Forum des Psychiatres

L’institution invisible

Du psychanalyste psychiatre en son cabinet privé

 

par Pierre Sidon

 

Le psychiatre en cabinet est seul. Est-il libre pour autant ? Libéral, il est néanmoins assujetti à une déontologie, à des règles et lois. Il use du diagnostic dans ses échanges, il certifie (il est quasi-expert), il assure une fonction d’ordre public (signalements, hospitalisations sous contrainte). Il est ainsi réputé être « au centre d’un mécanisme de protection sociale [et même s’il ne se] comporte pas comme un véritable fonctionnaire public (…) il fonctionne comme une quasi-institution sociale. »[1] Conventionné par la Sécurité Sociale, bientôt agréé par des réseaux de soins privés, son accès est généralement gratuit (les trois-quarts des privés exercent en secteur 1). Il est solidaire de l’ensemble du dispositif de soins et de la société en général. Et s’il est en effet le plus souvent seul en son cabinet, il peut ne pas ignorer qu’il est en entouré aussi de nombreux autres interlocuteurs de son patient, collègues ou partenaires. Dans cette imbrication sociale profonde, pas de place pour des rêves d’autonomie : le cabinet du psychiatre participe d’une institution, fut-elle « invisible » selon l’expression d’Alfredo Zenoni[2]. Plus encore, de par la condensation de sa fonction sur une seule personne, le cabinet privé du psychiatre peut-il être considéré, à la limite, comme institution en soi, unipersonnelle.

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Les trois corps de la psychiatrie

L'avenir dure Lacan

par Pierre Sidon

lacan

Lacan est mort il y a trente ans. Il était psychiatre et a porté la discipline à un niveau d'avancement inouï. Pourtant elle dépérit. Que faire ?  

Il y a d’abord ce corps de doctrine, un savoir : la clinique. Et ce savoir est un dépôt, le reste d’une praxis : l’entretien au lit du malade. Osons un parallèle avec l’a-lchimie d’une psychanalyse - où s’épuise et se distille la source impétueuse de l’existence : le savoir psychiatrique n’eut pu se déposer sans l’opération de l’enfermement, sans que des malades fussent retenus, empêchés, entravés, sans que quelque chose de la palpitation de la vie se dissipe pour qu’advienne, à la place, un savoir. Ajoutons l’hypothèse d’un catalyseur : le postulat de maladie comme opérateur de séparation. Se produit un isolement, une extraction contribuant au raffinement et la pertinence de ce savoir. Complétons : ce savoir ne serait pas sérieux, s’il n’était corrélatif du serrage d’un Réel : le « hors discours » de ladite psychose. Or à l’ère de l’émergence du discours de la science, le Discours du Maître s’imprègne de la doctrine utilitariste. Le hors discours suscite alors, dans le corps social, une ségrégation[1] qui l’y réintègre : le Grand enfermement et ses édifications. Dans cette opération, que Lacan qualifie de « virage historique » [2], ce n’est pas tant que le corps du malade qui se dégage - puisque, sur son corps, rien ne se lit - que celui des psychiatres, né à son chevet.

Corps de savoir, corps des bâtiments, corps des psychiatres : que reste-t-il de cette demeure ?

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Mitra Kadivar libre !

Information stupéfiante du matin !

INSTITUT LACAN This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.  

COMITE D'ACTION POUR LA LIBERATION DE MITRA

COMMUNIQUE DU CALM Feb. 13 th 2013, 07 : 50 Paris Time

J'ai reçu à 7h 46 un courriel de S*, aka le Pr Siamak Movahedi, Professor and Chair of the Sociology Department, University of Massachusetts, Boston.

Ce courriel me dit : « This just came from a couple of psychiatrists: You can now relax. “Dear Dr Movahedi, I talked with dr Ghadiri a couple of minutes ago. He is discharging her from Hospital now. Sincerely yours,” »

J'ai répondu : « Please thank Dr Ghadiri for this wise decision. Would you give me your phone number ? I would like to congratulate you on this very emotional moment. Long live our friendship ! »

J'estime que cette information est exacte. Selon toute vraisemblance, Mitra est libre. J'attends avec confiance un appel ou un courriel d'elle ou de l'un de ses élèves.

Stay tuned !

Jacques-Alain Miller

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On retrouvera tous les attendus de cette desastreuse affaire dans le numéro spécial de Lacan Quotidien téléchargeable ici :  On nous écrit de Téhéran. On y verra comment une psychiatrie sans discernement s'est fourvoyée dans une pratique de police qui plus est instrumentalisée dans un conflit de voisinage mal élucidé. Une histoire comme on peut aussi en rencontrer chez nous.... 

Iran contre psychanalyse : L'appel de Jacques-Alain Miller : SOS Mitra

Publié le 7.2.13 sur le site de La Règle du Jeu

Le docteur Mitra Kadivar

Le docteur Mitra Kadivar

Attention ! Pas d’erreur ! La campagne pour Mitra n’est pas terminée, elle commence. C’est le moment du plus grand péril. Les autorités de l’University of Medical Sciences de Téhéran prennent le choc de plein fouet. Le Dr Mohammad Ghadiri, médecin-directeur de l’hôpital psychiatrique voit son nom diffusé dans tous les médias. Et non pas comme le nom d’un prix Nobel, mais comme celui du gardien de Mitra, l’homme dont, aux yeux du monde, dépend le bien-être de Mitra, la liberté de Mitra, la vie de Mitra.

Ce jeudi matin, pour la première fois depuis samedi, je n’ai pas trouvé dans ma messagerie de mail de Mitra. Peut-être boude-t-elle. Peut-être y a-t-il eu dans le lancement de la campagne quelque chose qui l’a chiffonnée. C’est une perfectionniste, Mitra. Mais peut-être le silence de ce matin est-il dû à un mouvement de mauvaise humeur du Dr Ghadiri. A-t-il coupé la connexion ? Ou bien, vu l’ampleur que va prendre cette affaire, des mains plus puissantes la pilotent-elles désormais en double commande ?

 

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La fin d'une négation

Tomber en dépression est-il inscrit dans les gènes ?

20 janvier 2013, par Pierre Barthélémy 

Blogs Le Monde

Quand des épidémiologistes se sont intéressés à la dépression, ils ont, en décortiquant les données, découvert une composante familiale forte, comme si ce trouble de l'humeur était héréditaire. Cela s'appuie notamment sur le fait que de vrais jumeaux, qui partagent le même matériel génétique, ont nettement plus de chances d'être tous les deux dépressifs que deux membres non jumeaux d'une fratrie, lesquels ne possèdent pas un ADN identique. D'où l'idée, présente maintenant dans les esprits depuis plusieurs années, que la dépression a pour partie une base génétique, ainsi que l'a souligné une méta-analyse publiée en 2000. Partant de ce constat, les psychiatres ont donc naturellement voulu identifier les gènes impliqués dans la maladie, à une époque où l'on croyait pouvoir trouver toutes les réponses dans l'ADN. L'heure est aujourd'hui à un premier bilan et même si on nous a, dans un passé récent, plusieurs fois annoncé la découverte des fameux gènes, il a souvent fallu déchanter.

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Rafah libérée !

J’ai reçu ce matin le message suivant, auquel j’ai répondu. JAM, 14h 23

 

Cher Jacques-Alain Miller,

Quel bonheur de savoir Rafah Nached libre ce matin!

C'est une immense joie et un soulagement très fort pour tous ceux qui comme vous se sont mobilisés avec force pour sa libération. Vos efforts n'ont pas été vains!

Cela montre que les pressions qui s'exercent sur ce régime portent leurs fruits, et qu'elles doivent continuer et s'intensifier pour dénoncer sans relâche la barbarie d'un régime qui fait aujourd'hui de son peuple un ennemi.

Croyez, cher Jacques-Alain Miller, en mes sentiments les plus cordiaux.

