAN/13612 juillet 2006

 

HO et projet de loi sur la délinquance, suite

Imbroglio législatif sur la santé mentale
Par Eric FAVEREAU
QUOTIDIEN : mercredi 15 novembre 2006

L'idée était saugrenue. Dans le cadre du projet de loi de prévention de la délinquance, défendu par Nicolas Sarkozy et examiné par les députés à partir du 21 novembre, il y avait un volet entier sur la santé mentale, en particulier sur la réforme des règles d'hospitalisation sous contrainte. «Un mélange des genres inadmissible», répétait depuis des semaines le milieu de la psychiatrie qui dénonçait l'amalgame «entre malades mentaux et délinquants». 
Hier, les députés UMP ont décidé de permettre au gouvernement de légiférer par ordonnance sur le volet santé mentale. Et pour ce faire, le groupe UMP va autoriser le gouvernement à présenter, dans sa niche (séance dont l'ordre du jour est fixé par un groupe) du 23 novembre, un projet de loi relatif «aux professions de santé dans lequel sera introduit un amendement l'habilitant à légiférer par ordonnance». Mais comme rien ne peut être tout à fait simple ­ et manifestement pour ne pas vexer le ministre de l'Intérieur ­, il est prévu que l'Assemblée nationale examine malgré tout le texte de Sarkozy, y compris sur le volet santé mentale. Mais une fois que le gouvernement aura légiféré par ordonnance, «on pourra supprimer ce qui aura été voté par précaution». Quatre syndicats de psychiatres ont appelé, hier, à rester «mobilisés». 

Le gouvernement britannique ne croit plus au financement mixte des hôpitaux

"Cette privatisation en douce des hôpitaux est un retour aux pires pratiques du XIXe siècle"

Par Marc Roche, Article paru dans Le Monde du 01.03.06

Au Royaume-Uni, pionnier du partenariat public-privé (PPP), le système de financement de la rénovation du parc hospitalier vétuste semble en panne. La récente décision du gouvernement Blair de réexaminer le plus gros marché hospitalier de ce type, le Barts/Royal London Hospital, portant sur 1,15 milliard de livres (1,68 milliard d'euros), illustre l'inquiétude croissante devant l'escalade du coût pour l'Etat de ces méga-projets de financement mixte.

"Cette privatisation en douce des hôpitaux est un retour aux pires pratiques du XIXe siècle. Le transfert de la charge des dépenses d'infrastructures du niveau national aux autorités locales, via les trusts hospitaliers, contraint celles-ci à réduire leurs dépenses de santé", s'indigne Allyson Pollock, directrice du Centre for International Public Health Policy de l'université d'Edimbourg. L'annulation, il y a deux ans, de la rénovation de St Mary Paddington, la quasi-faillite du Queen Elizabeth Hospital, à Woolwich, et du principal hôpital de Greenwich, ainsi que la suppression de 12 000 lits depuis l'arrivée au pouvoir, en 1997, du New Labour témoignent des dysfonctionnements d'un modèle cité en exemple dans de nombreux pays, dont la France.

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www.atelierdunonfaire.org

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« L’hôpital de Maison-Blanche se « re-structure » Les terrains sont vendus à la Municipalité, et avec lui, son poumon et son coeur :
L’ATELIER NON-FAIRE

Par
Caroline Gillier
www.atelierdunonfaire.org

Espace de respiration pour les malades, espace de vie où chacun dans sa singularité pouvait se retrouver et peindre, au sein de l’hôpital. Que va-t-il advenir de ce lieu et de cette expérience soutenue depuis 1983, et qui ne rentre dans aucune case administrative!!!
Que vont devenir les milliers d’oeuvres qui habitent l’espace ? Une réunion d’information et de soutien s’est tenue au Lavoir Moderne Parisien, samedi 24 Septembre 2005. Tout est encore en suspend, mais l’atelier pourrait prendre le statut de CLUB et l’association 1901 qui existe dejà se développer……à condition de trouver un local !