Martine Aubry"

 

Chère Martine Aubry,

La pensée que vous avez eue de m'écrire me touche profondément.

Je ferai connaître votre message à tous ceux qui se sont mobilisés pour Rafah,

et qui vous éprouvent, je le sais, de la gratitude pour votre action à leurs côtés.

Nous nous associons aux vœux que vous formez pour l'émancipation du peuple syrien.

Veuillez recevoir, chère Martine Aubry, les assurances de ma très haute considération,

et l'expression de mes sentiments chaleureux.

Jacques-Alain Miller

Interview de François Leguil

par Stella Harrisson pour l'Association Psychologues freudiens

Leguil

STOP DSM ! À la maison des cultures du monde, le 5 novembre. (*)

François Leguil, psychiatre, psychanalyste, a eu l’amabilité de répondre à plusieurs des questions que nous avions en tête sur la journée du 5 novembre, STOP DSM :
Pouvez-vous nous dire comment s’est mis en place ce travail, cette journée ?
Il s’agit d’un groupe qui se réunit sous l’égide de Patrick Landman et vise à rassembler tous ceux qui sont prêts à contrer ce DSM. Ce groupe se rencontre régulièrement depuis 2010, pour voir quelles alternatives à cette hégémonie du DSM , danger pour la clinique, sont possibles. Il y a eu un manifeste STOP DSM, signé par 2500 personnes, qui critique cette hégémonie et la conteste . Il propose d’autres modalités de classifications. On ne veut plus du tout de cela. P. Landmann, de l’Espace analytique, a contacté TOUTES les tendances et obédiences psychanalytiques et cliniques. Ce groupe rassemble donc le plus de tendances possibles pour la lutte contre le DSM, tous azimuts. Il est CONTRE l’esprit du DSM, sa philosophie, contre le projet que mène le DSM (...)

C'est à lire sur le site de l'Association Psychologues freudiens

Syrie v.s. Psychanalyse !

Communiqué de J.-A. Miller

Paris, le 13 septembre 2011, 15h 37

Le pouvoir syrien aux abois s’est lancé dans une politique de répression sans pitié.

Certains de nos amis, ayant des contacts anciens avec le gouvernement syrien, agissent en sous-main pour obtenir la libération de RAFAH, qui serait dans les pattes des plus durs des services.

D’autre part, il s’agit de faire autant de bruit que possible pour intimider, s’il est possible, des tueurs revêtus de l’autorité de l’Etat syrien, ou de ce qu’il en reste.




Je fais appel aux sept sœurs, aux 7 Ecoles du Champ freudien dans le monde, et à leurs membres un par un, pour :

1) signer l’appel « Libérez RAFAH ! Du raffut pour RAFAH ! » : c’est le minimum ;
2) contacter dans leur pays journalistes, intellectuels, artistes, écrivains, personnalités,  afin de maximiser la fonction « Bruit » ;
3) temps suivant, si RAFAH reste au secret : des rassemblements - pacifiques bien entendu.

L’enjeu est majeur. 

a) Les « révolutions » du début de l’année ont convaincu l’opinion mondiale que la démocratie libérale est une aspiration des peuples arabes, courbés depuis trop longtemps sous le joug des dictateurs, avec la complicité des « Occidentés », acoquinés avec la classe de ces compradors qui trahissent sans vergogne l’intérêt vrai des classes populaires comme celui de la bourgeoisie nationale.
b) Désir de consommer, liberté de parole et d’association, droit à la jouissance, oui, partout les peuples veulent, eux aussi, goûter aux plaisirs vénéneux de l’Un comptable et de l’Un-tout-seul, dont se goberge Uncle Sam. Peu importe qu’un certain oiseau de mauvais augure (Lacan Jacques, pour ne pas le nommer, le kojévo-heideggerien bien connu) puisse penser que ce ne sera pas la panacée, et que le « Paradis » (Sollers) n’est certainement pas au bout de ces fantasmes. Les peuples veulent ça, et la boussole du temps logique indique qu’ils doivent en passer aujourd’hui par le moment libéral-consommateur de l’histoire du monde, c’est-à-dire par la production intensive du « manque-à-jouir » - pour aller, un jour, au-delà : vers la sainteté, proposait Lacan.
c) La psychanalyse, la pratique de l’association libre, est partie intégrante de ce moment, au même titre que Ipad, i-phone, Facebook, Google, Go Go Girls, Lady Gaga, The Huffington Post, The Daily Show with Jon Stewart, and the whole megillah. 
d) RAFAH en prison, RAFAH rafflée, RAFAH effacée, c’est la tentative de minus, de Lilliputiens, pour ligoter le Gulliver du discours universel. Une figure de l’Esprit achève de vieillir. Aidons le serpent de la sagesse à se dépouille de sa vieille peau !

La psychanalyse au XXIe siècle est devenue une question sociale. 

Elle mobilise partout l’attention des législateurs, rêvant de « combler les vides juridiques ». C’est en effet leur job. Mais le nôtre n’est pas celui-là. C’est de nous faire les auxiliaires du temps logique, en activant partout la puissance des lacunes, en donner du jeu aux semblants, en y insinuant la liberté d’association, l’association libre.

La psychanalyse est devenue une question sociale ? Les « sociomanes » (Sollers) désormais nous traquent ? Très bien ! Etre attaqué par l’ennemi est une bonne et non une mauvaise chose, disait un sage chinois. Il est temps, il est logique, que, partout, elle devienne maintenant une force matérielle, une force politique.

Tel est l’enjeu vrai de l’affaire RAFAH.

Du raffut pour RAFAH ! 

Pour signer la pétition : adressez vos noms prénoms et fonction à l'adresse suivante : This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.

Addendum : lire la très remarquable conférence de Rafah Nached sur le site Oedipe.org

Revue Le diable probablement : spécial Lacan


Le 9 septembre, cela fera 30 ans que Lacan est mort. La revue célèbre cet anniversaire, fidèle à sa méthode associant jeunes et moins jeunes intellectuels. 
En un mot : on la prend, on l'ouvre, on la dévore et l'on ne peut s'arrêter jusqu'au point d'orgue inouï d'un entretien à bâtons rompus avec Jacques-Alain Miller, légataire testamentaire de l'oeuvre de Lacan, rédacteur du Séminaire, praticien génial et théoricien adepte de clarté. On n'a jamais lu ça.
Le site de la revue, c'est ici

La rentrée sera lacanienne

Bientôt trente ans que le Dr Jacques Lacan a disparu. Pourtant il n'a jamais été aussi présent, par son enseignement qui s'avère chaque jour plus visionnaire et par les outils conceptuels qu'il a forgés pour lui survivre. Lacan était psychiatre et jamais son apport n'aura été, pour la discipline, aussi indispensable pour parer les menaces qui s'ammoncellent sur l'humaine condition


Mardi 6 septembre 2011

Table ronde et débats avec le public

à l’occasion de la parution des livres et revues :

 

Jacques Lacan texte établi par Jacques-Alain Miller

Le séminaire XIX …ou pire,  

Je parle aux murs

Jacques-Alain Miller Vie de lacan (I-VIII)

Revue Le diable probablement Pourquoi Lacan

Revue La Cause freudienne Lacan au miroir des sorcières

Lacan quotidien en ligne 

Trente ans après la mort de lacan

Quelle politique et quelle stratégie pour la planète psy ?

Table ronde de l’école de la cause freudienne

animée par Martin Quenehen, producteur à France Culture

avec la participation de

Jacques-Alain Miller


La librairie tschann assurera la vente de tous les livres de la rentrée lacanienne devant la salleparticipation aux frais : 10€ à l’entrée ; la moitié pour étudiants de -26 ans et demandeurs d’emploi.
Renseignements : http://www.causefreudienne.net/

Ou pire : Un-tournant dans l'enseignement de Lacan !

Parution du Séminaire de Lacan

 

"« Y a de l’Un ». Au cœur du présent Séminaire, cet aphorisme, passé inaperçu, complète le « Il n’y a pas » du rapport sexuel, en énonçant ce qu’il y a. Entendez, l’Un-tout-seul. Seul dans sa jouissance (foncièrement auto-érotique) comme dans sa signifiance (hors sémantique). Ici commence le dernier enseignement de Lacan. Tout est là de ce qu’il vous a appris, et pourtant tout est neuf, renouvelé, sens dessus dessous." Jacques-Alain Miller

Un séminaire qui change la donne en matière de ladite "santé mentale" !  

Lacan a trente ans : le bel âge !

Evénement : Jacques-Alain Miller rend sa Vie à Lacan :

 

 

Une bouffée d'air pur dans cette rentrée de commémoration marquée par un nouveau méchant petit livre de sa biographe obstinée.

Disponible sur ecf-echoppe

Lacan : je parle aux murs

L'actualité éditoriale de Lacan c'est non seulement un nouveau Séminaire (Ou pire), mais aussi ces trois conférences à Sainte Anne aux internes en psychiatrie, qui lui sont contemporaines. Il y est question de la psychiatrie et du savoir. C'est un bijou de transmission :  

Disponible dans toutes les bonnes librairies et sur ecf-echoppe

Libé : une loi délirante

SOCIÉTÉ 02/08/2011 Psychiatrie : une loi à rendre fou La législation sur l’hospitalisation sous contrainte est entrée en vigueur hier. Problème : les juges, amenés à prendre des milliers de décisions, n’ont pas reçu de moyens supplémentaires Par ERIC FAVEREAU Définition commune d’un état délirant : c’est un état incontrôlable. Eh bien, c’est tout à fait dans cette situation que se retrouve le monde de la psychiatrie en France depuis hier matin, lundi 1er août, date à laquelle est entrée en vigueur la législation sur les hospitalisations sous contrainte. Voilà une loi «confuse» aux yeux de tous les syndicats de psychiatres, et surtout extrêmement contraignante car, comme l’avait exigé le Conseil constitutionnel, tout malade hospitalisé contre sa volonté au-delà de deux semaines doit passer devant un juge des libertés et de la détention (JLD). D’un coup, ce sont plusieurs dizaines de milliers de décisions que la justice va devoir rendre en toute urgence.

 

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Le psychiatre sous contrainte

A propos de la loi du 5 juillet 2011 organisant les soins psychiatriques sous contrainte

par Pierre Sidon

Au fond tout avait commencé par une prise d’otages dans une école maternelle à Neuilly et non pas à Antony. Et peut-être bien même avant, qui sait, dans l’enfance du sujet, à Neuilly aussi d’ailleurs : une mission, plusieurs fois menée à bien et parfois même avec un certain courage : sauver des êtres, en en recueillant à l’occasion les bénéfices politiques mais aussi parfois, plus tard on le verrait avec la Colombie, la Libye, le Mexique…, pour un bilan plus mitigé. Eh quoi ? Nous la connaissons bien cette mission : c’est à l’occasion au-moins une vocation, et la notre bien souvent. A ceci près qu’entre vocation et mission l’écart n’était peut-être rien moins que celui qui séparait identification au désir et « identification sans médiation », ici probablement identification rousseauiste à la victime témoignant du rejet de la culpabilité, d’un statut d’innocence. Et puis il y eut ce passage à l’acte meurtrier d’un patient en permission de l’hôpital psychiatrique de Saint-Egrève : une récidive après deux agressions graves. Et cette déclaration impudente du directeur de l’hôpital, démissionné à la suite parce qu’il avait anticipé l’enquête administrative et couvert ses médecins de son aile protectrice. Comment notre sujet eut-il pu ne pas s’investir dans sa mission salvatrice dès lors qu’il était désormais rien moins que… Président de la République ?

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Rapport de l'IGAS : la psychiatrie accidentée

par Pierre Sidon

Coïncidence : quelques jours à peine avant la publication du rapport de l’IGAS[1] sur les « accidents en psychiatrie », nous avons rencontré cette situation dans notre travail :

M. K., est amené au CAC (Centre d’Accueil et de Crise) de l’hôpital psychiatrique par son éducateur car il soliloque, excité, semble anormal et harcèle son entourage, notamment au téléphone. L’infirmière qui le reçoit ne parvient pas à le montrer au psychiatre qui récuse la consultation au motif que le patient est alcoolisé. On les envoie aux urgences de l’hôpital général. Il y est reçu à 14 heures par le chef de service à qui il explique entendre des voix. Il avoue qu’il a bu deux bières avant 10 heures. Son état somatique ne présentant aucune contre-indication, il est réadressé au CAC pour avis psychiatrique. En fin d’après-midi, l’infirmière des urgences, qui a rappelé l’éducateur pour lui signaler un oubli de quelques effets, apprend que le patient n’a pas été hospitalisé. Le soir même, retour de M. K. aux urgences pour examen chirurgical suite à un passage à tabac ; patient accompagné cette fois-ci non plus de son éducateur mais des forces de police car il est en garde à vue. Il est accusé d’avoir, sur la voie publique, tiré une petite fille par le bras, geste qui a alerté les riverains qui se sont acharnés sur lui jusqu’à ce que les forces de police n’interviennent.

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Un commentaire sur le rapport de l'IGAS

Lu sur un blog d'orientation plutôt cognitivo-comportementaliste, mais de bonne tenue par rapport à la psychanalyse, nous semble-t-il, quoique anonyme :

Le rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) sur les accidents en psychiatrie fait déjà couler beaucoup d’encre et de pixels. Certains brandissent les drames et dysfonctionnements pour les généraliser à l’ensemble de la psychiatrie, notamment l’église de scientologie et son CCDH, tandis que d’autres s’insurgent, notamment le Collectif des 39, contre ce qu’ils considèrent comme un appui gouvernemental prônant l’évolution vers une psychiatrie sécuritaire et stigmatisante. Si viser le risque zéro peut effectivement s’avérer préjudiciable à la majorité des patients, proclamer que ces évènements parfois gravissimes, et qualifiés d’exceptionnels, sont un mal nécessaire à l’humanisme et à la liberté de ces mêmes patients relève de la contrevérité la plus abjecte. Entre caricature, stigmatisation, démagogie, manipulation et lâcheté, rares sont les réactions sages et pertinentes.

Lire la suite sur le blog des auteurs... où l'on pourra aussi apprécier le combat de ces praticiens contre la scientologie. Nous ne l'avons parcouru que superficiellement pour l'instant et il ne nous est pas apparu qu'ils s'y livraient à l'assimilation de la psychanalyse à une secte. Nous apprécions cette retenue de leur part, malgré leur style de secte anti-secte, et nous partageons pleinement leur engagement en faveur de la thérapeutique psychiatrique.  

Nos corps surveillés

Où va la "quantification de soi" ?

Internet Actu |Le Monde 03.06.11 | 16h39  •  Mis à jour le 03.06.11 | 17h41

 

L'interface du logiciel Rescue Time.

L'interface du logiciel Rescue Time.Rescue Time

 

Le 28 et 29 mai, s'est tenue à Mountain View la première édition de la conférence Quantified Self (QS) (que l’on pourrait traduire littéralement par "la quantification de soi" pour parler "de la capture, de l’analyse et du partage de ses données personnelles", comme l’explique Emmanuel Gadenne). InternetActu propose un compte rendu des différents ateliers.