La vigilance est de rigueur, des lieux comme ça c’est trop précieux. Le maire de Neuilly-Plaisance (voir article de Cecile Prieur dans le monde du 14/08:05) est prêt à envisager un musée sur les lieux mais il lui faut des partenaires…Si vous connaissez le Ministre de la Culture, n’hésitez pas à lui en toucher 2 mots, ça le concerne aussi.

Entrez dans le site: www.atelierdunonfaire.org

Communiqué CHG/Collectif : Manoeuvres du ministère et colère des PH !

Manoeuvres du ministère et colère des PH !
vendredi 13 mai 2005, par Dr. P. Faraggi, Président de la Confédération générale des Hôpitaux

Dans le traitement du dossier réforme du statut de praticien hospitalier les pouvoirs publics perdent chaque jour un peu plus en terme de crédibilité. Hier, ils signaient un protocole d’accord avec deux ou plus exactement une organisation très minoritaire de praticiens hospitaliers. Ils annonçaient dans le même temps que les organisations majoritaires CHG et INPH seraient associées à l’élaboration des différents textes d’application. Aujourd’hui nous avons par hasard connaissance d’un projet de texte modifiant l’arrêté d’avril 2003 sur la permanence des soins, texte susceptible d’être promulgué à très court terme alors que nous n’avons à aucun moment été sollicités pour donner notre avis, ni même informés de ce projet. A l’analyse, ce texte n’est pas bon puisqu’il reproduit les insuffisances criantes du protocole d’accord en ce qui concerne la prétendue revalorisation des astreintes pour les praticiens hospitaliers. Il est même en recul puisque des dispositions essentielles que nous avions réclamées et qui semblaient actées ont disparu de l’actuel projet : les deux niveaux d’astreintes sont maintenus et la prise en compte des indemnités pour l’assiette de cotisations IRCANTEC ne figure plus. On comprend mieux dans ces conditions la discrétion de la communication et la mise à l’écart des organisations représentatives auxquelles il revient de déterminer leurs moyens d’action pour se faire entendre.

L’Hôpital ne voit pas la couleur de l’argent

Visite de Ph Douste Blazy à Vienne 29.04.05
Source : François Douchain
A l’occasion ce matin de la visite de Mr DOUSTE-BLAZY à l’hôpital de VIENNE (ISERE) pour la pose de la première pierre du futur pôle mère enfant, un groupe de 5 médecins (tous membres de la CHG) a été reçu par Mr Lionel BOYER. En fin de séance Mr le Ministre a rejoint la discussion. Il a été très largement fait état des inquiétudes du corps médical sur l’avenir de l’hôpital public. Manque de crédits, moyens financiers qui «s’évaporent » entre les caisses de Bercy et le niveau local, crédits ciblés figés et totalement inadaptés aux besoins de terrain. Très vive inquiétude a propos de la gouvernance qui va aggraver la lourdeur administrative et surtout le manque de transparence grandissant de la part d’administrateurs locaux de plus en plus dépassés par la situation (constat confirmé par l’ensemble des syndicats non médicaux CGT ,CFDT,FO).
Concernant le problème des urgences il a été rappelé qu’il ne fallait pas oublier l’aval : en effet rien ne sert d’augmenter la taille du lavabo si il est bouché, il débordera à nouveau un peu plus tard. Il faut donc penser aux soins de suite et aux lits d’hospitalisation classique.
Pour la psychiatrie le ministre a annoncé l’arrêt des fermetures de lit, la réouverture de nouveaux lits et une enveloppe budgétaire supplémentaire.Il lui a alors été expliqué que dans le secteur 17 lits de psy allaient disparaître… Stupeur. Pour la chirurgie, l’inquiétude est encore plus grande concernant son avenir à l’hôpital devant l’absence de mesures incitatives : non revalorisation des rémunérations comme cela été prévu dans les accords signés en septembre. Astreintes maintenues à un niveau pitoyable : indemnité forfaitaire de 40 euros quand on propose 150 pour le privé. Mais il est vrai que 2 syndicats minoritaires ont pourtant signé… La T2A dont la philosophie a été entièrement détournée a tel point que les hôpitaux performants n’ont pas vu la couleur de l’argent qu’ils étaient en
droit d’attendre et sont en soucis financiers. Aucune redistribution n’a été faite depuis les CHU coûteux et peu productifs vers les hôpitaux généraux. Mr DOUSTE-BLAZY a annoncé que l’application de la T2A serait de toute façon limitée à la hauteur de 50%
Le Dr LELEU vice président de la FNAP a remis directement à Mr BOYER la lettre ouverte de la CHG Hôpital sous ordonnance : la réforme qui tue.
transmis par : Dr Francois DOUCHAIN, UPHP 15 rue Beaugrenelle 75015 PARIS T: 01 40 59 48 27 – email: revue.mhp@wanadoo.fr – site: www.praticien-hospitalier.com