En observant certains ateliers, on pouvait se demander quel est l’objectif de "cette mesure de soi". Matthew Trentacoste, est étudiant à l’université de la Colombie-Britannique et dirigeait une séance de discussion sur le "suivi de l’attention" aux rencontres du Quantified Self, rapporte Ethan Zuckerman. Assez logique qu’il s’intéresse aux stratégies de concentration, car Matthew a depuis longtemps été diagnostiqué comme hyperactif, c’est-à-dire atteint d’un trouble de déficit d’attention…

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Rapport de l'IGAS sur les hôpitaux psychiatriques

Le rapport est paru, il défraie déjà la chronique. On en appréciera le timing déconcertant au moment où la réforme malhabile de la psychiatrie prend ses professionnels de front. Saurons-nous nous saisir de cette opportunité pour réajuster notre communication quant à nos responsabilités en matière d'ordre public ?

Télécharger le rapport

Veiller sur et unir, plutôt que surveiller et punir : quelques principes et conséquences de la découverte freudienne

Colloque de Libourne "Juger et punir les malades mentaux ?", 13 Mai 2011

Catherine Lacaze-Paule

Surveiller et punir est aussi le titre d’un ouvrage majeur du philosophe Michel Foucault : en référence à son œuvre, je vous propose comme sous-titre à cette intervention : « veiller sur et unir, plutôt que surveiller et punir ».  

Dans le peu de temps imparti je choisis de me limiter à 6 points.

Je l’annonce sous la forme d’un slogan de mai 68, mois de la révolution qui en latin se dit revolvere, retour en arrière, tour complet sur soi même : « l’avenir de la psychiatrie n’est plus ce qu’il était ». Pour tout dire, elle est moribonde, on lui a préféré le concept de santé mentale édicté dès 1945 par l’OMS. Plus de fous, de malades, mots réduits à une insulte mais des usagers, des clients, plus de folie, de maladies mais des troubles, plus de psy chiatre ou chologues, mais tous thérapeutes. Mais est ce que cela existe la santé mentale ? (cf colloque PIPOL V à Bruxelles en juillet qui porte ce titre et développera exemples à l’appui cette question). Naguère la psychiatrie marchait sur ses deux jambes, et ce depuis le XIX siècle. D’un pied l’organicité, de l’autre la causalité psychique. A présent que la santé mentale s’impose comme l’approche dominante, il semble que l’on marche …sur la tête. Je vous en donne quelques exemples. Ecoutez bien le retournement qui s’est opéré.

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Aux limites de la psychiatrie humaniste

Colloque de Libourne "Juger et punir les malades mentaux ?", 13 Mai 2011

Pierre Sidon

« Apprends-nous, Seigneur, à chercher la vérité sans anticiper le Jugement », prière de Saint Jules (Pape au IVe siècle)

Un assassin innocent

Je rencontre depuis 13 ans un sujet, 60 ans aujourd’hui, sorti à l’époque de l’hôpital où il avait été traité pour une forte dépression. Tous les traitements antidépresseurs (il les avait quasiment tous reçus), s’étaient montrés inefficaces, certains déclenchant même des secousses dans son cerveau ainsi qu’une agitation psychique. A sa sortie de l’hôpital, toujours suicidaire, il me déclara : « Personne n’est parfait, donc moi, finalement, j’ai assez peu de choses à me reprocher. » Je sus d’emblée à quoi m’en tenir. Il raconta l’incompétence et la violence des êtres qui avaient eu à s’occuper de lui : son père méprisant, sa mère indifférente, sa nourrice maltraitante, ses instituteurs incompétents, ses camarades puis collègues abuseurs – sans qu’il n’esquisse la moindre résistance. Bref : il était innocent, les autres étaient mauvais.

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La santé mentale existe-t-elle ?

Premier Congrès européen de Psychanalyse

 

Un grand nombre de psychanalystes travaillent dans des institutions qui portent le label de la Santé mentale. Le psychanalyste est en effet concerné par une clinique des ravages liés au discours de l’Autre, que Freud a désigné comme « malaise dans la civilisation ». Or, quand un psychanalyste occupe la place du travailleur de la Santé mentale, il entretient un débat permanent et bien nécessaire avec ce concept, car il y a une antinomie entre la notion de Santé mentale et la psychanalyse.  

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Nouveau numéro de la revue Mental

Éditorial

Il y eut débat entre science et psychanalyse, dès sa naissance. Particulièrement sur le caractère de scientificité de cette dernière. Si, au travers du désir de Freud marqué par son époque et celui de Lacan, la psychanalyse a pu rêver d’être reconnue comme telle, la science ne lui a quasi jamais donné ses lettres de créance. Popper, par sa critique bien connue du rapport de la psychanalyse à la vérité, fut le premier à les lui contester. Le scientisme n’est pas en reste. Il en fait même son cheval de bataille actuel. Il leur est ici répondu, argumenté, réfuté. Chaque versant y est abordé sans faux-fuyants. Il était temps de reprendre et d’affronter ce débat en l’élevant à la hauteur et au sérieux épistémiques requis. L’exigence de qualité se devant d’être de la partie. C’est à quoi ce volume s’attache. Il fera date sur la question. Les démonstrations et les résultats qui s’y développent surprendront les idées reçues. C’est la science qui s’en trouvera interprétée, dans son rapport au réel. Et le scientisme – au travers son notable représentant contemporain : le neurocognitivisme – démonté comme falsification du réel. Il s’y prouvera que si science et psychanalyse s’articulent, ce n’est qu’au sens où la science est condition d’émergence nécessaire de la psychanalyse. Que rêver d’une synthèse possible revient à nier ce réel sans loi, qui dans la science fait retour par l’angoisse du scientifique. Que la psychanalyse occupe dès lors la place de vérité de la science. Qu’en ce sens, Lacan invite plus que jamais la psychanalyse – et les psychanalystes – à ek-sister par rapport à la science.

Yves Vanderveken

En vente sur www.ecf-echoppe.com

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Juger et punir les malades mentaux

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La perplexité des soignants en psychiatrie est à l’origine du thème de cette journée.

Ils ont participé à la chute du mur des asiles, à la réduction des lits d’hospitalisation et à la réintégration des patients dans la cité sous l’impulsion d’un mouvement humaniste.

Puis, ils ont assisté à l’apparition dans la rue de malades mentaux sans domicile fixe et ont constaté, par les médias, que les murs carcéraux en recevaient une proportion considérable, avec ou sans expertise psychiatrique.

L’actualité sous différentes formes (obligation ou injonction de soins, construction d’Unités Hospitalières Spécialement Aménagées, levées et sorties d’essai d’hospitalisation d’office judiciaire, castration chimique…) déborde désormais largement le cadre soignant.

Différents corps de métier impliqués dans cette journée souhaitent, par des éclairages saisissants, à partir de points de vue multiples, nourrir un débat dans la cité.

Pour qu’un horizon se dessine et que chacun, intéressé et mieux informé, puisse y trouver sa position, sa position de citoyen.

 

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Sortir de la souffrance au travail

Christophe Dejours

 

La discordance s'accroît, en France, entre la souffrance qui continue de s'aggraver dans le monde du travail et le débat qui s'intensifie dans l'espace public cependant que des mouvements de protestation se manifestent de plus en plus bruyamment dans la cité. Cette discordance pose des problèmes sérieux à ceux qui sont préoccupés par l'action en vue d'expérimenter de nouvelles méthodes d'organisation du travail.

Des solutions existent en effet, mais elles se heurtent à des obstacles dont l'analyse est indispensable avant d'appeler à quelque action que ce soit. A supposer qu'on parvienne à lever ces obstacles, sur quels principes pourrait-on fonder une action visant la reconstruction des rapports entre le travail et la vie ?

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Mediator : vers un rapport Debré - Even

PARIS (Reuters) - 28.01.11 Le Pr Bernard Debré, qui doit rendre à Nicolas Sarkozy un rapport pour éviter la répétition du scandale du Mediator, veut interdire tout lien entre les laboratoires et les experts chargés d'évaluer leurs produits. Le président français a demandé au député UMP, chirurgien urologue et auteur de plusieurs ouvrages sur le système médical français, de défricher le terrain en vue de la refonte de la politique du médicament imposée par cette affaire. Pendant plus de trente ans, le laboratoire Servier a commercialisé le Mediator, accusé d'avoir fait entre 500 et 2.000 morts en France, comme un médicament pour diabétiques alors que c'est un coupe-faim pour les autorités sanitaires. Le rapport de Bernard Debré, co-rédigé avec le Pr Philippe Even, est attendu pour mars et contiendra "des dizaines de propositions pour rétablir un système sain", a-t-il dit à Reuters dans un entretien téléphonique. De la réduction du nombre de commissions au sein des agences sanitaires à l'indépendance budgétaire de ces dernières en passant par la formation continue des médecins et l'information du grand public, "tout se tient, on ne va pas enlever un fil de l'écheveau", souligne le Pr Debré.

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Le nouveau site de la SARP

Après quelques semaines d'un éclipse due à des problèmes techniques, le site est à nouveau online et arbore une nouvelle présentation.

Merci à Julie Vetter (Hoi Moon Marketing) et Richard Gruet pour leur superbe travail.

 

 

 

 

 

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Le Point annonce le Forum des Psys

Quand les psys mettent les pieds dans le plat
lepoint.fr

Quand les psys mettent les pieds dans le plat

Bernard-Henri Lévy et Jacques-Alain Miller © MAISONNEUVE / BALTEL / SIPA

"Évaluer tue." C'est l'intitulé du grand meeting organisé par le Forum des psys, le 7 février à La Mutualité, à Paris (1).
Les psychiatres partent en guerre contre la culture de l'évaluation qui, selon eux, "promet la rentabilité et produit la mort". Principal visé : le monde de l'entreprise "où le monstre de l'évaluation s'est répandu comme une traînée de poudre se transformant en management par le stress", explique le psychanalyste Jacques-Alain Miller, à l'origine de ce meeting de protestation et auquel le trimestriel Le nouvel Âne consacre son dernier numéro. Une culture du tout chiffrable "qui exige de l'homme le zéro défaut et ne fait plus de différence entre l'humain et l'objet". 
Aux côtés de Jacques-Alain Miller, Bernard-Henri Lévy présidera le forum ouvert à tous. Une façon de montrer qu'intellectuels etpsys font cause commune. D'autres têtes d'affiche sont attendues, parmi lesquelles les philosophes Jean-Claude Milner, Cynthia Fleury, Yves Charles Zarka et l'universitaire Roland Gori.
(1) 24 rue Saint-Victor, Paris 5e, de 10 heures à 19 heures. Inscriptions sur place : 20 euros.

Les Forum des Psys : Evaluer tue !

Il y a sept ans débutait la campagne anti-évaluation des Forums des Psys en réponse à l'amendement Accoyer, au rapport Cléry-Melin, Pascal, Kovess et au rapport de l'Inserm sur l'évaluation des psychothérapies. La SARP, née à cette occasion, démontait déjà l'imposture évaluatrice.

 

 

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Christopher Lane, Comment la psychiatrie et l'industrie... : Burn After Reading

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Encore une critique des dérives de la psychiatrie américaine ?! Oui, mais celle-ci provient d’un professeur de lettres anglaises lecteur de Foucault et Lacan ; et fut best seller en 2007. L’auteur a pu accéder aux archives de l’Association Psychiatrique Américaine et a interviewé le rédacteur du DSM III, le psychiatre Robert Spitzer. Construit autour de l’exemple jugé paradigmatique de la médicalisation de la timidité, il examine les questions du diagnostic, de l’anxiété, de la marchandisation et des impasses de la médication de l’existence. On peut être initialement rebuté par l’approche foucaldienne de la question du diagnostic par l’auteur qui, faute de connaître l’hommage de Lacan aux mécanistes, jette Kraepelin avec l’eau du DSM.

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Suicides à France Telecom : STIMULUS CONSEIL aux abonnés absents

Pierre Sidon

Extrait de la Charte de déontologie du groupe France Telecom, à la rubrique "Conflits d'intérêt" :

"En tant qu’administrateur ou collaborateur, j’évite de me trouver confronté à des situations dans lesquelles mes intérêts personnels (ou ceux de personnes physiques ou morales auxquelles je suis lié ou dont je suis proche), sont contraires à ceux des entités du groupe. Si je ne peux éviter pareille situation, je dois me déterminer en toute conscience et en toute loyauté à l’égard du groupe et en informer ma hiérarchie ou le responsable des ressources humaines ou, si je suis administrateur, le président du conseil d’administration de l’entité concernée."

On apprenait dans le journal "20 minutes" du 18.09.09 que le cabinet STIMULUS CONSEIL était sur les rangs pour réaliser un audit préalable aux négociations sur le stress en cours après les suicides à France Telecom :

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Conflits d'intérêts aux USA : dans quelles proportions ?

Conflits d'intérêts : ça se passe aux USA, et seulement aux USA, bien sûr ! Ouf...

Conflits d'intérêts aux USA : dans quelles proportions ? (A. Bottéro)

Signalé et diffusé sur la liste Psychanalogie par Francois-R. Dupond Muzart - Source: Neuropsychiatrie : Tendances et Débats 2009 n°36

Il est aujourd’hui considéré comme une sorte de minimum déontologique que l’auteur d’une publication prévienne ses lecteurs qu’il a un conflit d’intérêts avec son sujet. La plupart des revues "sérieuses" se conforment à une telle exigence. En général cela se traduit par la mention en petits caractères, dans une note ou à la fin de l’article, que l’un des auteurs a été rémunéré, d’une façon ou autre, par le laboratoire qui développe la molécule ou la technique étudiée. Une retombée imprévue de cette volonté de transparence, c’est qu’elle donne maintenant lieu à toute une littérature qui s’attache à scruter les corrélations existant entre les résultats des essais et leur financement. Il a été ainsi montré, dans le cas des essais randomisés en double aveugle contre placebo publiés par les grandes revues de psychiatrie, qu’un résultat positif est huit fois plus le fait des essais qui ont été sponsorisés (1). Si bien que les chercheurs, qui sont des gens pressés, prennent de plus en plus l’habitude de commencer la lecture d’une publication par l’identification de son éventuel sponsor, afin de se faire une idée de la valeur de ses résultats.

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Vers le DMP : Sécurité informatique zéro

Signalé par Pierre Paresys, Vice Président de l'USP, cette information atterrante publiée sur Egora :

Rapt de données médicales aux Etats-Unis

A.C.

Alors que l´informatisation de la santé en France, notamment via le Dossier pharmaceutique (DP) et la relance du Dossier médical personnel (DMP), suscite de nombreuses inquiétudes quant à la sécurité du stockage de données personnelles sur ordinateur, l´une des instances sanitaires locales des Etats-Unis, en Virginie, vit un scénario digne de Hollywood.
Le 30 avril, des hackers ont piraté le site Internet du Prescription Monitoring Program (PMP, programme de contrôle des prescriptions) de l´Etat, et en ont extrait les données de 8 257 378 patients, dont ils ont ensuite effacé les originaux.
Ces données comprennent non seulement des informations sur plus de 35 millions de prescriptions médicales, mais aussi des éléments personnels comme les numéros de sécurité sociale ou les informations inscrites sur le permis de conduire des patients.
Dans un message laissé sur le site du PMP, les hackers demandent une rançon de 10 millions de dollars en échange de la restitution des dossiers, en menaçant de les vendre au plus offrant si cette somme ne leur est pas versée dans les sept jours.
Cette affaire pourrait relancer la polémique sur « l´inviolabilité » du DMP, plusieurs fois évoquée par Roselyne Bachelot comme un point-clé de l´adhésion des usagers à ce projet maintes fois reporté et désormais prévu pour l´année 2010.