CHG – Collectif des Syndicats de Praticiens Hospitaliers pour la défense de l’hôpital public

Confédération des Hôpitaux Généraux
Collectif des Syndicats de Praticiens Hospitaliers pour la défense de l’hôpital public
Hôpital sous ordonnances : la réforme qui tue
vendredi 29 avril 2005
Lettre ouverte à Monsieur Philippe DOUSTE BLAZY
Chacun le sait bien : victime de son succès, l’hôpital n’a plus les moyens d’assurer correctement ses missions. Il dysfonctionne. Devant ce constat partagé et depuis votre prise de fonction, les praticiens hospitaliers de terrain que nous sommes ont tout fait pour vous convaincre d’apporter les réponses les plus adaptées aux difficultés que connaît l’hôpital public depuis tant d’années. Aujourd’hui, notre déception est à la mesure de tous ces efforts qui sont restés vains. Bien que représentatifs de la moitié des praticiens hospitaliers, nous n’avons pas été entendus.

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Campagne budgétaire 2005 : la crise

LA FHF INTERPELLE LES PRÉSIDENTS DE CONSEILS D’ADMINISTRATION DES HÔPITAUX SUR LE VOTE DES BUDGETS HOSPITALIERS Paris, le 19 avril 2005
La campagne budgétaire 2005 est caractérisée par une suite inédite de dysfonctionnements et de difficultés. En effet, l’insuffisance criante de l’enveloppe budgétaire octroyée par les pouvoirs publics, l’opacité sur les modalités de mise en oeuvre de la tarification à l’activité, et l’évaluation trop restrictive des missions d’intérêt général, se conjuguent et rendent aujourd’hui impossible la présentation par les chefs d’établissement d’un budget sincère et en équilibre à leurs Conseils d’administration. Dans ces conditions, de nombreux conseils d’administration des hôpitaux seront tentés de refuser de voter leurs budgets.

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Vers un réveil de Claude Evin ?

Impact de la T2A : menace pour les missions de service public selon Claude Evin (FHF) et outil de transparence pour Ken Danis (FHP)
(par Caroline BESNIER)
PARIS, 22 avril (APM) – Le président de la Fédération hospitalière de France
(FHF), Claude Evin, a exprimé jeudi ses craintes concernant l’impact de la
tarification à l’activité (T2A) sur l’avenir des missions de service public
alors que le président de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP)
s’est réjoui de la transparence que la réforme introduit dans les dépenses
hospitalières. (suite…)

Communiqué CHG et Collectif des Praticiens hospitaliers – lundi 18 avril 2005

Prime au privé

La CHG et le Collectif des Praticiens des Hôpitaux prennent acte des conditions d’application du décret sur la permanence des soins signées le 14 avril entre l’UNCAM et certains syndicats de Médecins libéraux. Ils se réjouissent de cet accord et de tout ce qu’il peut apporter d’amélioration à l’organisation de la permanence médicale en ville.

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Publication des circulaires budget 2005

La question du budget
par Pierre Sidon

La tarification à l’activité (dite T2A), entrée en application progressivement à l’hôpital, ne s’applique pour l’instant pas en psychiatrie. Faut-il pour autant se réjouir, parce que l’idée de nomenclature charrie avec elle tout ce que la psychiatrie quantitative anglo-saxonne comporte de menaces pour les pratiques cliniques ? Peut-être pas.

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