Source : (www.egora.fr)

L'Appel des appels

http://www.appeldesappels.org/

Nous, professionnels du soin, du travail social, de l'éducation, de la justice, de l'information et de la culture, attirons l'attention des Pouvoirs Publics et de l'opinion sur les conséquences sociales désastreuses des Réformes hâtivement mises en place ces derniers temps.

A l'Université, à l'École, dans les services de soins et de travail social, dans les milieux de la justice, de l'information et de la culture, la souffrance sociale ne cesse de s'accroître. Elle compromet nos métiers et nos missions.

Au nom d'une idéologie de "l'homme économique", le Pouvoir défait et recompose nos métiers et nos missions en exposant toujours plus les professionnels et les usagers aux lois "naturelles" du Marché. Cette idéologie s'est révélée catastrophique dans le milieu même des affaires dont elle est issue.

Nous, professionnels du soin, du travail social, de l'éducation, de la justice, de l'information et de la culture, refusons qu'une telle idéologie mette maintenant en "faillite" le soin, le travail social, l'éducation, la justice, l'information et la culture.

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Interview de Pierre Sidon par la SARP

La place contemporaine des psychoses dans la société : ségrégation ou exclusion ?

Peu avant la succession dramatique des faits divers qui ont mis en lumière la grande misère de la psychiatrie contemporaine, minée aussi bien de l'intérieur que de l'extérieur, par des évolutions majeures, la SARP avait recueilli les propos de Pierre Sidon. Les voici :


Alors, les psychanalystes, vous êtes contents du résultat ? Vous vous enorgueillissez des progrès que la psychanalyse aurait permis à la psychiatrie et on entend dire, au contraire, qu'il y a une régression de la psychiatrie, un retour aux asiles et au Grand Renfermement, une pénalisation de la maladie mentale ?

Je sais bien à quoi vous faites allusion. Mais il faut bien faire attention à distinguer les choses : certains, en effet, croient voir, dans la présence grandissante des psychoses en prison, une réédition d'un chapitre qu'ils considèrent comme honteux : le « Grand Renfermement ». Ils font référence, à la suite de Michel Foucault, à cet épisode situé en 1656 après qu'un édit royal aurait soudainement précipité dix pour cents de la population parisienne dans ce qui deviendrait les Asiles. Cette interprétation omet, selon nous, quelques faits. Reprenons en détail :

D'une part, la soudaineté et l'ampleur de ce Grand Renfermement est remise en cause par les historiens pour plusieurs raisons :

- La première combat l'idée reçue selon laquelle les fous ont, dans un temps considéré comme Age d'Or, joui de la liberté de vaquer. Cet Age d'Or situé au Moyen Age semble n'avoir jamais existé : les fous auraient bien plutôt bénéficié d'une réelle surveillance et d'un strict cantonnement familial ou villageois, ne se retrouvant en prison ou à l'hôpital qu'à la suite d'un passage à l'acte grave. (Claude Quétel, Nouvelle histoire de la psychiatrie, Dunod 2002, p. 108).

- Ensuite parce qu'à-partir du XVIè siècle, ce sont les méfaits conjugués de l'urbanisation puis de la crise économique, déstabilisant l'équilibre antérieur, qui ont amené progressivement un accroissement du vagabondage et de la mendicité, et corrélativement de la sévérité des édits interdisant l'errance. On crée alors des lieux d'hébergement qui mèneront à la fondation des Hôpitaux généraux.

- Enfin c'est le constat d'échec de cet enfermement qui va mener à sa montée en régime grâce à la mise en place d'un dispositif associant les lettres de cachet et les maisons de force. Ce procès s'étale entre la fin du XVIIè et la fin du XVIIIè siècle et le dispositif s'accélère grâce à un programme de constructions couplé à un dispositif policier plus efficace.

Donc, plutôt que d'un avant et d'un après faisant suite à un mythique Age d'Or, il s'est vraisemblablement agi d'ajustements progressifs plus ou moins efficaces pour palier les effets d'une profonde et croissante désocialisation de nombreux sujets, parmi lesquels des psychotiques.

Oui mais tout de même, enfermer les gens de force, il y a mieux comme resocialisation !

Peut-être, mais il faut replacer les choses dans le contexte de l'époque. A l'origine de cet enfermement, il n'y a pas que des raisons économiques et d'ordre public mais aussi un puissant idéal religieux : si on les enferme, c'est aussi bien pour parer leur « irréligion » et leur « carence morale ». L'Eglise songe même à créer un « ghetto des pauvres » à Rome. Et plus tard, ce courant charitable va se laïciser progressivement en doctrine hygiéniste. Quant aux « maisons de force » qui vont prendre le relais des hôpitaux généraux au XVIIIè siècle, ce sont pour beaucoup des communautés religieuses…

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Interview de la SARP par Mediapart

La psychiatrie est-elle, oui ou non, une discipline sécuritaire ?

La SARP interviewée par Carine Fouteau, journaliste à Mediapart, participe au débat sur la dangerosité. Et c'est en Une du journal :

http://www.mediapart.fr/journal/france/221208/branle-bas-de-combat-chez-les-psychiatres

Suivi du commentaire de François-R. Dupond Muzart 

Branle-bas de combat chez les psychiatres

Par Carine Fouteau

28 déc 2008

La psychiatrie est traversée par une vague de protestations inhabituelle dont on ne sait sur quoi elle va déboucher. Les appels et pétitions circulent à grande vitesse sur internet et ailleurs, les débats s'organisent, les professionnels prennent la parole, individuellement ou en groupe. L'intervention de Nicolas Sarkozy dans l'hôpital psychiatrique d'Antony le 2 décembre, annonçant une réforme de l'hospitalisation sous contrainte, a été le déclencheur de cette mise en mouvement.
Les consultations sur le projet de loi à venir viennent de débuter, tambour battant, lundi 22 décembre au ministère de la santé. Les syndicats de la fonction publique hospitalière ont ouvert le bal, avant de laisser la place, en janvier, aux représentants des psychiatres. L'occasion, pour Roselyne Bachelot, de mesurer le mécontentement et la combativité d'une profession plutôt aphone ces derniers mois. Reçue par la ministre de la santé, la CGT-santé a fait part de son refus de traiter ces questions « de manière morcelée » en ne s'intéressant qu'à l'hospitalisation d'office et a évoqué « les problématiques de fond que sont la suppression des lits (...) ces dernières années, la question des moyens, des contenues professionnels et de la formation ».
Prononcé trois semaines après le meurtre d'un étudiant à Grenoble par un patient schizophrène, le discours du chef de l'État a braqué les psychiatres dont la mission se situe à l'intersection entre les soins apportés aux malades et la protection de la société. Sur ce point, l'équilibre n'est pas trouvé, a déclaré Nicolas Sarkozy, selon lequel « l'espérance, parfois ténue, d'un retour à la vie normale, j'ose le dire ici, ne peut pas primer en toutes circonstances sur la protection de nos concitoyens. Mettez-vous aussi à ma place ! Je dois répondre à l'interrogation des familles des victimes que je reçois. »Un plan de « sécurisation » des hôpitaux psychiatriques

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Antidépresseurs et suicide : les leçons d'un échec

Pierre Sidon

Colloque déprime-dépression, Ministère de la santé, sous le Haut patronage et en présence de la Ministre, Mme Roselyne Bachelot-Narquin, 1er février 2008


« La langue de ces gens-là a une finesse extrême pour rendre les nuances les plus fugitives du sentiment »
Stendhal, De l’amour en Provence jusqu’à la conquête de Toulouse en 1228, par les Barbares du Nord, De l’Amour, Paris, 1822.

"Il suffit en fait que je dise : « je suis triste… », pour que n’importe quelle personne sache exactement ce que je ressens", Pr Bruno Falissard, Mesurer la subjectivité en santé, Masson, 2001.


Dans la plupart études statistiques publiées depuis vingt ans, les nouveaux antidépresseurs présentaient de nombreuses vertus : outre leur efficacité, ils étaient peu générateurs d'effets indésirables. Et puisqu'ils traitaient la dépression, ils prévenaient le suicide.
Dans la pratique néanmoins, les effets thérapeutiques apparaissaient inconstants, souvent inférieurs à ceux des antidépresseurs de référence face à une situation de dépression sévère, en tous cas imprévisibles : on est toujours dans la situation décrite ainsi par Lacan : « On tempère, on obnubile, mais on ne sait pas ce qu’on fait. » (Discours aux psychiatres). Quant aux effets indésirables, ils étaient nombreux et la tentative de suicide ou le suicide en faisait partie, souvent même commis par intoxication avec le traitement lui-même. Les laboratoires pharmaceutiques et leurs alliés universitaires répondaient : ce n'est pas le médicament, c'est la maladie, preuves statistiques à l'appui, toujours.

L'année 2008, avec son lot de nouvelles révélations, sera-t-elle décisive ? Rien n'est moins sûr : depuis des années nous sommes maintenant habitués aux signaux d'alerte multiples et aux controverses qui s'ensuivent : témoignages de cliniciens indépendants, faits divers et procès réglés par indemnisation aux EU, mises en garde des autorités après méta-analyses des données… Rien n'y fait : la prescription ne faiblit pas, ou presque. Et lorsqu'elle faiblit, de nouvelles forces se lèvent pour la relancer au moyen de campagnes d'information sur « la maladie », de la formation des médecins confiée aux visiteurs médicaux, bientôt peut-être de la publicité directe au consommateur en France.

Pourtant, en ce début d'année 2008, deux nouvelles informations défraient la chronique : d'abord le New England Journal confirme que les laboratoires ont systématiquement occulté les résultats négatifs de leur études cliniques, grâce à quoi ces nouveaux produits arrivent à peine à se montrer supérieurs au placebo. Ensuite une étude évoque la publication des chiffres suédois du suicide pour l'année 2006. On y apprend notamment que plus de la moitié de la totalité des suicides féminins comportaient une prescription d’antidépresseurs depuis au moins six mois ; ce qui remet en cause l'affirmation du rôle protecteur des antidépresseurs sur le suicide. Néanmoins, la psychiatrie suédoise refuse de considérer ces chiffres comme une base valable de discussion. Il est vrai que l’on pourra toujours affirmer que le chiffre des suicides aurait été encore plus important sans antidépresseurs.

 

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Chronique : "Ils ont suivi le Guide"

“La corde au cou” : Premier épisode d'une chronique : les principes du Guide Inpes à l'épreuve de la pratique psychiatrique ? Entre éclat de rire et frissons d'horreur au quotidien...
par Pierre Sidon

15 novembre :

Dr A.I., psychiatre, au Dr P., médecin généraliste

Mon cher confrère,
Je vous remercie de m’avoir adressé votre patient, Monsieur C.C. 46 ans. Effectivement il s’agit d’une récidive dépressive. Pour le moment j’ai conseillé la hausse de l’ [antidépresseur] et de l’ [somnifère] car il se réveille très tôt le matin (sans doute augmenter à nouveau [antidépresseur] dans quelques jours et le maintenir ensuite). Effectivement le patient éprouve des difficultés à verbaliser ses relations avec ses ascendants. Il éprouve une grande lassitude qui lui semble venir de l’extérieur alors qu’il s’agit d’une forme larvée de la crise de la quarantaine je pense. Je lui conseille de se trouver des pôles d’intérêts et de continuer à développer ses relations avec ses proches. Je dois le revoir dans 10 jours pour reparler de tout cela.
Je ne manquerai pas de vous tenir informé de l’évolution. Bien confraternellement.


20 novembre :

Le cri de son épouse réveille Monsieur C.C.. Elle vient de le dépendre de la fenêtre de la chambre conjugale.

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Pour le peuple : évaluation et transparence

Chez Pierre Rosanvallon :
L'évaluation, c'est bon pour le peuple, pas pour les "hommes d'action"

La revue La vie des idées, pubication attachée aux éditions La république des idées de Pierre Rosanvallon, consacre un dossier sur les "indicateurs". Si un premier article remet en cause une certaine "illusion" du contrôle par l'Evaluation, ce n'est certes pas pour abandonner ce contrôle, cher à Pierre Rosanvallon. On se reportera à ce sujet au Communiqué n°47 de l'Agence Lacanienne de Presse que nous reproduisons ci-dessous. On verra qu'il s'agit bien au contraire de toujours mieux contrôler les populations, mesurer, évaluer, "optimiser" le corps social. 

Mais lorsqu'il s'agit de l'évaluation des Ministres, dans le second article, Anne Pezet & Samuel Sponem se montrent plus réservés : "En fait, les indicateurs sont des instruments de gestion très utiles à condition de ne pas y accorder trop d’importance, pour préserver un jugement discrétionnaire (qui est l’essence de l’homme d’action, bien plus que ne le sont les indicateurs) et surtout de les manier avec précaution. Si vous ne connaissez pas votre métier, ils ne vous rendront pas meilleurs. Ils peuvent dans certains cas aider à y voir plus clair dans une situation confuse, ils peuvent aussi vous aider à comprendre de vos erreurs, mais ils ne ferment jamais tout à fait les débats sur la performance. Ils peuvent surtout être utilisés pour faire avancer, non pas la vérité mais ses propres intérêts. Les chercheurs en gestion les présentent ainsi parfois comme des outils de légitimation ou des « machines de guerre ». Leurs fonctions sont alors très différentes de la recherche de l’objectivité qu’ils sont censés permettre… Un mauvais indicateur ou un mauvais chiffre sert ainsi bien d’autres fins que l’efficacité."

L'Evaluation, “une machine de guerre" ? Quelle idée ?! Selon que vous serez puissant ou misérable, l'Evaluation sera  blanche ou noire. On croît toutefois reconnaître là la sorte de dialectique naïvement développée par le futur président de la République lors de son incroyable entretien avece le philosophe Michel Onfray quelques semaines avant son élection : "Je crois en la transgression, affirmait Nicolas Sarkozy. Mais ce qui me différencie des libertaires, c'est que pour transgresser il faut qu'il y ait des règles ! Il faut qu'il y ait de l'autorité, des lois. L'intérêt de la règle, de la limite, de la norme, c'est justement qu'elles permettent la transgression. Sans règles, pas de transgression. Donc pas de liberté. Car la liberté, c'est de transgresser." On reste sans voix devant une telle déclaration à ciel ouvert :  aux untermensch les règles et la transparence ; transgression et opacité pour les autres, et, catégorie à part, transgression revendiquée, décomplexée, Fouquets et Boloré, pour M. Sarkozy. Cette dernière catégorie, trop fragile, mise à part, n'est-ce pas par ailleurs le panoptique de Bentham en cours d'achèvement ? Le remède ? "Les chauve-souris craignent la lumière, qu’aiment les amis des libertés", concluait Jacques-Alain Miller en mars 2005.

 

P. Sidon

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Les indicateurs de performance peuvent-ils s’appliquer à l’action publique, aux fonctionnaires et aux ministres ? Deux études soulignent les inconvénients que présentent les primes à la performance dans le secteur privé, auxquelles s’ajoutent des difficultés spécifiques au secteur public.


- Incitations et désincitations : les effets pervers des indicateurs
par Maya Beauvallet, le 22 février 2008
La demande politique d’une plus grande clarté dans l’administration des fonds publics et l’exigence d’efficacité à l’égard des fonctionnaires a nécessité la mise en place d’un suivi des performances de ces administrations. Néanmoins, aux inconvénients des primes à la performance déjà connus dans les secteurs privés, s’ajoutent des difficultés spécifiques à leur utilisation dans les secteurs publics. Lire la suite...

- Des indicateurs pour les Ministres au risque de l’illusion du contrôle
par Anne Pezet et Samuel Sponem, le 22 février 2008
Deux professeurs et chercheurs en management, Anne Pezet et Samuel Sponem, mettent l’accent sur la prudence avec laquelle il convient d’utiliser les indicateurs de performance, singulièrement quand, suivant le mouvement de « managérialisation » de la société, on entend les appliquer au monde de l’action publique. Lire la suite...

par Maya Bacache-Beauvallet & Anne Pezet & Samuel Sponem [22-02-2008]

Dans ce contexte critique, on relira avec intérêt le communiqué n°47 de l'Agence de Presse Lacanienne daté du 20 mars 2007 :

COMMUNIQUÉ DE JACQUES-ALAIN MILLER - 21 mars 2005

            J’ai été reçu ce matin rue de Solférino, de 11h à 11h55, par François Hollande. L’invitation à le rencontrer m’était parvenue par l’intermédiaire du Sénateur Jean-Pierre Sueur, qui participait à l’entrevue. J’avais demandé à Agnès Aflalo et à Gérard Miller de m’accompagner.

            Je ne dirai rien des propos de François Hollande, sinon qu’il a accepté de bonne grâce le cadeau que j’avais apporté pour lui, d’un exemplaire dédicacé du Sinthome et de Lacan même, où la place était laissée pour une dédicace de Philippe Sollers. Il a de même gentiment accepté de remettre de ma part à Mme Ségolène Royal un exemplaire dédicacé de ces deux ouvrages.

            Gérard Miller a introduit l’entretien en retraçant le chemin qu’avait suivi notre réflexion, et notre action, depuis le vote de l’amendement Accoyer par l’Assemblée nationale. Peut-être mon frère voudra-t-il reprendre lui-même pour l’ALP la substance de ses propos.

            Je reproduis l’essentiel de ce que j’ai dit ce matin au successeur de François Mitterrand à la tête du Parti socialiste :

 

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L'industrie : ne pas tenir compte des résultats négatifs, suite

La réponse de l'industrie des antidépresseurs

On apprend dans le quotidien Libération que les laboratoires répondent à l'étude de Kirsch sur les antidépresseurs ISRS :

Une étude britannique contestée
QUOTIDIEN : vendredi 29 février 2008

Mardi, une étude de l’université de Hull , reprise spectaculairement à la une de la presse britannique, a mis en doute l’efficacité d’antidépresseurs comme le Prozac ou le Seroxat, estimant que ces médicaments n’avaient guère plus d’effets que des placebos sur les personnes souffrant de dépression. Les porte-parole de plusieurs sociétés fabriquant des antidépresseurs ont contesté les résultats de cette étude, estimant qu’elle n’avait pas du tout pris en compte les résultats positifs produits sur les malades et leurs familles.

 
"Les résultats positifs sur les malades et leurs familles" : à croire qu'ils sont du même ordre ! Vous avez dit placebo ?

Antidépresseurs : et si la controverse sur leur efficacité profitait finalement à la France ?

L'efficacité controversée des antidépresseurs : une opportunité pour l'industrie française ?


Par Sophie Bialek et Pierre Sidon
Conformément à l'article 26 de la loi du 4 mars 2002, dit de "transparence", les auteurs déclarent n'avoir aucun lien d’aucune sorte avec les firmes pharmaceutiques.

Un mois après une première étude qui évoquait la faible supériorité des antidépresseurs ISRS face au placebo (Erick Turner dans le New England Journal, 17 janvier 2008), la publication d'une seconde étude similaire défraie la chronique médiatique (Irving Kirsch, « Initial Severity and Antidepressant Benefits : A Meta-Analysis of Data Submitted to the Food and Drug Administration », Public Library Of Science). Des représentants de la psychiatrie universitaire, grande promotrice de « la dépression » et de ses traitements chimiothérapiques, défilent donc dans les médias. 

Olié

Le Pr. Olié explique à l'Express que les essais thérapeutiques sont principalement pratiqués aux USA ou en général dans des pays où le système de soins est inégalitaire : « des personnes acceptent aussi ces tests pour avoir des soins gratuits. Dans ces conditions, aux Etats-Unis, ce sont plutôt 8 essais sur 10 qui ratent », ce que B. Falissard, interrogé dans Libération explicite ainsi : « Ces essais vont donc être réalisés dans des pays où les systèmes de santé sont souvent inégalitaires, comme aux Etats-Unis. Qui va y participer ? Des personnes qui n'ont pas d'assurance de santé, et elles le font pour pouvoir bénéficier d'un traitement. Pour ces gens là, l'effet placebo peut être considérable. ». Entraîné par son élan, Falissard en arrive même à affirmer : « Ce type d'essai n'est pas possible en France, car il n'y a pas un patient qui accepterait de recevoir un placebo. » C’est évidemment faux : les essais thérapeutiques comparatifs contre un traitement de référence et contre un placebo (essais de phase III) sont en effet indispensables pour l’obtention d’une Autorisation de Mise sur le Marché, en France comme ailleurs. Reconnaissons toutefois qu’il est plaisant de voir M. Falissard dénigrer les essais cliniques réalisés aux USA après avoir soutenu la pertinence de leur usage lors de l’expertise de l’Inserm sur l’évaluation des psychothérapies. Mais revenons donc aux propos de J.P. Olié, grand pourvoyeur d’essais thérapeutiques contre placebo 100% français : « des études comme celle-ci qui ne permettent pas d'établir une différence entre un antidépresseur et un placebo, il y en a plein les tiroirs. Un essai clinique sur deux échoue. » Un échec sur deux en France, c’est certes toujours mieux que « huit sur dix aux USA ». Toutefois, il y en a tout de même « plein les tiroirs », autrement dit jamais publiés, participant ainsi à égarer l'opinion sur la prétendue efficacité des molécules : « Jusqu'en 2006, les industries n'étaient pas obligées de les publier (…) Les résultats négatifs n'intéressent personne. » Personne, y compris M. Olié, dont on admire ici l'aveu emprunt d'un naturel décomplexé tellement d'époque.

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Sciences et Avenir doute du Pr Servan-Schreiber

Le Pr Servan-Schreiber : sa pensée est "magique" selon le magazine Sciences et Avenir

Heureusement, le professeur qui répond ci-dessous, a des références, nombreuses... Nous-mêmes, étions admiratifs de la carrière et des résultats du professeur et proposions sur ce site-même il y a quatre ans déjà, un aggiornamento complet de la médecine et de la psychiatrie, tenant compte des avancées révolutionnaires de l'universitaire ; rappels :

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Ils ont suivi le Guide : une invitation au suicide ?

Campagne Dépression : prévention ou invitation au suicide ?

par François Jubert

Monsieur D., 53 ans, vient consulter un psychiatre sur la demande de son médecin traitant, parce qu’il « se sent très déprimé suite à des problèmes [à son] travail ».

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Prozac=placebo ?

Le Prozac est, selon une nouvelle étude, un placebo

Publié aujourd'hui dans The Guardian, l'article fait référence à une nouvelle méta analyse issue dans PLOS (Public Library of Science) selon laquelle le Prozac ne serait, la plupart du temps, qu'un placebo. L'efficacité serait, par contre, non nulle dans les cas les plus graves. L'analyse statistique semble recouper, pour une fois, l'impression du clinicien. 

PLOS MEDECINE : http://medicine.plosjournals.org/archive/1549-1676/5/2/pdf/10.1371_journal.pmed.0050045-L.pdf

Conclusions :

« La différence d’efficacité entre l’antidépresseur et le placebo augmente en fonction de la sévérité initiale de la dépression, mais reste très modeste même chez les patients les plus sévèrement déprimés. La relation entre l’efficacité des antidépresseurs et la sévérité initiale de la dépression est attribuée à la baisse de l’effet placebo chez les patients les plus sévèrement déprimés plutôt qu’à une augmentation de la réponse au traitement médicamenteux ! ».

 

 

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